Auteur : Aurélien Charvet

L’Hurluberlu de Jean Anouilh, ou la tragédie moderne

« Qu’est-ce que vous voulez que cela me foute, à moi, que ce soit agréable ? C’est dégoûtant ! Vous voyez où cela nous a menés ! A la musique sans se donner la peine d’en faire, au sport qu’on regarde ; aux livres qu’on ne fait même plus l’effort de lire (on les résume pour vous, c’est tellement plus commode et plus vite fait), aux idées sans penser, à l’argent sans suer, au goût sans en avoir (il y a des magazines spécialisés qui s’en chargent). Truquer ! Voilà l’idéal. » Acte I.

Quand l’Action devint verbe, ou l’incapacité à agir face à la Russie

Dans un article paru en 1982, Claude Lefort se vantait de cette démocratie, qu’il qualifiait d’ « évènement du pouvoir comme lieu vide ». Et il y a de quoi : le gouvernant n’est plus celui qui incarne la politique – il en est le représentant, le relais auprès du peuple, assemblé dans cette union que seule la pure et parfaite politique permet. Mais voilà, la fable connaît un hic : la décision. Qui prend la décision, la forme et la rend définitive, de sa conception à sa finition ? Bonne question. Car ce lieu vide, de toute émotion comme de toute capacité à entreprendre réellement bute aujourd’hui sur la Russie.

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