L'Étudiant Libre

L’arrivée en kiosque de la revue satirique marque une étape importante du combat culturel. Le camp national est de retour dans la presse écrite, et conteste plus que jamais à la gauche un monopole qu’elle ne pensait jamais avoir à céder. Retour sur un rendez-vous que les nouvelles idoles des jeunes patriotes n’ont pas manqué.

En 2022, les bien-pensants n’auront pas eu 20 jours pour se détendre. D’un coup d’un seul, les voilà visés, stigmatisés, violentés, accusés par 150 pages de violence mêlée de finesse, de pamphlets panachés de dessins. Le pari de La Furia, celui de réunir les toréadors les plus célèbres de l’Internet patriote, est incontestablement réussi. La patriosphère semble être en passe de conquérir une nouvelle place de choix dans son projet de reconquête culturelle. Après s’être imposée sur Internet, puis dans l’exercice du pamphlet et de la satire, voilà qu’elle s’attaque à la presse écrite. La gauche n’est plus seule dans les kiosques de Paris, et son nouveau colocataire se fait entendre bruyamment. Cela pour le plus grand bonheur de la tradition éminemment politique et littéraire du journalisme français. Il se parfume dans l’air de la nouvelle année, quelque chose du combat journalistique des années 20 (nous ne dirons pas années 30 pour ne choquer personne), quand les journalistes étaient autre chose que des chambres d’enregistrement de l’AFP, quand la fausse objectivité n’avait pas encore caché le combat idéologique que porte tout projet médiatique. Nous ne savons pas si la phrase leur plaira, mais il va sans dire que La Furia, est une Providence démocratique, une légitimation supplémentaire d’idées reléguées dans l’ombre depuis trop de temps. Qu’une encre si mécontemporaine puisse être couchée sur du papier, cela annonce une ère nouvelle que beaucoup attendent. Il est tout un peuple qui n’attendait que de pouvoir renvoyer l’ascenseur à ces clercs républicains subventionnés que sont devenus les journalistes du service public.

c : La Furia

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Les nouveaux mousquetaires du camp national n’épargnent personne, ni ne s’épargnent aucun sujet. À leurs saillies (toujours bien trouvées) sur leurs sempiternelles victimes s’ajoutent des conseils précieux, du développement le plus personnel à la cuisine la plus audacieuse. C’est là une autre réussite : La Furia ne se contente pas de raser des cheveux bleus, elle déchire des bulletins de vote. Elle ne s’enorgueillit pas seulement de rabaisser la gauche, mais encore de pousser son public à s’élever. Loin de se réduire à taper sur les cibles les plus faciles (et les moins intéressantes) de l’extrême-extrême-gauche, la nouvelle revue se veut de contester le système politique et philosophique dans ses fondements. L’absurdité de la démocratie actuelle, l’égalitarisme à tout va et le relativisme absolu sont exhibées au grand jour. Le wokisme, le Beau, le vote, les journalistes, tout passe à la moulinette nationale. Plus encore, loin de s’arrêter à abattre le système en place, Rochedy, Papacito, Obertone et consorts appellent leurs lecteurs à se remettre en cause, à cesser leur servitude volontaire, à épouser réellement leur passé et leurs convictions. Ils posent à leur public des questions brutes, mais essentielles par les temps qui courent. Sont-ils réellement émancipés du système ? Qu’est-ce qu’être de droite ? Que font-ils vraiment pour la cause nationale ?

L’alternance des sujets comme des tons, des articles graves d’Obertone comme des caricatures bien senties de Marsault font de La Furia un objet complet et destinés à tous (sauf aux carencés en B12). Que l’on y cherche simplement un défouloir à gauchistes, ou une critique construite de l’état actuel de la Nation, l’on ne pourra qu’être servi, et à une belle table. La cavalerie s’est élancée, l’assaut promet une violence inouïe.

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La Furia : les tigres et le papier
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