L'Étudiant Libre

La peur de s’engager depuis de trop nombreuses années ne nous fait-elle pas réaliser une certaine forme de lâcheté ?
Crédits : Unspalsh

L’heure n’est plus à la prudence. La jeunesse bourgeoise catholique envoyée dans des écoles de commerce hors de prix une fois le bac obtenu critiquera évidemment les institutions et les journalistes mais oubliera vite qu’elle n’a rien fait pour changer les choses. Les générations précédentes qui votent à droite et participent chaque dimanche à la Sainte messe ont fui les institutions politiques et méta politiques : qu’elles empêchent leurs enfants de reproduire leurs erreurs. 

La sortie de la messe à Saint-Symphorien de Versailles est un spectacle charmant : des petits scouts vendent leurs calendriers, des mères de famille commentent les dernières ventes à domicile tandis que leurs aînés parlent joyeusement. La scène se déroule en juin : un sujet occupe tous les esprits et arrive rapidement au cours des conversations : les résultats parcoursup. 

« Jean est passionné de politique mais je lui ai conseillé de faire une prépa militaire, de nos jours c’est beaucoup plus sécurisé… et puis comme ça il marchera sur les traces de son grand-père ! » 

Faites cette expérience aujourd’hui, regardez combien de jeunes désireux de s’engager en politique ou dans le journalisme sont finalement étudiants dans des domaines bien différents. Poussés par un certain conformisme bourgeois (le fameux « pas de vague ») ils étaient pourtant légion en 2013 lors des Manifs pour tous à rêver de conquérir le pouvoir, de peser dans les institutions, et de servir leur cause en étant publiquement engagés. 

Ils étaient encore adolescents, jeunes, idéalistes. Ils se rêvaient en Rastignac, on les a poussés à devenir bureaucrates. 

Ils sont les héritiers et les victimes de cette révolution culturelle de Mai 68, et aspirent à retourner le cours de l’histoire pour que la France redevienne un pays de traditions, attaché aux valeurs chrétiennes qui l’ont formée. 

Ils sont nombreux à acheter les livres en vogue de l’abbé Grosjean (ndlr Catholique Engageons-nous ! ) ou de de François- Xavier Bellamy, à débattre des lois bioéthiques ou de la prochaine campagne présidentielle, mais combien sont-ils à s’engager ? Combien craignent de se montrer, d’oser sortir d’un milieu confortable pour confronter leurs idées ? Combien, finalement, aimeraient être encouragés par leurs parents ? Si la peur de l’engagement politique ou métapolitique dans la société français est compréhensible, il faut cependant bien comprendre que, si la situation actuelle peut légitimement être critiquée, s’arrêter à un simple constat n’est pas suffisant. Oui, nous avons besoin de chefs d’entreprises, de militaires, d’ingénieurs et d’infirmières, et oui, tous les métiers participent à leur échelle à l’organisation de la Cité. Mais nous avons également besoin de jeunes engagés dans d’autres domaines, et principalement dans ceux que l’on critique le plus. 

La peur de s’engager depuis de trop nombreuses années ne nous fait-elle pas réaliser une certaine forme de lâcheté ? 

Rappelons que Jean-Paul II exhortait régulièrement les jeunes de cette manière : « N’ayez pas peur ! »

Marie-Liesse Chevalier

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Marie-Liesse Chevalier

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Et bien qu’ils s’engagent !
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