L'Étudiant Libre

Retraites : les partis dans le piège macroniste

Reculer l'âge légal de départ en retraite de 62 à 64 ans, encore une réforme ambitieuse du gouvernement Macron. Le projet a déjà trouvé ses opposants, reste à savoir qui du peuple français ou de l'hémicycle fera plier Matignon.
Crédits : Wikicommons

Reculer l’âge légal de départ en retraite de 62 à 64 ans, encore une réforme ambitieuse du gouvernement Macron. Le projet a déjà trouvé ses opposants, reste à savoir qui du peuple français ou de l’hémicycle fera plier Matignon. 

 

Le Fiasco républicain 

Ce qui est sûr c’est qu’elle a mis le boxon. Les tensions sont bel et bien présentes au sein de la classe politique. Les retraites ça crispe, mais surtout à droite. Bien que les Républicains aient signé leur arrêt de mort en avril dernier avec les 4% de Valérie Pécresse, ils se maintiennent à flot à l’Assemblée. D’ailleurs, Borne compte sur eux pour faire passer son projet de loi à la majorité. Le problème, c’est que les députés n’en font qu’à leur tête. Le parti est scindé en deux. Ceux qui se félicitent de cette réforme, et ceux qui n’en veulent pas sans amendements. D’un côté Aurélien Pradié et sa horde de députés récalcitrants. De l’autre Ciotti et sa volonté de rétablir les 65 ans.  

Monsieur Pradié a affirmé dans un entretien pour Le Point  » Je ne voterai pas une réforme injuste qui abîmerait le respect de l’effort et du travail« . Cette annonce a le don de faire frémir le gouvernement, qui a déjà perdu sa majorité à l’assemblée et qui voit ses opposants croître dans chaque bord. Éric Ciotti quant à lui se plaît à l’idée de cette réforme. Suivi par la majorité des députés républicains, il souhaite revenir en 1945. Une époque où l’âge minimal de départ à la retraite était à 65 ans. Elle fut dépassée par la réforme de Mitterrand en 1983 lorsqu’il abaissa l’âge à 60 ans. Mais, depuis 2010 la tendance est au recul de cet âge. Alors si cette réforme de 2023 est un pas en arrière pour « les extrêmes », c’est un grand pas pour les Républicains. 

 

La double-attaque de l’opposition 

Au fond de la classe, les partisans de la retraite à 60 ans se font entendre. Que ce soit la Nupes ou le RN, l’objectif est de briser l’élan de cette réforme. Leur position est stratégique car ils se placent du côté du peuple français. Ce peuple français qui, d’après un sondage IPSOS, s’oppose à 79% à cette nouvelle réforme des retraites. On assiste à une course à l’opposition. Les deux ont pour objet de rechercher le soutien de la classe populaire.  

D’une part la gauche se veut unie et forte, et entreprend plusieurs actions pour déstabiliser le projet de loi qui témoigne d’une « régression sociale », selon eux. D’autre part, le RN voit dans ce projet une injustice et a pour intention de s’opposer jusqu’au bout.  

Pour montrer son union au peuple français et développer une stratégie d’opposition, les membres de la Nupes ont tenu à se rassembler le mardi 17 janvier 2023 lors d’un « meeting unitaire ». Tandis que la gauche appelle à manifester auprès des syndicats, le RN quant à lui promet de faire barrage à l’assemblée. 

Un 19 janvier mouvementé 

Il est temps de rappeler l’enjeu réel de cette réforme et de se tourner vers les premiers concernés : le peuple français. L’annonce de la première ministre a suscité des débats au sein des citoyens de notre pays. Entre les grévistes, les syndicalistes et les 10 000 policiers mobilisés pour l’occasion, la journée de jeudi va faire parler d’elle. Les syndicats sont en effusion. Leur volonté est de rassembler un maximum de manifestants pour que le gouvernement s’incline. Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez est indigné par ce projet de loi qui prévoit une pension de retraite minimum à 1200 euros par mois pour une carrière complète. Il a affirmé que : « 1200 euros, c’est insuffisant pour vivre« .  Difficile à entendre venant d’un syndicaliste de profession. Cette augmentation de la retraite minimum à 1200 euros n’a convaincu personne, du fait que la somme annoncée soit brute et donc pas avantageuse. Monsieur Martinez est furieux et espère que la France sera  » à l’arrêt » au moins pour quelques jours. Oui parce que les français ont trop d’essence et d’électricité en ce moment. Mais rien n’est fait.  

Ce qui est sûr c’est qu’à cette même date se tiendra l’élection du prochain premier secrétaire du parti socialiste. Encore un évènement qui aura le don de faire parler de lui, si le maire de Rouen est élu. Lui qui est dubitatif quant à l’avenir de la Nupes.  

On nous parle d’un « jeudi noir« , mais reste à savoir qu’elle va être la réaction du gouvernement. Une fois encore, Macron manifeste son mépris pour les français. Cette mobilisation ne lui fait ni chaud ni froid, « ça lui en touche une sans faire bouger l’autre ». Ce jeudi, le Président de la République sera sur le sol Espagnol pour signer des traités « d’amitiés et de coopérations » avec 11 de ses ministres.



Pierre-Éloi Paulet

Pierre-Éloi Paulet

Étudiant en L2 à l'IRCOM

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