L'Étudiant Libre

Marsault au sommet de son art se lance dans les NFT

Le dessinateur Marsault a ressorti ses meilleurs crayons pour créer un nouveau projet en mettant ses caricatures au service des NFT, des œuvres d'art numériques payables en cryptomonnaie. Et ça bombarde sec !
Crédits : Facebook de Marsault

Il y a quelques semaines, nous vous parlions des NFT. Qu’est-ce que c’est ? Quelles en sont les principales utilisations actuelles, jusqu’où la technologie peut-elle aller ? Autant de questions auxquelles vous sauriez sans doute mieux répondre si vous achetiez la version papier de l’Étudiant Libre (simple idée comme ça…). Aujourd’hui, on passe à la pratique ! L’artiste Marsault est sur le point de dévoiler son premier projet dématérialisé : des NFTs à l’effigie des différents candidats à la présidentielle. Une illustration parfaite des opportunités offertes par le tsunami des Non Fungible Tokens, dont on vous parle aujourd’hui.

Les NFT, ces actifs numériques uniques allant de pair avec un titre de propriété inviolable, font décidément beaucoup parler. Surtout dans le monde de l’art ! Et parmi des milliers d’initiatives, qui redoublent toutes de créativité pour exploiter au mieux les possibilités de cette technologie, une se démarque du lot : la collection de personnages numériques. L’idée est de générer aléatoirement des milliers de personnages différents suivant une ligne directrice artistique, puis de les revendre au format NFT. On peut citer dans cette veine les CryptoKitties (des chatons décidément très novateurs), les CryptoPunks (des personnages inspirés par la scène punk londonienne) ou les EtherRocks (des… cailloux ! Parfaitement). Les âmes de collectionneurs se sont immédiatement senties comprises, et les spéculateurs en ont très vite eu pour leur argent : aujourd’hui, certains personnages s’échangent contre des millions d’euros !

Ainsi, Marsault reprend dans la forme une idée déjà bien usitée à l’international. Il détaille les étapes du processus dans un post Facebook le 31 janvier : « J’ai dessiné 305 dessins : les têtes des candidats, des mains, des costumes, des bouches, des chapeaux, etc. J’ai donné tout ça à un algorithme qui a fait des combinaisons de ce bordel jusqu’à arriver à 500.000 images, que nous avons triées jusqu’à redescendre à 10000. Il y a environ 1000 images par candidat ». Mais à l’image de nombreux grands maîtres, l’intérêt de son œuvre réside dans son fond. Il ne se contente pas de représenter des personnages fantaisistes, ou carrément des minéraux inertes ! Il déplace la création, et braque les projecteurs avant l’heure sur nos compétiteurs préférés : les candidats à la présidence de la République Française.

À première vue, le projet semble résolument tourné vers l’humour. On peut découvrir sur la page de l’artiste un avant-goût des personnages : un Macron avec une passoire sur la tête et des grosses lunettes de premier de la classe, une Anne Hidalgo coiffée d’une casquette de baseball, ou une Marine Le Pen arborant fièrement les oreilles de Minnie. Mais à bien y regarder, tous les dessins déjà publiés par Marsault ont une symbolique
forte, et portent un message sous-jacent, parfois acide. Emmanuel Macron représenté en scientifique fou et ridicule, Anne Hidalgo grimpée en jeune américaine, ou Marine Le Pen tout sourire, qui cherche à lisser son image avec des artéfacts enfantins. Ajoutez à cela des bulles de dialogues comme « Ben voyons ! », ou des pancartes comme « Votez Zemmour », et vous pouvez être sûrs d’une chose : à quelques mois du premier tour, la sélection faite par l’artiste et son équipe est très loin d’être hasardeuse.

On reconnaît bien là le style de Marsault : faire passer des messages parfois explosifs,
avec subtilité et humour. Il est, à vrai dire, coutumier de la chose. Mais il commence l’année 2022 en ajoutant une nouvelle corde à son arc : celle des NFT. Et c’est un choix très intéressant ! En France, il fait partie des pionniers.

Cette démarche nouvelle, en plus de stimuler la créativité, présage de revenus
indépendants. Plus besoin de la validation de médias, de publicitaires : les artistes comme Marsault pourront s’exprimer en toute liberté, et ne soumettre qu’au jugement de leur public. Une perspective très libératrice pour ceux qui se heurtent souvent à une censure idéologique de la part des canaux de diffusions dits mainstream. Une discussion directe entre le créateur et son audience ? Un rêve pour beaucoup.

Pour le moment, nous n’avons pas d’informations concernant la date de sortie, la plateforme ou les tarifs d’entrée. Mais si certains amateurs de Marsault se sont montrés réticents (peut-être rebutés par la technologie des NFT, il faudrait leur conseiller nos articles), de nombreux futurs acheteurs se sont manifestés ! Il ne fait aucun doute que ce projet n’est qu’un pavé dans la mare, le premier d’une longue série. Mare qui permettra, nous l’espérons, de garantir enfin la liberté d’expression et l’indépendance des artistes dont nous rêvons depuis des siècles désormais.

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