L'Étudiant Libre

Contre toute attente, Éric Ciotti est sorti en tête des primaires des Républicains, récoltant 25,59% des voix : une issue qui signe l’arrêt du parti.
Les primaires LR ou l'ère des chimères.
« Heureux, cher Éric, de voir nos idées si largement partagées par les militants LR. Le RPR n’est pas mort ». C’est ainsi qu’Éric Zemmour réagit sur Twitter à la qualification d’Éric Ciotti aux primaires des Républicains, face à Valérie Pécresse.

Des divisions, signes d’une page qui se tourne

Une victoire qui ne fait pourtant pas l’unanimité, puisque les trois autres candidats sortants, Xavier Bertrand, Philippe Juvin et Michel Barnier, ont déclaré leur soutien à l’ancienne Ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse. Face à cette ligue, Éric Ciotti assume pleinement sa droitisation : « Je ne m’excuse pas d’être à droite », a-t-il affirmé. Après une forte solidarité exprimée lors du débat de Cnews le 21 novembre dernier, les Républicains commencent à se fracturer ; des divisions qui sonnent la fin d’un parti, déjà mis à mal lors des dernières présidentielles.

Ce Requiescat in pace, Jean-Luc Mélenchon se fait une joie de le chanter avec ferveur sur les réseaux, dénonçant la fin de la droite de tradition républicaine.

Étiennette de la Ruffie

La fin de l’UMP

Car la victoire d’Éric Ciotti, qui incarne une droite conservatrice, apparaît véritablement comme la transformation du parti sarkoziste en un mouvement d’extrême droite, tant les idées qu’il met en avant ressemblent à celles d’Éric Zemmour et de Marine Le Pen. De fait, lutte contre l’immigration, économie libérale, préférence sur l’emploi et autres lobbies d’extrêmes droites sont au menu. Un programme qui contrarie l’ex-Union pour un Mouvement Populaire (UMP), auxquels les Républicains voulaient succéder. Ce Requiescat in pace, Jean-Luc Mélenchon se fait une joie de le chanter avec ferveur sur les réseaux, dénonçant la « fin de la droite de tradition républicaine ».

Alors, les plus pessimistes pourront psalmodier l’échec de Ciotti ; pourtant, le combat n’est pas encore perdu. D’autant qu’avec la droitisation de l’opinion publique et les heureux hasards du sort, tout peut paraître possible, même si le sacrifice de l’ex UMP doit être fait. Il suffit pour ce faire de miser sur la fermeté de Ciotti et de son « projet de rupture, de valeurs très fortes qui assument son identité de droite ». Et si Ciotti venait à être le candidat désigné pour représenter les Républicains, et si Éric Zemmour venait à accéder au second tour des présidentielles, alors, la victoire de ce dernier apparaîtrait à l’horizon, avec pour gage le ralliement de Ciotti. Advienne que pourra, l’heure des chimères arrive souvent sans prévenir !

par Étiennette de La Ruffie

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Les primaires LR ou l’ère des chimères
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