L'Étudiant Libre

Histoire du militantisme de droite 2/4 : Le militantisme n’a pas de sexe

Dans ce deuxième article sur son Histoire du militantisme de droite, notre section d'Aix-en-Provence se penche sur le féminisme de droite.

Depuis longtemps la surreprésentation médiatique bien-pensante a fait du féminisme une idée de gauche – à l’opposé de l’image d’une droite misogyne. « Le féminisme est né à gauche » reconnaît Eugénie Bastié en évoquant l’apport de Simone de Beauvoir qui parlait de la femme comme une construction sociale : « on ne naît pas femme, on le devient » ; ainsi la vague féministe fut-elle dominée par les idées novatrices et progressistes mêlant luttes des sexes et de classes. Ce féminisme, tant vanté par les néo-féministes que nous connaissons, ne fait quand même pas l’unanimité aujourd’hui, tout comme hier d’ailleurs. Peu de thèses traitent du féminisme de droite, laissant supposer une adhésion unanime des femmes aux principes du MLF. Grossière erreur. 

Le roman républicain a fait du Mouvement de Libération de la Femme l’unique étendard ; négligeant alors ces autres femmes qui ne se retrouvent guère dans ces théories. Posons donc les fondements de ces courants, de cet autre féminisme, non conditionné par une victimisation constante.

Les Féminismes :

Il est possible dans un premier temps de distinguer plusieurs types de féminismes, en s’inspirant des travaux de Fiammetta Venner, et plus particulièrement d’un de ses articles, « Le militantisme féminin d’extrême droite : une autre manière d’être féministe ?». Elle présente quatre courants. 

Le premier courant correspond aux catholiques traditionalistes qui regroupent en son sein les opposants au concile Vatican II. Puis vient ensuite les frontistes, c’est-à-dire celles qui « préconisent une union de l’extrême droite contre la gauche et la droite classique ». Après, les nationaux radicaux, considérées comme les plus extrêmes : « ils se réfèrent notamment à une notion biologique de la “race“ ». Enfin Venner identifie les groupes tremplins ; terme qu’elle utilise pour qualifier les groupes où se mélangent des personnes d’horizons divers qui peu à peu sont amenés par des militants des trois courants précédant à radicaliser leur position. Le terme tremplin est employé pour évoquer le processus qui va pousser ses membres à rejoindre des structures politiques comme le Rassemblement national. Ces trois courants expliquent les différences de point de vue à propos de certains sujets. 

L’exemple évocateur de l’avortement :

Prenons l’exemple de l’avortement. « On peut distinguer trois attitudes : une position qui se revendique « laïque », « non-confessionnelle », favorable à la contraception « naturelle » ; une position religieuse, opposée et à la contraception et à l’avortement ; enfin un courant raciste qui dénonce un complot ». Triptyque montrant la diversité des opinions dans le féminisme de droite. 

Le premier courant est notamment incarné par l’Union Féminine pour le respect et l’Aide à la Maternité (dans les années 90) défendant une ligne politique de différenciation de l’homme et de la femme, « revendiquant le féminisme comme défense de la nature féminine » et s’opposant à la contraception chimique jugée dangereuse pour les femmes. La position religieuse s’oppose à l’avortement ou encore à la contraception : « la vie commence à la conception », faisant donc de l’acte sexuel un acte uniquement procréateur. Pour la dernière catégorie, enfin, on tombe sur la une vision de la femme européenne mise en danger par l’avortement, « Immigration + dénatalité = génocide anti-français » d’après des militants anti-avortement. 

Ainsi, les courants se divisent en groupe : un fortement païens, héritier des théorie sur la femme européennes et de son rôle comme pilier de la nation, dans une optique de « préservation de la race », un autre catholique traditionaliste défendant la morale catholique et militant pour un retour à un format traditionnelle de la famille, et enfin un groupe laïc défendant la différence homme-femme. L’éclairage apporté par Venner sur ces groupes est intéressant puisqu’elle apporte, malgré quelques passages politiquement orientés à gauche, une analyse à propos des différentes opinions de la droite féminine française. L’article datant de 1993, quid de 2022 ?

Antigone, Collectif Némésis et le mouvement pro-vie :

Antigone est une association lancée en 2013. Elle prétend renouer avec l’histoire européenne et son passé lié à la Grèce, que ce soit tout d’abord par son nom, mais aussi par l’utilisation de certains termes dans son manifeste ( « Agora », « Cité » ). Mais avant tout, définissons ce mouvement en utilisant le préambule de leur manifeste : « Nous, Antigone, veut jouer le premier rôle dans notre avenir de femmes. Nous entendons proposer une logique différente de celle que l’on entend sur les plateaux de télévision. Les femmes ne sont pas une minorité opprimée, elles sont la moitié de l’humanité ! Nous ne nous battons pas pour revendiquer de nouveaux droits, nous nous battons pour bien plus que cela : nous voulons donner un autre sens à l’engagement des femmes dans la Cité, avec dignité et responsabilité. ». Elles se sont fait connaître notamment pour leur action contre les Femen. C’est alors un mouvement luttant contre le néo-féminisme d’extrême gauche. 

Le collectif Némésis est encore très actif aujourd’hui. « Le Collectif Némésis est né en octobre 2019, à l’initiative d’un groupe d’amies, lassées d’entendre les supercheries des mouvements dits féministes censés les représenter, ces derniers préférant faire passer une idéologie gauchiste aux dépens des femmes. Le Collectif Némésis a donc décidé de s’emparer du combat concernant l’épanouissement de la femme occidentale ». Elles s’illustrent dans des actions coups de poings, comme l’action en souvenir de l’assassinat violent de Laura et Maurane, deux jeunes Marseillaises tuées devant la gare St Charles par la barbarie terroriste de l’Etat islamiste. Elles sont les héritières des mouvements féministes identitaires défendant la femme européenne occidentale. Le collectif porte en lui trois objectifs : « Dénoncer toutes les violences faites aux femmes aussi bien dans leur quotidien, que sur leur lieu professionnel ou encore dans la rue, Dénoncer l’impact dangereux de l’immigration de masse sur les femmes occidentales afin que ce sujet devienne un débat public, Promouvoir la civilisation européenne, non pas comme ayant réduit les femmes au rôle d’objet, mais comme le berceau de leur épanouissement. » 

Pour terminer, les différents mouvements pro-vie, regroupant en son sein les mouvements anti-avortement, militant pour un retour à des valeurs traditionnelles de la famille. Ce n’est pas un mouvement uniquement féminin puisque les deux sexes s’y côtoient, mais c’est dans cette structure que les femmes davantage influencées par les thèses catholique-traditionnalistes prospèrent. Ce mouvement organise une fois par an une marche, et cela depuis treize ans. 

Pour conclure, nous pouvons reprendre la formule, certes caricaturale, d’Eugénie Bastié dans une interview du Figaro, « le féminisme de droite va chercher à construire des crèches plutôt que d’écrire en écriture inclusive ». Cela signifie que les femmes de droites luttent pour nourrir les différences entre l’homme et la femme en s’opposant à la volonté gauchiste de nier le sexe. Mais l’extrême droite conserve pourtant sa mauvaise image misogyne. Que lui reproche-t-on ? Sûrement de promouvoir l’équité, la complémentarité des sexes sans uniformisation – ce qui de nos jours dérange dans notre République égalitaire …

Bastien Loro

Bastien Loro

Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on email
Histoire du militantisme de droite 2/4 : Le militantisme n’a pas de sexe
Retour en haut