L'Étudiant Libre

Référendum en Nouvelle-Calédonie : 96% pour le « non »

"Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?" Cette question a été posée une troisième et dernière fois à la Nouvelle-Calédonie ce dimanche. Le « non » l’emporte définitivement avec 96,4% des voix.
Nouvelle-Calédonie. Crédits : Eric Gaba CC BY SA 4.0

« Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? » Cette question a été posée une troisième et dernière fois à la Nouvelle-Calédonie ce dimanche. Le « non » l’emporte définitivement avec 96,4% des voix. Le président Emmanuel Macron reconnaît que l’archipel reste profondément divisé et qu’il faut « bâtir un projet commun ».

Les raisons de ce score soviétique est l’appel à « rester à la maison » des indépendantistes. Ils considèrent que l’épidémie de covid rend impossible la tenue d’une campagne équitable. Lors du premier scrutin de novembre 2018, le « non » l’avait emporté avec 56,67% des voix, alors que le deuxième scrutin d’octobre 2020 fut beaucoup plus serré : 53,26% pour le « non ».

Les origines

Il faut remonter trente ans en arrière avec les accords de Matignon-Oudinot. Signés en juin et août 1988, ces accords mettent fin à une période de troubles en Nouvelle-Calédonie. Ils prévoient une période de dix ans de développement économique, social, culturel et institutionnel avant la tenue d’un référendum d’auto-détermination en 1998.

Dix ans plus tard, le 5 mai 1998, un nouvel accord, l’accord de Nouméa, est signé entre l’État, les indépendantistes et les non-indépendantistes. Cet accord poursuit la revalorisation de la culture kanak (statut coutumier, langues, etc.), crée de nouvelles institutions et prévoit un processus de transfert progressif et irréversible de compétences à la Nouvelle-Calédonie. Les forces politiques calédoniennes et l’État décident alors de se donner vingt ans avant d’organiser ce référendum pour consolider le processus de décolonisation de la Nouvelle-Calédonie.

L’accord de Nouméa prévoit qu’en cas de rejet de l’accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté, un nouveau référendum pourra être organisé à la demande écrite d’un tiers des membres du congrès à partir du sixième mois suivant le scrutin.

La Nouvelle Calédonie est essentielle à la France pour son influence dans le Pacifique, devenu un espace de conflictualité et de puissance avec l’essor de la Chine. Depuis sa base navale de la Pointe de Chaleix à Nouméa, la Nouvelle Calédonie dote la France d’une ouverture maritime stratégique.

La Nouvelle-Calédonie. Crédits : TUBS CC BY SA 3.0
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