L'Étudiant Libre

Parrainages : l’équipe d’Anasse Kazib accusée de harcèlement envers une élue

Première surprise de la validation de son parrainage par le Conseil Constitutionnel, Séverine Le Goff regrette sa signature. Elle confiait mercredi 16 février avoir cédé face à l'insistance de l'équipe de campagne d'Anasse Kazib, sans pour autant adhérer à ses idées.

La situation paraît invraisemblable. Séverine Le Goff, maire sans étiquette de Flacourt (Yvelines), pensait n’avoir signé « qu’une » promesse de parrainage. Elle a en réalité offert sa signature au candidat d’extrême-gauche Anasse Kazib. Si elle l’a fait, explique-t-elle à 78 Actu, c’est uniquement pour « se débarrasser d’eux » [l’équipe de campagne]. Des militants l’auraient harcelée par téléphone et en mairie, allant jusqu’à l’interpeller à son domicile pour obtenir leur parrainage. Le parti Révolution Permanente a fait savoir par communiqué qu’il réfutait ces accusations, tout en dénonçant une instrumentalisation de la part de l’extrême-droite. Cette situation ne serait, selon leurs mots, que révélatrice « des conséquences des pressions sur les élus ». Pour appuyer cet argument, des échanges écrits, supposés entre Séverine Le Goff et le militant Éric Bezon, ont été joints au communiqué. Il s’agit d’un échange courtois, où Séverine Le Goff propose d’elle-même une rencontre, en vue d’un éventuel parrainage.

Si aucune suite n’a à ce jour été donnée par la maire de Flacourt, l’affaire se poursuit du côté d’Anasse Kazib. Avec 122 parrainages, son ticket pour l’Elysée est loin d’être validé. Si cette difficile étape est commune à tous les candidats, la raison invoquée par le parti, elle, est unique. Si Anasse Kazib peine à réunir les 500 signatures nécessaires, ce serait selon son équipe en raison de ses origines. Toutes les excuses sont bonnes pour obtenir de nouveaux parrainages. Rappelons que son parti, Révolution Permanente, est un courant minoritaire du Nouveau Parti Anticapitaliste, opposé à sa candidature. Entre 300 et 400 militants auraient tout de même choisi de rejoindre sa campagne. Une nouvelle fois, ne serait-ce pas simplement le nombre qui fait défaut au candidat ? En tout cas, Séverine Le Goff « espère qu’il n’obtiendra pas ses 500 parrainages ».

L’affaire, déjà classée par les médias et vraisemblablement par Séverine Le Goff, est cependant loin d’être anecdotique. Elle relance des polémiques déjà bien nombreuses sur un système de parrainage de plus en plus décrié, par les candidats comme par les élus.

À lire également : Anasse Kazib invité à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, l’UNI dénonce un « deux poids, deux mesures »

Léa Brouet

Léa Brouet

Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on email
Parrainages : l’équipe d’Anasse Kazib accusée de harcèlement envers une élue
Retour en haut