L'Étudiant Libre

Crédits : Pixabay

Le 15 avril 2019 restera un jour gravé dans la mémoire de tous les Français. En effet, en ce lundi saint, vers 18h18 sonne une alarme à incendie signalant un départ de feu en provenance des combles. Le problème est qu’il y a deux combles : ceux de la cathédrale (avec la charpente en bois) et ceux du presbytère (avec une charpente métallique). Cette dernière est d’abord suspectée puis visitée sans que l’on n’y trouve rien. À 18h23, le système de sécurité déclenche automatiquement une alarme générale dans tout le bâtiment puisque rien n’a été fait en 5 minutes. Alors qu’une messe s’y déroule, une voix dit de quitter les lieux. Ce n’est qu’à 18h48 que l’incendie est localisé dans le toit de la charpente, au niveau de « la Forêt ». La minute suivante, les pompiers sont appelés mais il y a déjà 30 minutes de retard. Et cela ne sera qu’à 19h10 que les soldats du feu commencent à éteindre l’incendie.

Les flammes ont déjà bien entamé le toit tandis que la situation semble difficilement contrôlable. Un peloton de six soldats du feu ainsi que le recteur de la cathédrale parviennent à sauver du coffre-fort situé dans la sacristie la Couronne d’Épines, un Clou et un bout de la Sainte Croix. À 19h50, c’est avec effroi que les Français constatent que la flèche d’Eugène Viollet-le-Duc datant de 1859 s’effondre sur le toit, rongée par les flammes. Le brasier culmine à plus de 1200° à certains endroits. Jugé inarrêtable, le bûcher semble tout emporter. Le directeur des opérations, un pompier, préconise une mission que seul le président de la République, Emmanuel Macron, doit valider : envoyer une escadre d’une vingtaine de pompiers afin de sauver ce qu’il peut, notamment les tours. Durant toute la nuit ils accomplirent leur mission et réussirent à les épargner ainsi que limiter les dégâts. Les échafaudages résistent pour la plupart, exploit que la compagnie avait peur ne pensait pas possible en raison de la chaleur du brasier. Ce n’est qu’à 9h50 que le porte-parole de la Brigade de Sapeurs Pompiers de Paris, le lieutenant-colonel Gabriel Plus, annonce la fin de l’incendie, une victoire pour les 650 soldats du feu engagés.

La cause de cet incendie est encore aujourd’hui inconnue, et l’enquête est toujours en cours. Cependant, il y aurait plusieurs pistes dont l’une plus probable. En 2007 et 2012, de nouvelles cloches sont installées dans la flèche surplombant l’édifice avec un fonctionnement électrique, contraire aux habitudes de ces édifices si anciens. Elles ont sonné la dernière fois à 18h le 15 avril 2019, soit quelques minutes avant le début de l’incendie. Est-ce un arc électrique qui aurait pu déclencher un départ de feu ? Ou bien un court-circuit ?

D’autre part, des mégots de cigarettes ont été récupérés sur les échafaudages de la compagnie qui menait des travaux dans la toiture depuis quelque temps. De surcroît, des négligences avaient été remarquées de la part de cette même compagnie, qui laissait parfois des appareils électriques allumés alors qu’ils devaient être éteints. Est-ce sinon la négligence de cette entreprise ?

Par ailleurs, les enquêteurs annoncent qu’il est compliqué d’allumer le feu avec pas grand chose dans les combles, car malgré la vieillesse du bois qui n’a jamais été changé depuis le début (la cathédrale a été construite au XII-XIVème siècles) le bois est un ouvrage de plus de 1300 chênes, soit 21 hectares, qui est un arbre à la combustion difficile.

Cependant, de nombreuses suspicions sont avancées, notamment pour un incendie criminel, c’est-à-dire déclenché par un homme et ce volontairement ou non. Récemment, la brigade criminelle de la PJ de Paris a rendu son enquête, déclarant que cela ne pouvait pas être un incendie volontaire, mais ne sait pourtant toujours pas comment l’incident aurait commencé. D’autres expertises sont toujours attendues, et certains se questionnent à propos de la véracité et de l’indépendance de cette enquête. Pourquoi l’incendie criminel a très rapidement été écarté et comment peuvent-ils prouver que ça ne l’est pas sans pourtant savoir quelle en est la cause ?

Lors d’une allocution aux Français repoussée au lendemain à cause de l’incident, le président de la République a laissé un objectif : « Nous sommes ce peuple de bâtisseurs. Nous avons tant à reconstruire. […] Nous rebâtirons Notre-Dame plus belle encore. Je veux que ce soit achevé d’ici cinq années ».

Derrière cela, quel est le but d’Emmanuel Macron ? 5 ans, le symbole d’un quinquennat ou bien autre chose ?

Au-delà d’un symbole, le président a voulu limiter sa reconstruction pour les Jeux Olympiques, qui ont lieu en France et notamment à Paris. Symbole de cette ville, c’est le monument le plus visité de France avec près de 12 millions de visiteurs en 2017. Après des discussions sur la reconstruction de la cathédrale, elle sera finalement reconstruite à l’identique et non sous une forme modernisée, comme le préconisaient certains.

Pour les dégâts matériaux, la flèche, la charpente et une grande partie de la voûte ont été détruites ou effondrées. Malgré les tonnes de gravats tombés au cœur de l’église, l’autel n’est pas abîmé et la statue de Notre-Dame de Paris n’est anormalement pas touchée. Elle est seulement mouillée par l’eau des pompiers. Cela n’est pas sans parler de l’image spectaculaire que nous avons sûrement tous vue lorsque les pompiers ont ouvert la grande porte de la cathédrale, où la croix au-dessus du tabernacle est resplendissante par sa dorure et son éclat. De plus, les tableaux et le grand-orgue n’ont pas subi de détériorations.

Notre-Dame doit désormais retrouver son éclat d’antan, difficile face au progressisme que peut subir l’Église et l’État. Son enjeu politique reste toujours aussi important et les Français sont dorénavant encore plus attachés à ce symbole qu’est la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Vianney Collin

Vianney Collin

Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on email
L’incendie de Notre-Dame de Paris
Retour en haut