L'Étudiant Libre

Calais : intervention du RAID face à des militants anti-frontières

Un HLM de dix étages a été évacué vendredi matin à Calais, grâce à l'intervention du RAID et de la gendarmerie. Squatté depuis plusieurs jours par un groupe d'activistes « no borders » (anti-frontières), ce bâtiment voué à la démolition serait, sans cette intervention, probablement devenu un lieu d'hébergement illégal.

C’est l’hélicoptère de la gendarmerie qui a réveillé la vingtaine de militants toujours présents ce vendredi 11 février au matin. Plusieurs d’entre eux ont fui, laissant le reste du groupe s’affronter avec les forces de l’ordre. La situation s’est rapidement apaisée, malgré l’usage de plusieurs grenades lacrymogènes. Au départ de cette action, c’est une quarantaine d’individus français et européens, qui demandent par communiqué l’arrêt des expulsions des camps de migrants, l’ouverture des frontières ainsi que la réquisition immédiate des bâtiments vides et la régularisation des squats en échange de leur départ. Près de la moitié du groupe avait pourtant déjà quitté les lieux suite à l’arrivée de la gendarmerie, sur place dès le 8 février. D’après Le Figaro, quatre individus seront tout de même jugés en comparution immédiate lundi 14 février pour « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique ».

Si cette action a rapidement été prise au sérieux, c’est que les « no borders » sont bien connus dans la ville de Calais. Cette mouvance transnationale née dans les années 1990 en Allemagne est particulièrement présente aux abords des frontières, lieux d’importants regroupements de migrants. Elle est active dans toute l’Union européenne, mais aussi dans des pays extérieurs: le Mexique, l’Australie, l’Ukraine,… Tous réclament la libre circulation des individus, en particulier celle des migrants. Il est difficile d’avoir des informations sur ces groupes, qui ne reconnaissent aucune hiérarchie, ni organisation officielle. Nous savons que loin d’être amateurs, ces groupes classés d’ultra-gauche sont généralement composés de jeunes aisés, grands connaisseurs du droit, leur évitant ainsi nombre de sanctions judiciaires liées aux squats et aux manifestations interdites. En France, les « no borders » sont connus pour leurs actions à la frontière franco-italienne et dans la ville de Calais, où plusieurs manifestations ont dégénéré par le passé. Le groupe est accusé de manipulation envers les migrants, d’incitation à la violence mais aussi de complicité avec les passeurs. Ces accusations n’ont, pour l’instant, jamais été prouvées.

Pour rappel, au moins 28 395 personnes avaient tenté de traverser la Manche en 2021, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur britannique. En novembre, 27 d’entre eux étaient morts en mer, provoquant l’émoi des deux côtés de la frontière et ravivant des tensions déjà bien présentes entre les gouvernements français et britannique. Les tentatives de traversée n’ont pas diminué pour autant, au contraire, 72 ayant été interceptées par la police française pour le seul mois de décembre 2021. Au vu de ces chiffres, il ne fait donc aucun doute que nous n’avons pas fini d’entendre parler des « no borders ».

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Andine Le Louzec

Andine Le Louzec

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