La ‘‘vague verte’’ en Europe, espoir ou menace ?7 min de lecture

La vague verte écologique en Europe

Dimanche 26 mai 2019. 20h. Les résultats tombent. Cette journée marquée par une participation électorale forte promettait une belle surprise. En réalité, ce qui s’est produit fut pour beaucoup un cauchemar inattendu. Le Parti Socialiste aura des élus, la campagne du mouvement Génération.s (mais surtout les kebabs) de Benoît Hamon seront remboursés par le contribuable. Mais surtout, la Droite républicaine est devancée de 5 points par Europe Écologie les Verts. Aucun sondage ni aucun analyste politique ne l’avait vu venir. Et pourtant, ce que (presque…) tous les sympathisants de Droite redoutaient s’est réellement produit : le “bloc de Droite” s’est affaibli comparé aux dernières élections.

 

En Allemagne, les Verts ont obtenu 20,9% des voix, soit deux fois plus qu’en 2014. Ils deviennent ainsi la deuxième force politique du pays, devant les sociaux-démocrates qui s’écroulent à 16%. La déclaration de Yannick Jadot devant les médias le soir des résultats revêt même un aspect pour le moins inquiétant :  « C’est une vague verte européenne dont nous sommes les acteurs » a t-il estimé. On ne peut que lui donner raison puisque ces hauts scores ne concernent pas uniquement la France et l’Allemagne. Au Royaume-Uni, les «Greens » ont également quasiment doublé leur score, avec près de 12% des voix, dépassant le Parti conservateur au pouvoir. En Irlande, le Green Party réalise un score sans précédent avec 23% des suffrages. En Autriche et aux Pays-Bas, leurs homologues sont également au-delà de 10%.

Mais au fait, qui sont-ils vraiment et quel est leur vrai projet ? Est-ce que cette «vague verte » qui s’abat sur l’Europe et toutes ses belles promesses qui plaisent tant à la jeunesse représentent une voie crédible pour protéger notre environnement ?

Pourquoi l’écologie politique est-elle une pastèque ?

Pour se rendre compte qui sont les 13 illuminés que les 3 052 406 électeurs en question ont envoyé au Parlement européen, il faut lire le projet d’Europe Écologie les Verts (intitulé le « projet Bien Vivre »). 

À la lecture de ce projet (écrit en écriture inclusive s’il vous plaît), la déception est loin d’être au rendez-vous : on lit des intitulés comme « promouvoir une identité positive » ou « pour une démocratie globale » ou encore « un Green New Deal». Une partie est dédiée à la volonté de mettre en place une VIème République (cherchez le rapport avec les enjeux européens), dans laquelle seront défendus «la parité de genre, la diversité dans la représentation, le droit de vote des étranger.ère.s non communautaires aux élections locales ». Visiblement des enjeux cruciaux pour la survie du Vieux continent. Poutine, Trump et XI Jinping ont déjà la chair de poule. Les enjeux de sécurité sont (enfin) évoqués dans une sous-sous partie du projet  : « dans l’arsenal des réponses apportées au terrorisme […], les écologistes privilégient des politiques de prévention et d’éducation et des politiques culturelles ». `

Pour faire simple, ils veulent poursuivre la même politique sécuritaire que l’Etat français a appliqué depuis des décennies, ce qui revient à lutter contre le terrorisme avec des fleurs et lutter contre l’insécurité dans les banlieues en plantant des arbres. On ne développera pas la volonté de supprimer les voitures roulant au diesel, de reconnaître le droit de vote à 16 ans ou encore de défendre une agriculture bio à 100% , ce qui relève simplement d’un populisme vert nauséabond qui ne convainc que les esprits les plus influençables. On ne développera pas non plus l’aspect l’anti-vaccin de leur projet qui relève d’un obscurantisme peu commun en Europe. 

L’écologie politique prônée par ce parti est bien une pastèque : elle est verte à l’extérieur mais rouge à l’intérieur.

 

Au cœur du projet des Verts : l’illusion de la transition énergétique

Attaquons-nous à leur argument phare, la fameuse « Transition énergétique » (ou écologique) que désormais tout le monde prône.

Eh oui, on ne s’en rend pas assez compte, mais leur projet mortifère a déjà colonisé l’esprit de l’opinion publique. Notamment à propos de l’énergie nucléaire de laquelle ils veulent « sortir définitivement entre 2030 et 2050 ».

Il faut reconnaître que sur ce sujet là, la droite s’est mise à genou (voire même mise à plat ventre) devant le discours irrationnel et utopiste (ou plutôt dystopique) de ces « khmers verts ». Pire : la filière du nucléaire est désormais atteinte du fameux syndrôme de la femme battue, ne cessant de s’excuser alors qu’elle est attaquée injustement.

Assumons-le : être écolo, c’est défendre la filière du nucléaire corps et âme face aux propagandistes qui viennent prêcher et insuffler la peur dans les esprits sur tous les plateaux de télévision en prédisant que l’Europe pourrait connaître un deuxième Tchernobyl ou un deuxième Fukushima si on ne commençait pas à détruire ces centrales. Des arguments si puériles qu’ils nous rappellent traits pour traits le fameux : « faisons tous barrage au Front National pour éviter à la France le même chaos que dans l’Allemagne des années 1930 ». 

Disséminer la peur a l’air de rapporter beaucoup de voix en France et en Europe… mais pas forcément au bénéfice de ceux que l’on croit.

Plus sérieusement, il est en effet raisonnable de s’interroger sur la sûreté de l’énergie nucléaire et le devenir de ses déchets. Cependant, il s’avère que des scientifiques étudient la sécurité et les effets sur la santé de différentes sources d’énergie depuis les années 1960 et il semble que toutes les grandes études, y compris une récente publiée dans la revue médicale britannique The Lancet, le confirment : le nucléaire est le moyen le plus sûr pour produire de l’électricité et de manière fiable.

Rappelons aussi que les énergies renouvelables, contrairement à l’énergie nucléaire, ne peuvent pas répondre à la demande et sont en réalité beaucoup plus dangereuses pour la faune et la flore. 

Les bases de la physique n’aident pas vraiment les partisans de la transition : produire des quantités importantes d’électricité à partir de faibles flux énergétiques nécessite une répartition sur d’énormes superficies. En d’autres termes, le problème des énergies renouvelables n’est pas fondamentalement technique, il est naturel. Produire des panneaux solaires et des éoliennes, et les répartir sur de vastes superficies a des conséquences bien plus graves pour les êtres humains et pour la faune. 

Allons plus loin. Les chats domestiques tuent des milliards d’oiseaux chaque année. Le petit million d’oiseaux tués par les éoliennes semble donc bien ridicule. Illusion : ce que les chats tuent, ce sont de petits volatiles communs tels que les moineaux ou les merles. Ce qui tue les grands oiseaux menacés et en voie de disparition – des espèces qui pourraient s’éteindre, comme les faucons, aigles, hiboux et condors –, ce sont les éoliennes. En effet, les grands oiseaux n’ont pas eu le temps de s’adapter à ces grosses turbines à rotation rapide. 

N’oublions pas que les parcs solaires ont aussi des impacts écologiques importants. Construire une ferme solaire, c’est un peu comme construire n’importe quel autre type de ferme : il faut vider toute la zone concernée de sa faune. Les plus naïfs ou les plus embrigadés croiront que ces zones en question sont vidées dignement. Ils se trompent encore : lors de la construction d’un des plus grands parcs solaires de Californie, les constructeurs ont engagé des « biologistes » pour extraire les tortues du désert menacées. Elles ont été placées à l’arrière de camionnettes, transportées sur de longs trajets puis enfin enfermées dans des enclos où beaucoup ont fini par mourir. Ces panneaux solaires ont aussi un autre problème peut être beaucoup plus grave car il touche des vies humaines : des experts craignent que les panneaux solaires ne soient expédiés, comme d’autres déchets électroniques, en Afrique ou en Asie pour être démontés (c’est-à-dire, le plus souvent, détruits à coups de marteau) par des communautés pauvres qui seront exposées à la poussière toxique de métaux lourds (comme le plomb ou le chrome par exemple). Alors, sympa la transition ?

Soyons encore plus concrets et donnons quelques chiffres significatifs : les émissions de CO2 en Allemagne sont stables depuis 2009, malgré 580 milliards de dollars investis jusqu’en 2025 dans un réseau électrique bourré d’énergies renouvelables, soit une augmentation de 50 % du coût de l’électricité. Sur la même période, la France a produit un dixième des émissions de CO2 allemandes et payé son électricité quasiment moitié moins cher. Comment ? Grâce à l’énergie nucléaire.

Nos centrales nucléaires ont même sauvé des vies. Oui vous avez bien lu. Le climatologue James Hanson et un de ses collègues ont calculé que les centrales nucléaires avaient déjà permis de sauver près de deux millions de vies qui auraient été perdues à cause de la pollution atmosphérique.

Dès que l’on revient à la réalité de terrain en évoquant divers chiffres et divers témoignages, leur rêve (finalement pas très vert…) s’effondre face à la réalité.

Le problème du nucléaire, c’est qu’il est devenu impopulaire dans une période où malheureusement il n’a jamais eu autant besoin d’être défendu. Il a été victime d’un demi-siècle d’une action concertée entre lobbys des énergies fossiles et des énergies renouvelables.

Michael Shellenberger, président de l’association Environmental Progress, (un laboratoire d’idées indépendant) et nommé « Héros de l’environnement » par Time Magazine a d’ailleurs ironisé en affirmant que « collectivement, nous souffrons du sophisme de l’appel à la nature qui n’est pas si différent que celui qui nous pousse à mettre des produits étiquetés “naturels” dans notre caddie ». Il ajoute ensuite qu’« il est grand temps que ceux qui se proclament gardiens de la planète analysent plus sérieusement les données scientifiques et questionnent les réelles conséquences de leurs projets ».

 

Pourquoi l’écologie est-elle une valeur conservatrice ?

L’écologie ne doit pas être un simple projet politique (ce que la Gauche essaie de nous faire croire). En réalité, l’écologie politique de gauche prônée par la France insoumise ou Europe Écologie les Verts se base sur une vision millénariste. C’est un discours eschatologique (presque religieux) qui non seulement veut transformer le monde durablement mais considère que cette transformation est une fin, qu’elle constitue la fin de l’histoire. Or, chacun sait comment ce type d’idéologie qui se posait en tant que seule voie de salut terrestre a terriblement échoué au XXème siècle (et surtout traumatisé). Les intellectuels de droite et d’autres doivent répéter que l’écologie est d’abord la doctrine de la perpétuation des grands équilibres historiques, y compris anthropologiques. C’est ce qui fait de l’écologie une valeur conservatrice.

À l’heure où certains idéologues de Gauche essaient d’imposer le catastrophisme et la contrainte des comportements comme pensée unique, la Droite doit rester fondamentalement méfiante à l’égard de l’idée de progrès, doit se présenter comme profondément attachée à la préservation du patrimoine, au respect de la nature et de ses lois, et doit se montrer hostile à tout artificialisme. Là est le vrai combat qu’il faut mener pour survivre.

La progression des Verts en Europe nous montre une chose : que l’écologie est un concept encore très mal compris dans l’opinion publique et surtout au sein des nouvelles générations, ce qui n’augure rien de bon pour l’avenir.

Promettre les lendemains qui chantent, c’est attirant mais c’est dangereux. Être honnête et pragmatique, c’est sans doute impopulaire mais c’est utile.

Germain KUEN

Article écrit par Contributeur Anonyme

L'article vous a plu? Partagez-le! L'Étudiant Libre vit de vos partages.

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur telegram
Telegram
Partager sur reddit
Reddit

Dans la même catégorie:

Du même auteur: