Universités américaines : théâtre d’un bouleversement des mentalités

Pour la première fois de leur histoire, les campus universitaires américains voient arriver sur les bancs de leurs amphithéâtres une génération d’étudiants éduqués depuis toujours par les réseaux sociaux. Les experts s’interrogent sur l‘aspect comportemental de ces individus, plus enclins à prôner le vivre-ensemble et la lutte contre les inégalité qu’à véritablement prendre en main leurs études. A l’heure des combats féministes et anti-racistes où se mêlent problèmes d’identité et rejet de l’oppresseur en tout genre, les établissements sont devenus de véritables champs de bataille idéologique où se côtoient les défenseurs de toutes les « nobles causes » de notre génération. Chacun est convaincu d’être dans son bon droit (principe de la « self-righteousness ») en tant que victime d’un système qui ne les comprend plus. On pourrait dès lors penser à l’université d’Evergreen dans l’état de Washington, théâtre d’affrontements ces dernières années sur ces divers sujets.
Le combat qui fut social en devient politique et tous les sujets y passent (racisme, écologie, violences policières, discriminations…). A une époque où la logique partisane binaire des Etats-Unis oppose les apôtres du respect et de la tolérance aux disciples du conservatisme et d’un maintien relatif de l’ordre naturel des choses, tout semble penser que cette nouvelle génération biberonnée et surprotégée aura tout le plus grand mal à s’intégrer dans un monde où une guerre des idées déraisonnée fait certainement plus de dégâts qu’elle n’apporte de solutions. Ces problèmes, s’ils touchent les Etats-Unis, se retrouvent de plus en plus dans nos universités et tout porte à croire que l’on en est qu’au début…

Paul-Arthur Robin