Tribune – Dura lex sed lex2 min de lecture

Le confinement que la France connaît actuellement a suscité chez les catholiques français une vive émotion lorsque le gouvernement a décidé d’interdire le culte public passé la Toussaint. Beaucoup se sont levés à juste titre contre l’absurdité d’une telle interdiction au regard de l’exemplarité des chrétiens dans le respect des règles de protection sanitaires imposées par ce même gouvernement. Les évêques de France ont même eu l’audace de déposer un référé devant le Conseil d’État qui fut rejeté le 7 Novembre dernier. Ces choix difficilement compréhensibles de l’État ont conduit certains à se rassembler légalement dans plusieurs villes de France pour demander le retour de la messe publique.

À cet égard, le traitement des catholiques par les médias n’a pas échappé à la règle sempiternelle: moquerie et dédain sur fond d’indignation. Cependant, une opposition bien plus pernicieuse enflamme le catholicisme français depuis quelques jours. Elle prend racine au sein même de l’Église de France à travers des accusations honteuses et infondées. De nombreux fidèles se sont levés contre leurs propres évêques en dénonçant leur tiédeur et leur soumission à un régime viscéralement anti-chrétien et ennemi de la foi. Les vieilles et regrettables accusations d’une certaine frange du paysage catholique ont refait surface en scindant le catholicisme en deux parties: les défenseurs de la foi et les autres. Méprisant la plus élémentaire charité, des anathèmes -en latin bien entendu- ont été proférés contre les prétendus traîtres à la vraie foi, corrompus par le modernisme du monde et par les appâts de la politique. L’archevêque de Paris, Monseigneur Aupetit, fut traîné dans la boue dans nombre d’articles après avoir déclaré être lassé de l’intransigeante étroitesse de certains catholiques.

Ces catholiques nous divisent et nous blessent. Leur systématique méfiance envers le clergé est une obsession scandaleuse et dangereuse. Rien n’est laissé au hasard: par paresse intellectuelle ou simple ignorance, on invoque les guerres de Vendées en distinguant les prêtres jurés au modernisme du clergé réfractaire de la messe de toujours. On se défend d’être déloyal à coups d’encycliques -d’avant Vatican II naturellement- et de constitutions apostoliques qui rappellent le dogmatisme des pharisiens. On se victimise impunément dans des chapelles qui ne sont réfractaires que de la tempérance et de l’humilité, en se complaisant dans des chimères de persécution et de tyrannie.

Cependant, ces critiques oublient que le catholicisme n’est pas confiné dans le culte public. Il est primordial que le chrétien se rappelle que la messe n’est pas un droit et que s’il est fâcheux de ne pouvoir avoir accès aux sacrements, il l’est encore plus de considérer que la foi se limite aux quatre murs d’une église. Les chrétiens martyrisés à travers le monde, véritables victimes de l’oppression, ne le savent que trop bien. Ironie du sort, les accusations scandaleuses que l’Église essuie de ses propres enfants ne sont pas sans rappeler les discours victimaires que la société n’a de cesse de professer. Ne tombons pas dans ces travers néfastes au nom d’une fausse piété. Il n’y a aucune ferveur religieuse dans la division et l’orgueil. Ni de dévotion chrétienne dans la bigoterie pusillanime.

L’Église n’a pas besoin de l’État pour être détruite. Dieu ne meurt pas du coronavirus, mais de la désunion de son peuple.

 

Thomas B.

Article écrit par Auteur Ponctuel

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