ADP, les français unis contre la grande braderie3 min de lecture

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Alors que le gouvernement reste intangible sur la concession d’ADP, la pétition en ligne pour soumettre la question par voie référendaire approche les 260.000 signatures (compteur Service Checknews au 21 juin 2019).

 

Mesure phare de la loi Pacte, les citoyens se mobilisent contre la vente d’un fleuron mondial bradé à 10 milliards d’euros. Lancée le 13 juin 2019 à l’initiative de 248 députés et sénateurs de l’opposition, la pétition avait récolté 125.000 signatures dès le premier jour. Si 4,7 millions de signatures sont nécessaires (avant le 12 mars 2020) pour que le référendum ait lieu, la participation est encourageante ! En sus, une enquête réalisée le 10 avril par Harris Interactive indique que 20% des français sont pour la privatisation, 48% sont contre et 32% ne sont pas encore décidés.

 

Pourtant le groupe ADP est le 1er acteur aéroportuaire avec 100 millions de passagers par an et détient 26 aéroports dans le monde parmi lesquels Paris-CDG et Paris-Orly. Si les sociétés Vinci et Schiphol Group sont respectivement actionnaires de 8% des parts du groupe ADP, l’Etat reste l’actionnaire majoritaire à hauteur de 50,6%. Les bénéfices ont généré en 2017 près de 172 millions d’euros de dividendes pour l’État.

 

               Mais pourquoi vendre un joyau de notre économie et de notre patrimoine ?

Le gouvernement avance que l’argent de la vente sera investi en obligations d’Etat, dont les dividendes rapporteront 250 millions d’euros chaque année, qui seront versés au Fonds pour l’innovation et l’industrie. En clair l’Etat souhaite faire 250 millions chaque année à partir de 10 milliards…

 

A croire que les français sont imbéciles pour tout gober. L’objectif est en réalité d’empêcher la dette publique de dépasser la barre de 100% du PIB d’ici la fin de l’année.

Au lieu de s’atteler à réformer les dépenses publiques de manière structurelle, le gouvernement préfère privatiser pour 10 milliards d’euros un fleuron français en situation de monopole alors que la dette publique dépasse les 2300 milliards d’euros. 

 

Vendre des biens publics pour se désendetter serait une solution stratégique ?

Au delà de la question de la protection du patrimoine français, cette concession de 70 ans serait néfaste à bien des égards. L’expérience de la privatisation de l’aéroport de Toulouse Blagnac à un consortium chinois pour 308 millions d’euros en 2015 en est la triste illustration. Dans son rapport de 2018, la Cour des Comptes avait avoué que cette opération était « un échec » marqué par une « absence d’expérience en matière de gestion aéroportuaire » et un « manque de transparence financière ». Evocateur lorsque l’on se souvient que le ministre de l’économie de l’époque n’était autre qu’Emmanuel Macron. 

 

               Pourtant reconnu par le Conseil constitutionnel comme remplissant un service public national, l’ADP porte peu d’intérêt pour le gouvernement qui le concède à des entreprises privées comme cela avait été opéré pour les autoroutes en 2005. Les usagés ont été directement impactés puisqu’en 10 ans, le prix des péages a augmenté de 20%. Pour tenter d’apaiser les consciences, le ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire a annoncé sa mesure pour éviter une flambée des tarifs. Une évaluation quinquennale entre l’entreprise gérante et l’Etat permettra selon lui de stabiliser les prix. Les usagés sont donc rassurés : les taxes aéroportuaires seront évaluées tous les 5 ans dans les couloirs de Bercy. 

 

Vendre les bijoux de famille n’est pas une stratégie, c’est un symptôme d’un gouvernement qui n’a aucune vision d’avenir à long terme composé d’apparatchiks hors sol. ADP est bien plus qu’une entreprise ou qu’un espace de communication, c’est un outil stratégique de la politique économique. Ce trésor national ne peut être bradé et cédé à une entreprise privée car nous en sommes tous propriétaires. 

 

               Vous aussi faites entendre votre voix sur referendum.gouv.fr ! Si la plateforme rencontre certains dysfonctionnements inexpliqués, certains ne cachent pas leur envie de faire avorter cette initiative citoyenne. Gérard Larcher fustige ce référendum comme « un détournement de démocratie ». Quant à l’éditorialiste Christophe Barbier, le sujet est « trop technique et trop pointu » pour les français. Ces godillots sans racine ont sans doute peur que les français s’expriment et défendent leurs intérêts. Un jour peut-être auront-ils l’outrecuidance de défendre la cession du Louvre à une entreprise étrangère pour une histoire de chèque. 

Article écrit par Contributeur Anonyme

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