Oui, l’immigration est le cheval de Troie du terrorisme4 min de lecture

  Le jeudi 5 novembre, Emmanuel Macron prononça une phrase peu coutumière chez LREM: « Je suis favorable à ce que nous refondions en profondeur l’espace Schengen pour intensifier notre protection commune aux frontières ». Au grand dam de la classe politico-médiatique, le Président de la République – inconsciemment ou non – a établi un lien entre immigration et terrorisme, sinon pourquoi jugerait-il important le contrôle de nos frontières ? 

   La critique de l’immigration s’est intensifiée au fil des décennies car, plus les années passent, plus les faits donnent raison aux Gaulois réfractaires. L’ère des Trente Glorieuses a inauguré la troisième vague d’immigration qui a accueilli sur le territoire française des populations venant, non plus majoritairement de Pologne ou d’Italie, mais du Maghreb et de la péninsule ibérique; autrement dit de pays arabo-musulmans. Cette immigration « heureuse » ne donna pas le moindre soupçon d’une nébuleuse islamiste en formation car aucun attentat à revendication islamiste ne secoua le territoire français à la fin du XXe siècle. Pourtant, la succession d’attentats djihadistes depuis 2012 amène, de facto, à une réflexion globale sur l’immigration. Pourquoi celle-ci, qui était quasi-silencieuse dans les débuts de la Vème République, devient-elle incontrôlable à mesure que les années passent ? Rendre justice aux 267 victimes françaises du djihadisme revient, en premier lieu, à briser l’omertà sur les failles et les manquements de notre immigration dans ce qu’elle a été et dans ce qu’elle est. 

L’origine insoupçonnée du mal: le regroupement familial. 

   Les gouvernants doivent tirer un long fil, comparable à celui d’Ariane, pour trouver les origines du terrorisme en France tant elles sont anciennes. Il faudrait sans doute revenir au mandat de Valery Giscard d’Estaing. En 1976, celui-ci a creusé, sans le savoir, le nid douillet de l’islamisme via le regroupement familial. Par cette disposition, la France s’engage à recevoir des centaines de milliers d’individus sur son territoire. Les politiques migratoires des années soixante dix / quatre-vingt défendaient le modèle assimilationniste français. L’arrivée de Mitterand au pouvoir en 1981 a changé considérablement la donne (suppression loi Bonnet, régularisation de 130 000 étrangers) et a conduit à une hausse considérable du nombre d’entrée d’immigrés. Face à la masse des peuples, le modèle assimilationniste se délite. Dans son ouvrage Intégration, lien social et citoyenneté ( 1998), Gilles Ferréol pose ce constat:« Depuis les années 1980, la philosophie politique sous-jacente est celle de la citoyenneté (désormais élargie, plurielle et davantage active), le vieux modèle assimilationniste français étant de plus en plus questionné ». Cette rupture est considérable: le nouvel immigré ne ressent plus l’obligation morale d’adhérer au corps collectif et social de son pays d’accueil et préfère revendiquer l’ identité sociale, culturelle, religieuse qui lui est propre. Peu à peu, le modèle multiculturaliste s’installe, l’Islam qui était surtout religieux, se dédouble en un Islam politique de plus en plus tenace. 

  « La majorité des terroristes sont des français !» 

       Le Monde, dans un article du 14 février 2017, a fait un état des lieux des origines et des nationalités des djihadistes qui sont passés à l’acte. « Sur les vingt-deux cas que nous avons recensés, seuls sept terroristes n’avaient pas la nationalité française ». Certes, mais après une recherche sur les profils des terroristes, on conclut qu’ils sont issus de parents ayant bénéficié du regroupement familial ou qu’ils ont la double nationalité à l’instar de Mohammed Merah, auteur des attentats de Montauban et de Toulouse en 2012, qui avait la double nationalité franco-algérienne. La majorité des terroristes sont de nationalité française, parce qu’ils sont les bénéficiaires du regroupement familial et  ont surtout gardé dans leur habitus les valeurs, les moeurs, les coutumes arabo-musulmanes qui sont – en grande partie  – incompatibles avec les nôtres.

  L’afflux migratoire et le terrorisme

  Bien après le processus sans-frontiériste enclenché dans les années 70, l’Europe est confrontée à une vague migratoire qui, à mesure qu’elle grossit, nourrit le terrorisme en Europe surtout à l’Ouest du continent. Parmi ces migrants arrivant par milliers, se cachent des futurs voire des actuels terroristes. Brahim Issaoui, auteur des attentats de Nice en octobre dernier, est le parfait exemple puisque ce jeune tunisien de 21 ans est passé par Lampédousa pour arriver ensuite en France. Autre cas, Ahmad Al-Mohammad et Mohammad Al-Mamhod, impliqués dans les attentats de Paris de novembre 2015, sont eux aussi passés par la route des migrants.

  Pourquoi l’immigration a t-elle donné du grain au terrorisme ?

      Les pays de l’Est ont compris très vite les dangers de l’immigration, en particulier celle arabe-musulmane qui embarque dans ses bagages une religion où domaine temporel et domaine spirituel ne font qu’un. Il faut être crédule pour ne pas admettre la sécurité qui règne en Pologne ou en Hongrie. Conscients des risques politiques, sécuritaires et culturels d’une immigration incontrôlée, ces pays ont délibérément opté pour une politique migratoire très restreinte quitte à se mettre l’UE sur le dos. En Pologne, les musulmans représenteraient entre 30- 40 000 personnes, sur une population de 37,97 millions d’habitants, soit 0,1% de la population contre 8% en France. Ce taux très faible a permis une maitrise de l’immigration , de l’identité, de la sécurité, de l’économie et surtout l’absence d’un Islam politique: sur les six mosquées implantées en Pologne, aucune n’est salafiste.

  Si l’immigration est l’un des terreaux du terrorisme, c’est bien parce qu’elle est incontrôlée et parce que l’Etat français baisse les bras devant les revendications communautaires, culturelles, religieuses et politiques des nouvelles populations ( cf l’affaire de Creil en septembre 1989). Si le salafisme est entré en France, ce n’est pas à cause de l’entrée sur le territoire  de cent individus par an mais bien de 400 000 ( situation régulière, situation irrégulière, droit d’asile compris) et que parmi eux, se trouvent des ayatollahs de l’Islam radical et politique. 

  Le lien entre immigration et terrorisme est établi mais il n’est pas suffisant. Le problème, plus profond, dépasse le débat autour des entrées/des sorties. Nous assistons, pour reprendre les termes de Samuel Huntington, à un Choc des civilisations. L’Occident et les relations internationales en général sont livrés à une bataille culturelle et civilisationnelle qui bouleverse considérablement les rapports de force. A petite échelle, ça se remarque bien en France: l’immigration est le terreau du terrorisme tout simplement parce qu’elle a été appuyée par des politiques non-assimilationniste et communautaristes qui, par conséquent, produisent une friction entre deux civilisations: une européenne, une arabe héritière de l’Empire ottoman. Ces deux civilisations se frottent entre-elles et se percutent: tandis que l’une lance une fatwa et conquière son adversaire épuisé, l’autre se recroqueville et acquiesce les coups sous un bain de sang. Choisissons notre camp, et pour rendre hommage à Jean Raspail, choisissons celui des saints.

Article écrit par Adélaïde Barba

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