Memes Décentralisés supprimée – la réaction du fondateur3 min de lecture

« Bon. Joyeux Noël. Memes Décentralisés a été supprimé 😕 » Par ces mots, les adeptes de la page « Memes Décentraliés » ont appris le 23 décembre la suppression de celle-ci. Le fondateur de la page a répondu aux questions de l’Étudiant Libre et revient sur l’histoire de la page et son avenir. 
Comment vous est venue l’idée de la page ? Quel en était le but ? Avait-elle un objectif politique
L’idée de la page est venue par hasard, je voulais rebondir sur une autre page existante, « Memes Intramuros pour Jeunes Franciliens » qui fait des memes sur Paris. Le but de la page était donc de parler de toute la francophonie sauf Paris, des conflits régionaux, des clichés, de la vie à la campagne. Elle n’a jamais eu un but politique, bien qu’elle l’est ; en effet on ne tacle pas un parti ou un homme politique, mais on parle de vivre ensemble, de cohésion sociale. Dernièrement on planchait également sur l’écologie, l’impact que le changement climatique a sur nos villes et nos villages. Le public de la page était à 60% du 18-25, 20% du 25-35, 10% du 35-45 et 10% du 13-18
D’où vient l’engouement pour les memes ?
Pour moi, les memes marchent bien et sont de plus en plus suivis parce que le temps de divertissement est court. Aujourd’hui, regarder un film sans être sur son téléphone c’est compliqué, parce qu’il faut consacrer 2 heures de son temps à un seul divertissement.  Mais un meme ça prend 20 secondes à lire, et si tu n’aimes pas, tu passes au suivant. Tu peux arrêter de scroller, répondre à quelqu’un, lever les yeux pour voir où t’es sur ton trajet de bus, puis t’y replonger sans avoir eu de réelle interruption. Tant qu’on n’aura pas un divertissement encore plus court, les memes auront de beaux jours devant eux
Pourquoi la page a-t-elle été supprimée ?  Est-ce que ça vous a surpris ?
Sur Facebook, qu’on tienne une page, un groupe ou juste son compte perso, tout le monde peut être « condamné ». Il suffit de ne pas respecter les standards de Facebook sur la nudité, la violence, etc. Quand on tient une page et qu’un avertissement tombe suite à un signalement (humain ou robot), la page prend l’avertissement et le compte qui a posté le contenu sur la page en prend un aussi. L’impact pour un compte c’est de ne plus pouvoir publier, liker, utiliser messenger pendant 24h, 48h, 72h, 7 jours, 2 semaines puis 1 mois. Après les 1 mois, le compte est supprimé (mon compte personnel vieux de 10 ans a été supprimé par Facebook en août 2019). L’impact pour la page c’est qu’au bout de 3 avertissements, la page saute, tout simplement.
Néanmoins, un avertissement sur une page est supprimé au bout de 3 mois, alors que sur un compte ils ne disparaissent jamais. Depuis Septembre, on a accumulé 3 avertissements, on était donc à la limite de la suppression. Et il a fallu un avertissement de trop pour que la page saute. On s’y attendait mais on ne pouvait rien y faire, sachant qu’on gèrait une communauté de 245.000 personnes et qu’on ne peut plaire à tout le monde… Après, pour quel contenu la page a prit le strike de trop ? on ne le saura jamais…
Pourquoi ne peut on pas rire d’Hitler mais de Staline ?
Pensez-vous que la liberté d’expression doit connaître des limites ?
Je pense que la liberté d’expression doit s’arrêter aux limites de la loi (racisme, homophobie, sexisme, harcèlement).
Plusieurs problèmes apparaissent : d’abord Facebook est une entreprise privée, créée par un américain. Les lois americaines ne seront donc pas forcément les mêmes, et étant une entreprise, au final c’est le règlement qui tranche, pas les lois. Twitter est beaucoup plus souple que Facebook par exemple.
Comment un robot peut-il être en charge de notre liberté d’expression ?
Ensuite, la considération humaine change beaucoup de choses : Hitler est un criminel, avec plusieurs millions de personnes tuées. N’importe quel contenu lié à lui ou aux nazis se fera censurer. Par contre, Staline ou Mao, avec des dizaines de millions de morts, ne sont pas censurés, à l’inverse il y’a beaucoup de memes sur Staline. Pourquoi ne peut on pas rire d’Hitler mais de Staline ?
Autre problème, dans le cas de Facebook encore, il y’a d’un côté des robots qui censurent des images réputées violentes, des fake news etc. Comment un robot peut-il être en charge de notre liberté d’expression ? Mais ce n’est pas le pire, c’est que de l’autre côté il y a des humains, en général des centres en Inde, qui voient toute la journée du contenu signalé. Les gens qui travaillent la bas n’ont pas d’autre choix que de voir des images horribles à longueur de journée. Quand ils tombent sur un memes légèrement politique, ils ne réfléchissent même plus, ils censurent
Avant de définir les limites de la liberté d’expression, il faudrait définir les limites du pouvoir des gens qui censurent.
Y-a-t’il aujourd’hui des endroits où l’on peut s’exprimer vraiment librement ?
Je ne pense plus qu’on puisse vraiment s’exprimer librement, parce que le premier censeur c’est nous même.
En tenant Memes Décentralisés, j’évitais certains sujets pour ne pas m’attirer les foudres d’une partie de la communauté.
En tant qu’individu, j’évite de dire certaines phrases qui pourraient être mal interprétées par mon entourage.
Mais il faut tout faire pour limiter la censure des réseaux ou de la bienpensance, parce qu’on s’en charge déjà très bien tout seul.

Article écrit par Paul Guerry

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