Manipulations génétiques : des chercheurs mélangent cellules souches humaines et embryons de souris.2 min de lecture

Des scientifiques de l’Université d’État de New York, à Buffalo, ont réussi à créer un embryon de souris à 4% humain, en lui implantant des cellules souches provenant de l’homme. Une opération qui ravive les vieilles craintes sur le projet de loi bioéthique.

Les cellules souches humaines devaient être arrivés au même stade de développement que l’embryon de souris pour pouvoir être implantées. Le directeur de l’étude, Jian Feng, professeur au département de physiologie et de biophysique de l’Université d’État de New York, explique que les scientifiques ont procédé à une “diapause embryonnaire”, c’est à dire qu’ils ont ralenti le développement des cellules d’embryons humain pour pouvoir les implanter dans l’embryon de souris.

Le but d’une telle opération est de pouvoir fabriquer des animaux possédant des organes humains, dans l’optique des les utiliser pour des greffes, par manque de donneurs. Depuis la première transplantation d’un rein de chèvre sur une femme en 1905 par un chirurgien lyonnais, toutes les xénogreffes (greffes d’organes non-humains sur un homme) sont rejetées au bout d’un certain temps.

   En France, l’article L 2151-2 du code de la santé publique interdit la création d’embryons chimères. Il dispose que “La conception in vitro d’embryon ou la constitution par clonage d’embryon humain à des fins de recherche est interdite. La création d’embryons transgéniques ou chimériques est interdite.

Pourtant, le projet de loi bioéthique, portant principalement sur la PMA, rendait possible la création de chimères homme-animal. Disposition bien moins connue que la PMA, mesure phare du projet, mais qui figurait bien à l’article 17 du projet de loi initial.

Cet article a été adopté par l’Assemblée Nationale en première lecture, avant d’être supprimé par le Sénat. Il devrait ainsi être re-débattu au Palais Bourbon lors de la seconde lecture du projet de loi. Dans une lettre au premier ministre, les rapporteurs du projet de loi ont d’ailleurs que cette seconde lecture ait lieu “dès la rentrée de septembre”.

Dans son avis sur le projet de loi initial, le Conseil d’Etat avait identifié trois dangers majeurs que ferait courir la création d’embryons chimères homme-animal.

  • Le risque de zoonose, c’est à dire de transmission de maladie de l’animal à l’homme, phénomène à l’origine de nombreuses épidémies, dont le coronavirus
  • Le risque chez l’animal d’acquérir des aspects ou des attributs humains 
  • Le risque chez l’animal d’acquérir une  conscience  ayant  des  caractéristiques humaines, par migration des cellules humaines vers le cerveau de l’animal

La commission spéciale bioéthique et l’Assemblée ont donc autorisé la création d’embryons mi-homme mi-animal en parfaite connaissance de ces risques puisqu’ils ont été exposés dans l’avis du Conseil d’Etat, qui est l’un des travaux préparatoires les plus importants pour tout projet de loi.

Le succès des manipulations génétiques homme-souris aux Etats-Unis fait ainsi ressurgir le danger représenté par les embryons chimères, et contenu dans le projet de loi bioéthique dès son origine.

 

Article écrit par Rémi d’Antoigné

L'article vous a plu ? Partagez-le ! L'Étudiant Libre vit de vos partages.

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur telegram
Telegram
Partager sur reddit
Reddit

Dans la même catégorie:

Du même auteur:

Rejoignez-nous!

Restez informés de notre actualité.

Lassé des newsletter? Optez pour nos notifications!

Partager sur twitter
Je partage
Bonjour Lecteur!

Vous alliez partir? Pourquoi ne pas partager votre lecture sur Twitter?

Partager sur facebook
Je partage
Bonjour Lecteur!

Vous alliez partir? Pourquoi ne pas partager votre lecture sur Facebook?

Entrez votre mail

et recevez le dernier numéro de l’Etudiant Libre par email !

L'Étudiant Libre

Bienvenue sur L'Étudiant libre cher lecteur, c'est votre première visite ici? Lisez notre présentation!

Pourquoi?

Pour partager aux jeunes Français un message incitant à l’engagement et au Bien Commun.

Par qui?

Par des étudiants. Tout le monde peut travailler avec l’Étudiant Libre, il suffit de nous contacter. Vous voulez distribuer ? Vous voulez rédiger des articles ? Écrivez-nous.

Pour qui?

Pour la jeunesse qui ne demande qu’une étincelle pour s’embraser, s’exprimer et s’assumer.

Abonnez-vous

Retrouvez au creux de votre main l’information indépendante! Abonnez-vous pour seulement 3 euros par mois et accédez à toutes nos publications.