Manifestation du 6 octobre : ces chiffres qui dérangent2 min de lecture

Ils étaient plus de 600 000, ils marchaient dans les rues. Le dimanche 6 octobre, à 16h50, Albéric Dumont annonce triomphant aux manifestants qu’ils sont plusieurs centaines de milliers.

Le chiffre commence alors à être repris par les médias. Une alerte info « Le Figaro » fait vibrer les téléphones. Dans la salle de communication, un lieu tenu secret qui abreuve les réseaux sociaux de photos, de vidéos et d’informations toute la journée, c’est le soulagement.

Quelques minutes plus tard, une nouvelle alerte tombe : le cabinet Occurrence, indépendant des organisateurs et des services de police, a procédé à son propre comptage et affirment avoir enregistré 74 500 manifestants.

Plus tard dans la soirée, c’est au tour de la préfecture de police de Paris d’annoncer son propre chiffre : 42 000 personnes.

Dans le cadre d’une mobilisation sociale contre un projet de loi, les chiffres comptent, et le gouvernement ne le sait que trop bien. L’Étudiant Libre a enquêté et souhaite vous dévoiler quelques informations qui prouvent que les chiffres du cabinet Occurrence et de la préfecture de police de Paris ne sont qu’une fable destinée à minimiser voire ridiculiser un mouvement qui dérange.

En premier lieu, il convient de rappeler que l’affluence a dépassé les attentes des organisateurs, mais également des services de police. La préfecture, qui impose aux organisateurs un parcours, prévoyait 200 000 manifestants. Cependant, dès 16h, le parcours prévu étant saturé, les autorités ont exigé en urgence l’ouverture d’un parcours secondaire de délestage (axe Edmond Rostand – Port Royal et Port-Royal – Montparnasse). Or, ce sont les mêmes autorités qui ont annoncé le chiffre de 42 000… soit cinq fois moins que ce qu’elles prévoyaient. Ne les jugeons pas.

Deuxièmement, le cabinet Occurrence, dont la neutralité laisse à douter alors que son Président, Assaël Adary, est un fervent soutien d’Emmanuel Macron et d’Aurore Bergé, n’a placé ses outils de comptage que sur l’itinéraire initial du cortège, sans prendre en compte le parcours de délestage, alors même que les organisateurs invitaient les manifestants à rejoindre la place d’arrivée par tous les axes disponible, pour pallier aux bouchons humains qui se formaient tout au long du parcours.

De son côté, le collectif « Marchons Enfants ! » a présenté plusieurs éléments pour défendre son système de comptage : dès la première demi-heure, le stock de 50 000 drapeaux était écoulé. On peut aisément voir sur les photos que les manifestants étaient loin d’en avoir tous un en leur possession. De plus, et il suffisait de faire partie du cortège pour s’en rendre compte, de nombreuses personnes n’ont jamais pu partir de la place Edmond Rostand, le cortège étant bouché dès le départ pendant plusieurs heures. D’autres manifestants ont rejoint l’arrivée, directement, place du 18 juin 1940.

Le système d’estimation de « Marchons Enfants ! » est le même que celui de la « Manif pour Tous » en 2013 : il s’appuie sur des indicateurs de flux, de durée et de densité. Les organisateurs réalisent une estimation dite « photographique » qui correspond au nombre de manifestants détectés sur le parcours à un moment donné, additionnant par la suite les estimations de manifestants ayant déjà quitté le dispositif et, proportionnellement, ceux qui le rejoignent en cours de route. Ainsi, le flux d’arrivée dans la manifestation du 6 octobre s’est étalé de 11h30 à 16h30, tandis que le flux sortant a été continue entre 14h et 18h.

Il n’est pas vraiment possible de savoir combien de personnes ont battu le pavé contre la GPA et la PMA. Cependant, il apparaît clairement que les vrais chiffres de la mobilisation dérangent. Les estimations fantaisistes de la préfecture et du cabinet Occurrence tendent à décrédibiliser le mouvement mais également à décourager les manifestants, alors que la bataille parlementaire ne fait que commencer.

Le 6 octobre, nous étions plusieurs centaines de milliers, participant ainsi à la plus grande manifestation de l’année en France.

Article écrit par Charles de Sourceval

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