Les algorithmes des réseaux sociaux ou la mort du débat2 min de lecture

Le début du XXIe siècle est marqué par le développement des réseaux sociaux. Ce sont de formidables outils qui permettent d’être en contact avec n’importe qui sur tout le globe, de partager et de s’informer. Ces réseaux sociaux ont acquis une popularité fulgurante, si bien qu’aujourd’hui par exemple Facebook est la 6ème plus grosse entreprise en termes de capitalisation boursière. Comment peuvent-ils être si rentables ? En revendant vos données personnelles, comme vous avez accepté les conditions d’utilisation. Le but est alors de vous faire passer le plus de temps sur l’application, les données sur vous seront alors plus précises et pourront mieux se vendre aux publicitaires qui cherchent à vous faire acheter leurs produits. Pour vous faire rester le plus longtemps sur l’application, ils vous proposent du contenu en lien avec ce que vous regardez, de ce que vous aimez, de ce que vous partagez. En somme, ils vous enferment dans ce que vous aimez déjà. Et c’est là où cette logique de rentabilité devient malsaine.

Votre cerveau doit analyser et traiter en permanence des quantités formidables d’information, et pour éviter de saturer, il prend des raccourcis. Cela donne lieu à des biais cognitifs, qui sont définis comme des distorsions dans le traitement cognitif de l’information, et qui en pratique créent des erreurs de jugement ou de raisonnement. Celui qui nous intéresse ici est le biais de confirmation : nous avons tendance à préférer les informations ou les détails qui confirment nos croyances ou conceptions préexistantes. Si on présente à deux sujets la même information, celle-ci peut être interprétée complètement différemment selon la position politique du sujet par exemple. Les réseaux sociaux participent donc (consciemment ou non) à la polarisation des positions car présentent des informations en relation avec ce qu’une personne aime déjà, renforçant au passage ses croyances par le biais de confirmation. Le monde est alors perçu via un prisme, celui de nos idées préconçues et qui nous confortent. Les gens peinent à débattre de manière construite parce que chacun pense avoir raison, toutes les informations qu’ils voient allant dans le sens de leurs idées et parce que les fondements idéologiques des différents groupes sont séparés par un trop grand fossé pour être mutuellement compris.

D’autres mécanismes participant à la polarisation des positions sont en jeu, mais inconsciemment celui-ci nous enferme dans nos propres idées et permettent difficilement d’évoluer. Pour pouvoir débattre, il faut commencer par se comprendre et trouver un terrain d’entente. Retrouvons déjà l’humilité de reconnaître que nous pouvons nous tromper, varions nos sources d’informations pour avoir une vision plus globale du monde et comprendre les arguments et les logiques de réflexion de ceux qui n’ont pas les mêmes opinions que nous. Formons-nous pour (ré)apprendre à débattre, à argumenter, à controverser ; pour que ce soit un exercice à la portée de tous à un moment crucial pour la démocratie et la liberté d’expression.

L.T.

Article écrit par Auteur Ponctuel

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