[L’édito de la semaine #3] Olivier Duhamel, saint patron du complot mondial

Dans la nuit du 9 au 10 janvier dernier, le pape François était arrêté. Pour l’occasion, le Vatican était plongé dans le noir complet afin de faciliter l’extraction du souverain pontife. L’ordre provenait directement du bureau du procureur national italien, travaillant de concert avec Interpol et le FBI. Et cette importante coopération internationale était pour le moins justifiée : le Pape ferait l’objet de plus de 80 chefs d’accusation, dont trafic d’enfants et d’êtres humains.

Vous avez raté cette info ? C’est normal, seuls quelques élus soigneusement sélectionnés y ont eu accès, bénéficiant de sources très haut placées. Ces happy few, surnommés les Qanons, travaillent depuis des années au démantèlement du vaste réseau international de pédophiles, adorateurs de Satan, qui contrôlent le monde, d’Hollywood au Vatican. Les héros des Qanons : Donald Trump, anomalie parvenue à la Maison Blanche pour foutre tout ce beau monde dehors ; et « Q », un mystérieux anonyme abreuvant ses fidèles d’informations ultraconfidentielles, via Internet.

Particulièrement épique, la narration Qanon séduit quelques centaines de milliers d’Américains, essentiellement mais pas uniquement trumpistes.

Évidemment, tout cela est faux et le pape François est toujours libre de faire la promotion de l’immigration massive depuis les dorures du Vatican. Le mouvement Qanon, né en 2017 sur les forums américains, n’est en réalité pas autre chose que le navire amiral des théories du complot qui fleurissent de nos jours. Outre un climat général particulièrement anxiogène – on y reviendra – il faut admettre que la conspiration Qanon est taillée sur mesure pour la société américaine. Particulièrement épique, imaginant l’arrestation massive de dizaines de personnalités publiques compromises ou la sédition de l’armée américaine, la narration Qanon séduit quelques centaines de milliers d’Américains, essentiellement mais pas uniquement trumpistes.

Mensonges donc, que ces réseaux pédophiles, élites sataniques et dignitaires corrompus. Tout cela n’existe pas. Vraiment ? En fait si, et les exemples ne manquent pas. A-t-on déjà oublié l’affaire Jeffrey Epstein, ce milliardaire américain accusé d’être à la tête d’un vaste réseau de trafic de mineurs ? A-t-on oublié les liens qui unissaient Epstein aux démocrates américains, au clan Clinton ou à certains héritiers européens ? A-t-on oublié son suicide, en août 2019, quelques temps avant son procès, et la fusillade chez une des juges chargés de l’affaire un an plus tard ? Plus récemment encore, l’affaire Olivier Duhamel a éclaboussé d’importantes personnalités de la gauche bourgeoise, provoquant des démissions en série dans les hautes sphères françaises.

Il est d’autant plus agaçant de voir les belles âmes politiques et médiatiques se repentir en injures et moqueries sur les complotistes, quand ce sont précisément ces belles âmes qui fournissent au complot toutes ses armes.

Ces affaires sont réelles, sourcées, connues et ne peuvent qu’interroger les gens de bien. Pour autant, Duhamel et Epstein donnent-ils raison aux complotistes, Qanons ou autres ? Non, mais c’est l’essence même du complotisme qui sélectionne différents épiphénomènes vérifiés et trace entre eux des lignes fallacieuses. Au reste, les complotistes ne sont jamais que de pauvres gens effrayés par la noirceur, réelle ou supposée, du monde. Face à l’inconnu et au désespérant, il est toujours plus rassurant d’imaginer qu’il y a un plan, même affreux, que quelqu’un est aux commandes, que tout se passe comme prévu.

Il est d’autant plus agaçant de voir les belles âmes politiques et médiatiques se repentir en injures et moqueries sur les complotistes, quand ce sont précisément ces belles âmes qui fournissent au complot toutes ses armes. Quand le gouvernement enfile les perles sur le Covid-19, se ridiculise et ment sur les masques, le confinement, le vaccin, les commerces ou les élections, il sert le complotisme. Il est toujours plus flatteur de se battre à corps perdu contre les moulins à vent de « Big Pharma » que de bêtement accepter que nos gouvernants sont des nuls.

Quand Jeffrey Epstein ou Olivier Duhamel chutent, emportant dans l’abîme amis et puissants, c’est le complotisme qui gagne. Et ce sont leurs comportements immondes qui éloignent les honnêtes gens d’une vérité peut être plus dérangeante que les théories les plus farfelues.

Article écrit par Étienne de Solages

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