Le professeur Didier Raoult, tribun face à l’inefficacité jupitérienne ?2 min de lecture

Les guerres font naître de grands hommes, certains au détour d’une bataille, par un coup d’éclat, d’autres par leur abnégation dans la temporalité du conflit. Si la rhétorique martiale du Président de la République est critiquable par de nombreux points de vue, elle n’est pourtant pas dénuée de sens.

Un bon exemple est la figure du professeur Raoult. Vieux général un brin excentrique, raillé par sa hiérarchie, il agace en haut lieu par ses résultats, doublés d’une certaine désinvolture. Il apparaît dès lors comme un grain de sable dans la machinerie de l’Exécutif, pouvoir jupitérien, légitimé par les circonstances. L’action gouvernementale, néanmoins, est nulle. Nulle, car elle illustre la retraite de la politique, face à l’administration technocrate, basée ici sur deux conseils scientifiques, qui ont décidé de tout, reléguant les services de l’Etat à un simple bureau d’enregistrement. Pourtant, Bismarck arguait bien que la politique n’est pas une science exacte, elle n’est en fait qu’un moyen, les affaires de l’Etat entretenant des liens subtils avec la science. Le seul intérêt, dans le chef des décideurs, est d’éviter toute contestation – sous peine « d’obscurantisme », et surtout de s’extraire de tout échec éventuel découlant des décisions prises. Cela pourrait s’expliquer par un Président obsédé par sa cote de popularité, comme certains par leur coupe de cheveux…

Cette méthode présente in fine certains écueils, car des divergences existent parmi les doctes, ce qui explique des interférences décisionnelles, au sujet, par exemple, du rôle des masques, ou bien de licéité de la chloroquine. Carl von Clausewitz, célèbre théoricien stratégique, présentait la subordination du militaire au politique comme un enjeu de victoire. La santé peut prendre cette acception…

Le Professeur Raoult, ces derniers jours, a fait l’objet d’une récupération politique large, surtout à droite. N’étant pas en mesure de juger de l’efficacité de son traitement, je n’aborderai pas cet aspect. Dans une large partie de la population, ses sorties ont provoqué le soutien, peut-être en réaction à l’inefficacité gouvernementale. Faux espoirs, répondront les édiles de la Santé. Le jugement du Docteur Raoult, criant manquement de déférence, provoque une sympathie, par ceux qui se sentent eux-mêmes conspués, blâmés, ceux-là même qui attendent une figure qui fait défaut au sommet de l’Etat, celle de l’homme de confiance, bravant les embûches et les appareils pour faire triompher le bien commun. Le politique perdant son essence, la joute se passe maintenant dans les laboratoires. Le parler intempestif et creux de certains en est probablement la cause, le cours de cette crise illustrant bien les limites d’un pouvoir laissé à des hommes inexpérimentés. L’union nationale, réclamée et motivée, n’est en fait peut-être que le pansement qui dissimule la gangrène.

Augustin Willemot.

Article écrit par Auteur Ponctuel

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