Le Canon français : boire un canon pour défendre le patrimoine 4 min de lecture

C’est l’histoire de quatre amis qui aiment le vin. Cette histoire, qui pourrait être celle de n’importe qui, est devenue un beau projet et sera bientôt un succès. Ils ont eu l’idée de commercialiser du vin au service d’engagements qui leurs tiennent à cœur. L’Étudiant Libre a rencontré Pierre-Alexandre, le président associé, pour découvrir cette belle initiative

Les quatre amis se connaissent depuis leurs études. L’un est négociant dans le cacao, l’autre journaliste de terrain, le troisième négociant en vin et le dernier est dans le Conseil. À travers ces parcours très variés, ce qui les rassemble, c’est leur passion pour le vin. Ils visitent souvent des vignobles et organisent des dégustations ensemble. 

L’idée est de proposer aux gens un achat militant, d’aider à la fois le vigneron et une association dont le projet nous tient à cœur.

Une cuvée d’amis

Lorsqu’en mars dernier ils sont confinés, ils constatent comme tout le monde le problème qui se pose à beaucoup de producteurs en France. Evidemment, il se penchent surtout sur les vignerons et s’aperçoivent que malheureusement ils n’arrivent plus à vendre leur vin ; que certains parlent même de transformer le fruit de la vigne et de leur travail en gel hydroalcoolique. 

Ils décident alors de faire une cuvée d’amis. « Nous avons donc sélectionné ce vigneron, raconte Pierre-Alexandre. L’objectif est de choisir un vin, de l’acheter pour soutenir ce vigneron et de le revendre à notre entourage. » Les quatre amis choisissent donc leur vigneron, qui produit du Muscadet et lui achètent une cuve (ce qui représente plus de 1000 bouteilles). Il ne leur reste plus qu’à ajouter leur propre étiquette et à revendre toutes ces bouteilles. Pari réussi : « notre entourage a apprécié cette idée de soutenir un vigneron en dégustant un vin dont on connaît l’origine » poursuit-il. 

Nous le transmettons entre générations et c’est quelque chose qui nous relie. Nous le recevons, nous l’entretenons puis nous le transmettons.

Une « cuvée-cause »

Forts de ce succès, ils décident alors de développer le concept. « Nous avons alors eu l’idée de vendre des ‘’cuvées causes’’. L’idée est de proposer aux gens un achat militant, d’aider à la fois le vigneron et une association dont le projet nous tient à cœur ».

Le nom sera le Canon Français. Pourquoi ? « C’est à la fois le verre de vin et l’arme d’attaque ou de défense. C’est donc notre emblème puisque nous voulons avec lui défendre le patrimoine, la ruralité, ou plus encore nos valeurs et traditions françaises. »

Soutenir une projet

Rapidement, ils créent leur société afin de pouvoir se développer autant que possible et choisissent leur première cause : le patrimoine. Pourquoi celle-ci ? « Nous en sommes dépositaires, c’est quelque chose de physique. Le vin, nous allons le boire, la bouteille disparaitra alors que le patrimoine demeure. Nous le transmettons entre générations et c’est quelque chose qui nous relie. Nous le recevons, nous l’entretenons puis nous le transmettons. C’est donc ce symbole que nous avons choisi pour commencer. En plus, le vin c’est un patrimoine, la culture de la vigne c’est un patrimoine ». 

Reste à trouver l’association à soutenir. Dénichée au hasard d’un fil d’actualité, ce sera Arcade qu’ils contactent en juin dernier. Amaury, le président de l’association Arcade raconte ce partenariat : « nous avons tout de suite adhéré au projet pour commencer un partenariat avec eux. Nous avons la même ambition : allier le patrimoine vivant et le patrimoine historique. De plus, nous voulons tous les deux essayer de soutenir des gens qui peuvent être en difficulté : ils soutiennent des vignerons, nous des personnes qui ont du mal à entretenir leur patrimoine. »

Ils passent un week-end ensemble dans le monument qu’ils décident de soutenir : le fort de la Pointe de diamant. « Nous avons la même vision de l’action, continue le président d’Arcade, nous défendons des projets incarnés et vivants, et non pas abstraits qui se font sur internet. C’est pour cela que nous avons voulu nous rencontrer au fort. »

Une part des bénéfices de cette cuvée sera reversée pour l’association. « C’est un vrai soutien qu’ils nous apportent ainsi » les remercie Amaury au nom d’Arcade. 

 

Avec une cuvée spéciale

Il ne manque plus que le vin et donc le vigneron à trouver. « Nous avons été sous le charme à la fois de la personne et du vin. Nous travaillons en direct avec le producteur. Nous sommes allés le voir, nous lui avons présenté le projet et il a été séduit. » Les amateurs de vin laissent ensuite faire le professionnel pour confectionner la cuvée. « Nous choisissons, goûtons mais ensuite, c’est lui qui fait son métier. Nous essayons de lui imposer le moins de contraintes ; nous voulons aussi lui permettre d’exprimer son savoir-faire. »

Le vigneron, François Dubernard, présente la cuvée, « qui est faite autour d’un vin, classique et atypique en même temps. » Le vin choisi est ensuite commercialisé sous leur marque, avec leur étiquette. Cette première cuvée est intitulée « Gargouille ». Voir sa fiche technique

L’objectif est d’atteindre les 1500 bouteilles, mais il pourrait y en avoir plus en fonction de la demande. C’est un pari puisque les ventes ne durent que deux semaines, afin que le vin soit reçu avant Noël.

 

Un projet déclinable à l’infini

Et ensuite ? Les quatre amis ont évidemment l’ambition de proposer de nouvelles « cuvée-causes » par la suite, dans l’idéal 3 ou 4 dans l’année qui vient. Le but est aussi de varier les vins : proposer un Muscadet, un Côte du Rhône, voire un champagne ou un crémant pour Noël 2021. 

Le leitmotiv c’est la France. Il y a énormément d’entreprises mondiales mais nous voulons vraiment avoir une action locale, notre pays subit trop de crises.

Quant aux causes, elles changeront à chaque cuvée. Ce ne sera pas forcément le patrimoine. « Le patrimoine nous touche beaucoup mais il y a des choses à faire partout. Pourquoi pas demain soutenir l’éducation par exemple ? Les causes sont déclinables à l’infini ». 

De même, les produits commercialisés pourraient évoluer. « Nous pourrions proposer d’autres alcools, des spiritueux par exemple, de l’épicerie fine, du mobilier. Les produits sont aussi déclinables ». 

« Le leitmotiv c’est la France, résume toujours Pierre-Alexandre. Il y a énormément d’entreprises mondiales mais nous voulons vraiment avoir une action locale, notre pays subit trop de crises. »

Le Canon Français vendra donc des produits français, qui reflètent le terroir du pays et soutiennent des causes à son service.

Visiter le site ou commander la cuvée Gargouille.

Article écrit par Paul Guerry

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