La fête des lumières3 min de lecture

Le 8 décembre 2019 aura lieu pour la douzième année consécutive une montée aux flambeaux vers la basilique lyonnaise de Fourvière. 

L’organisation Lugdunum Suum, a l’origine de cette initiative souhaitée à travers celle-ci redonner au 8 décembre lyonnais son vrai sens identitaire et historique au contraire des animations de plus en plus aseptisées et commerciales proposées par la ville aujourd’hui. 

Le lien entre la vierge Marie et les lyonnais remonte au 2e siècle, lorsque saint Pothin, arrivant d’Asie mineure, trouva refuge dans une grotte à Lugdunum et y déposa un portrait de la vierge. Le culte marial ainsi fondé est perpétué à travers les âges. Au douzième siècle, une chapelle en l’honneur de la vierge est érigée sur la colline de Fourvière. Ce lieu devient alors un lieu d’adoration et de pèlerinage pour tous les lyonnais qui y montent régulièrement fin de demander à Marie son intercession. 

Deux événements marquants raffermissent le lien déjà fort entre la vierge et les lyonnais. 

En 1638, lorsqu’une violente épidémie de scorbut menace les enfants de l’hôtel dieu, une importante procession s’organise rapidement et monte vers Fourvière.

Le 12 mars 1643, craignant une nouvelle et meurtrière épidémie de peste, les échevins et les notables lyonnais montent à Fourvière pour supplier Marie de protéger la ville. Ils promettent alors d’organiser une procession annuelle vers le sanctuaire si la ville est sauvée. 

Lyon est épargnée, la procession est organisée et devient alors un moment marquant de la vie de la cité organisé tous les 8 septembre, fête de la nativité mariale et jour de la consécration de la ville à Marie. 

En 1852, le dévouement lyonnais à Marie prend un nouveau tournant. En effet, il était prévu le 8 septembre 1852 d’inaugurer la statue de la vierge érigée au sommet de La Chapelle construite en haut de la colline de Fourvière. Cependant, un incident dans l’atelier du fondeur repousse la date au 8 décembre suivant, fête de l’immaculée conception. 

Ce jour-là, des animations sont prévus mais une pluie torrentielle s’abat sur la ville. Mais à la tombée de la nuit, le ciel s’éclaircit. Alors, Selon un chroniqueur d’époque :« Tout à coup apparaissent à quelques fenêtres inconnues des lignes de feu… La ville s’était embrasée en un instant. Bientôt, il ne restait plus, sur la vaste étendue des quais, des rues, des passages ignorés et des cours invisibles, aucune fenêtre obscure. Les petits marchands, les clochers, illuminaient leurs baraques, leurs voitures et jusqu’aux bordures des trottoirs… Quelques feux de Bengale s’allumèrent sur les toits de la chapelle de Fourvière, la statue de la Vierge apparaît et la grosse cloche de Saint Jean, cet éloquent interprète des joies publiques, est lancée à toute volée. A huit heures, la population entière était dans la rue, circulant, paisible, joyeuse et attendrie. On se serrait la main sans se connaître, on chantait des cantiques, on applaudissait, on criait : « Vive Marie !  » Les étrangers n’en revenaient pas de leur surprise, et les Lyonnais, tout remplis qu’ils étaient de cette fête improvisée, se demandaient comment, en un instant, une population de trois cent mille âmes avait pu être saisie de la même pensée ».

C’est ainsi que L’événement d’une nuit devient une institution. Les illuminations de 1853 sont préparées avec attention. Quant à celles de 1854, elles sont un triomphe, car elles coïncident avec la proclamation par le Pape, à Rome, du dogme de l’Immaculée Conception. Les Lyonnais avaient la fierté des précurseurs.

Au début du 20e siècle, les anticléricaux lyonnais mènent la vie dure au culte catholique. Ils soutiennent les écoles d’État, les associations laïques, les fêtes et cérémonies indépendantes de la religion catholique. Ainsi, les quotidiens anticléricaux rabaissent dès cette époque à de « petites manifestations de quartiers » la fête du huit décembre, insistant plutôt sur son caractère récréatif et commercial. Les structures anticléricales organisent également des contre-manifestations au début des années 1900, troublant les processions religieuses du 8 décembre. En 1903, au plus dur de l’opposition entre catholiques et athées, des combats entre manifestants ont même lieu, faisant un mort.

Depuis, chaque année, le soir du 8 décembre, les Lyonnais illuminent leur ville et montent vers la basilique de Fourvière construite a posteriori pour la fête de l’Immaculée Conception.

Symbole de résistance mais aussi de tradition et de grandeur, nous voulons redonner à cette fête son caractère centenaire et historique face à la perversion des animations commerciales et dénaturées proposées aujourd’hui. 

Face au 8 décembre cosmopolite et aseptisé, retrouvons le 8 décembre lyonnais et enraciné.

Le 8 décembre 2019, l’organisation Lugdunum Suum organisera pour la douzième année consécutive une montée aux flambeaux vers la basilique lyonnaise de Fourvière. Elle souhaite à travers celle-ci redonner au 8 décembre lyonnais son vrai sens identitaire et historique a l’inverse des animations de plus en plus aseptisées et commerciales proposées par la ville aujourd’hui. 

Article écrit par Auteur Ponctuel

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