George Sand et Alfred de Musset, l’idylle impossible3 min de lecture

La Mare au diable et Lorenzaccio en disent long sur la subtilité et le génie littéraire d’Alfred de Musset et d’Aurore Dupin alias George Sand. Les cerces littéraires et les passionnées des petites histoires s’émerveillent devant la passion tumultueuse de ces deux êtres attachés aux lettres et aux aventures funestes. 

   Passionnelle, telle est l’idylle d’Alfred et de George. Il faut s’imaginer le Paris au début de la Monarchie de Juillet. Le Paris sorti des barricades et marqué par le contexte politique cristallisant. Il faut revenir sur la publication à foison des livres dits romantiques, sur l’essor des tableaux de Delacroix et de Courbet et sur les dîners mondains où artistes, politiques et aristocrates se côtoient. On dit couramment que «Paris est un fête» ; cela est si vrai en ce XIXe siècle où la force des choses fit rencontrer deux écrivains à l’aune de leurs plus grands chefs d’oeuvre. 

  Lui se démarque par sa prestance, son nez aquilin et ses yeux bleus. Elle par sa beauté exotique caractérisée par de longs cheveux noirs, des yeux en amande et un regard aussi sombre que mélancolique. 

   Tout se joua le 17 juin 1833 lorsqu’à un diner organisé par le rédacteur en chef de la Revue des deux Mondes, Sand fit la rencontre de Musset. Les deux s’adressent la parole, se regardent et glosent sur Louis-Philippe. Très vite, le Dom-Juan Musset loue la vivacité d’esprit de Sand; cette femme là est différente des autres. 

   Deux amants, deux écrivains 

   Une lettre détermine leur sort. « Mon cher George Sand, j’ai quelque chose de bête et de ridicule à vous dire: je vous aime » écrit Musset. Si tôt, la concernée s’enthousiasme et se laisse porter par ses sentiments davantage passionnels que rationnels ( Sand était mariée). Le 29 juillet, ils deviennent amants, passent leur nuit dans des appartements parisiens à goûter les plaisirs de la chair et de l’écriture. 

   Deux ans avant le début de cette liaison, Sand avait publié Rose et Blanche et Musset une comédie A quoi rêvent les jeunes filles. Les deux se font un nom dans le milieu littéraire parisien. Ils écrivent, s’acharnent sur leurs feuilles blanches, rêvent de gloire et s’encouragent mutuellement. Musset apprécie l’audace et la plume populaire et vivace de Sand. Elle, félicite la rigueur stylistique de son amant. 

  Décidant de voyager avec Musset, Sand demande à son éditeur une avance de quatre mille francs. L’Italie est choisie, nouvel eldorado pour ces amants d’un jour. 

    Tromperie vénitienne 

   Ce périple, si attendu, devient vite chaotique. George attrape le fièvre et la dysenterie laissant ainsi Alfred flâner dans les rues vénitiennes à l’affut des beautés italiennes, tout en s’adonnant à son plaisir destructeur pour l’alcool. Très vite, il tombe malade et fait appel à un docteur Pietro Pagello. Celui-ci s’éprend de Sand. Incapable de contrôler ses passions, elle cède. La vérité éclate, Alfred décide de ne plus revoir les deux amants.

   La force des lettres

    Malgré cette déception, Musset maintient une correspondance avec Sand. Comme dans les plus grands romans ou les plus grandes tragédies, Musset et Sand pensent qu’ils sont faits pour s’aimer et se déchirer. Le 17 août 1834, les deux écrivains se revoient et admettent les erreurs du passé qui ont d’ailleurs poussé Sand au suicide. Craintifs de se relancer dans une aventure tumultueuse, ils décident de ne plus se revoir. Néanmoins le  20 octobre 1834, ont lieu des retrouvailles. Leur relation, toujours sous l’emprise de la déraison et de la passion, devient invivable si bien que Musset quitte une nouvelle fois sa brune. Désespérée, Sand coupe ses longs cheveux et les envoie à son « petit Alfred » en espérant qu’il réagisse. 

    Emu et profondément touché par l’amour quasi-maternel que porte Sand pour lui, Musset retrouve son amante de juillet le 14 janvier 1835. Peu à peu, Sand admet l’impossibilité et la dangerosité de leur amour. Elle rompt alors avec celui qui quelques années plus tôt avait écrit « On ne badine pas avec l’amour ». 

  La petite histoire dans la grande histoire ? 

  George Sand est connue pour ses passions et ses amants ( Frédérique Chopin fait partie de la longue liste !). Néanmoins, il est certain que cette idylle entre Sand et Musset marqua les deux auteurs mais aussi leurs écrits. Dans Lettre d’un voyageur, Musset s’inspire des moments de tendresse passés avec Sand. Quant à elle, elle publie quelque temps après la mort de son ancien amant Elle et lui, véritable hommage à leur amour perdu.

Article écrit par Adélaïde Barba

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