Génération jaune et rose4 min de lecture

 

Il y a un an, la France en jaune, celle des périphéries et des oubliés se lançait à l’assaut des ronds-points nationaux pour faire entendre sa voix. Il y a six ans, la France bleu-blanc-rose se transformait en une armée à l’assaut des travées parisiennes pour s’opposer à l’eugénisme d’Etat. Les premiers furent le pire cauchemar du pouvoir en place, paralysant le pays et poussant ainsi le gouvernement, couteau sous la gorge, dans ses derniers retranchements matériels et politiques. Les seconds, à l’heure du débat sur la PMA et après plusieurs années de combat, ont lancé une énième vague de mobilisation générale, fructueuse numériquement parlant.

 

Bien que leurs batailles semblent différentes, ces deux Frances se dressent, non pas contre de simples lois, mais bien en opposition au système mondialiste libéral-libertaire qui détruit campagnes et familles.

 

Leurs différences sont criantes. Pour les uns, le gilet jaune, la mythique 205, les ronds-points provinciaux au mois de décembre et les fins de mois en dent-de-scie. Aux seconds les bottines, le pantalon rouge, les drapeaux roses à la main et les marmots en bandoulière, bravant fièrement les artères parisiennes. Au-delà de simples considérations, frôlant à peine la caricature, le constat est simple : ces deux Frances là représentent les conséquences variables d’une mondialisation débridée. 

Les premiers, enterrés et refoulés depuis des décennies incarnent parfaitement le camp des perdants de celle-ci. De fait, tout les sépare de la nouvelle élite aux commandes, déracinée, mondialisée et héritière de Mai 68. Études, mode de vie, choix politiques divergent parfaitement symbolisant ainsi une France à deux vitesses: celle des périphéries face à celle des métropoles, la France des hangars face à la France des airbnb, la France des tracteurs contre la France des trottinettes électriques. 

A l’inverse, les seconds partageant mode de vie, études et quartiers des oligarques mondialisés, sont économiquement gagnant d’une telle mécanique globalisée. Bien qu’en bénéficiant matériellement, ils ne peuvent en ignorer les dérives eugénistes et libertaires. De fait, le père de famille nombreuse, plutôt bourgeois, Manif Pour Tous-compatible, passe, bien malgré lui, dans les camps des perdants d’un tel régime quand, par cohérence, il bat le pavé un dimanche après-midi pour dénoncer l’inacceptable.

 

Dans la continuité de leurs différences sociales, deux stratégies de contestation, permettent de révéler un peu plus l’identité de ces deux tribus dissidentes. Force est de constater l’efficacité avérée d’une d’entre elles. 

 

Les premiers ont choisi d’aller chercher le pouvoir chez lui, sur ses terres, sous ses fenêtres, ils ont compris que ce pouvoir républicain ne craint rien sinon la force. Cette force d’intimidation, de détermination et de mobilisation a fait frémir les citadelles du pouvoir républicain. De fait, l’usage de la violence, critiqué par bourgeoisisme moral, a gagné ses lettres de noblesse de par ses résultats. Certes bien trop faible, l’augmentation du smic, fille de cette contestation violente, parle d’elle-même. Castaner, Macron et leurs CRS n’ont pu que constater que les gaz lacrymogènes, les nuits aux postes et les coups de matraques n’ont pas effrayé ces irréductibles. Fidèles à l’héritage gaulois ils ont compris que le pouvoir appartient à celui qui gueule le plus fort et le plus longtemps. 

A l’inverse, la France des discours et des pétitions pro-vie, a choisi la contestation de masse pacifique, persuadée que drapeaux roses et sourires enfantins renversaient ainsi les canons eugénistes. De fait, ces mobilisations furent une réussite numérique, plus grosses manifestations depuis le projet de loi sur l’École Libre, la victoire semblait donc acquise. 

Oui mais voilà, le trône élyséen ne tremble guère devant ce qui ressemble plus à un       bottin-mondain national qu’à un cortège enragé et déterminé. Par honnêteté, il s’agit tout de même de souligner l’excellent travail de lobbying réalisé par ce mouvement repoussant au maximum les futures lois détruisant familles, filiation puis conception. 

Deux formes de contestation différentes, une victoire d’une instant et une force d’opposition s’inscrivant dans le temps long semblent ainsi être nés. Bien que ces deux mouvements soient louables, force est de constater que le premier a fissuré le pouvoir, le faisant trembler comme rarement, tandis que le second s’est attiré le mépris médiatique, politique et social.

 

Ces deux France, celle de Jordan Bardella et celle de Philippe de Villiers, celle de Versailles et de Vesoul, sont politiquement liées malgré des identités sociales très différentes. De fait, elles remettent en cause et s’opposent au mondialisme libéral-libertaire pour diverses raisons. Les uns car ce système économique les écrase et marginalise, les autres car cette philosophie permet la naissance de la marchandisation du corps humain et la destruction du modèle familial historique. Quand les agriculteurs demandent un localisme économique, les manifestants du dimanche souhaitent une société respectueuse de la vie de sa conception charnelle à sa mort naturelle : deux aspects d’un enracinement civilisationnel à la fois économique et social. 

Leur convergence ne doit pas se faire dans le cadre d’une banale stratégie électorale mais bien par cohérence morale face au mondialisme libéral-libertaire qui tue campagnes et familles afin de maximiser bénéfices et valeurs ajoutés. Le monstre n’a qu’une seule tête mais bien deux jambes. Il s’agit de l’anéantir avec la meilleure arme  possible qui sera le grand compromis réunissant la France du travail et la France des familles . 

Au-delà de cela, ce n’est pas une réunion d’intérêt qui doit pousser ces deux forces à s’unir mais bien une philosophie commune pour la construction d’un avenir commun via la protection et le fleurissement des entités sociales classiques (famille, culture,travail…). 

 

Cette convergence des luttes, sera pour notre génération ou elle ne sera pas. Elle se fera sous des formes différentes passant outre cortèges et partis politiques actuels ou nous perdront tout espoir de renouer avec le pouvoir. La droite française n’attend pas l’homme ou la femme providentielle mais bien une masse de révoltés. La voici, les militants sont là. Pour rêver grand il faudra encore une fois passer outre le bourgeoisisme et la sectarisme politique des          La Rochère, Jacob, Le Pen et autres Dupont-Aignan pour (re)former un Bloc National et ainsi ne plus subir un progressisme ultra-agressif. La mort des Républicains et le débranchement programmé de Marine Le Pen, malgré de bons et loyaux services, sont porteurs d’espoir pour l’avenir. Si notre génération veut gagner et reprendre le pouvoir elle doit être le moteur de cette grande coalition.

 

L’histoire semble se répéter. Hier les gens armés de fourche et de sabot venaient chercher Charette face à la vague bleue, aujourd’hui les gilets jaunes montrent la voie de l’efficacité à une armée massive mais pacifique. Notre génération sera jaune et rose ou elle ne sera pas.

 

Arthur Perrier

 

Article écrit par Arthur Perrier

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