Comment les médias nous manipulent (et comment ne plus se faire avoir)7 min de lecture

« Mon inquiétude devant le journalisme actuel, c’est l’état de surexcitation nerveuse dans lequel il tient la nation. Aujourd’hui, remarquez quelle importance démesurée prend le moindre fait. Quand une affaire est finie, une autre commence. Les journaux ne cessent de vivre dans cette existence casse-cou. » Émile Zola, Figaro du 24 novembre 1888

« Ceux qui ne lisent pas la presse ne sont pas informés. Ceux qui la lisent sont manipulés » Mark Twain

« Il ne fait aucun doute que Saddam Hussein possède des armes biologiques et la capacité de produire rapidement plus, beaucoup plus » Colin Powell, Secrétaire d’État américain, 2003

Les médias d’aujourd’hui ont quelque chose de désespérant : parti pris systématique, malhonnêteté chronique, manipulation tendancieuse.

Je me propose de montrer que cette tendance n’est pas nouvelle, parce que les médias sont parties prenantes d’un système qui biaise fondamentalement l’information ; avant de partager quelques techniques pour ne plus se faire avoir.

Les médias dans l’Histoire ou la constante de la variable commerciale

Le média de masse est relativement nouveau, puisqu’il apparait dans les sociétés industrielles, dont le développement et l’accroissement des richesses ont permis une hausse du niveau de vie moyen, l’alphabétisation, et par conséquent la constitution d’une opinion publique. Le premier grand événement traité fut sans doute l’affaire Dreyfus à la fin du XIXe, synonyme d’âge d’or du premier grand média : la presse.

Auront par la suite leur heure de gloire : la radio, puis la télévision et le cinéma, aujourd’hui les réseaux sociaux.

Il ne faut jamais perdre de vue qu’un journal, et tous les médias, sont des entreprises commerciales, dont le but principal est de se vendre, et de vendre de la publicité à ses annonceurs. Un ancien patron de TF1, P. Le Lay, l’avait dit d’une façon que chaque téléspectateur pourra apprécier : « Ce que nous vendons à Coca, c’est du temps de cerveau humain disponible ».

Très souvent, le sensationnel et le frivole sont ainsi privilégiés aux sujets de fond, trop pessimistes et donc trop peu vendeurs. Le cirque médiatique est entretenu de façon permanente par des sujets aussi intéressants que les états d’âme des princesses d’Angleterre et des joueurs du PSG, la découverte d’un 42e sexe humain, etc.

Il ne faut pas se leurrer : le phénomène n’est pas nouveau. La presse du début du XXe siècle a fait ses choux gras du naufrage du Titanic, de la malédiction de Toutankhamon qu’elle a inventée de toute pièce : ça fait vendre ! Les tabloïds et la presse people se gargarisent depuis des décennies des frasques des célébrités qui, il faut bien le dire, peuvent quand même être très drôles.

Au surplus, il est tout à fait savoureux de voir que pour chaque personnalité annoncée morte, une nécrologie de 10 pages est en ligne dans la minute -un peu comme les “First !” youtube- : on imagine les auteurs, non seulement très fiers d’eux, mais trépignant interminablement, eux qui ont préparé leur coup depuis des mois, voire des années. On fait consensus : pas question de dire du mal du défunt, ou même de se risquer à la moindre critique. Chirac vivant était Supermenteur, défunt il est canonisé hic et nunc à l’unanimité. Ce pauvre Bernard Tapie a lui d‘ores et déjà été annoncé 3 fois mort, gageons qu’il aura lu avec intérêt ses nécros.

Le média comme instrument politique : les intérêts du média sont ceux de son propriétaire

L’excellent documentaire Les Nouveaux Chiens de garde a à peu près tout dit sur le sujet : 80% des médias français sont détenus par 9 milliardaires, tous proches du pouvoir !

Chacun aura pu constater que pendant les dernières élections présidentielles, un candidat en particulier a fait toutes les unes pendant des semaines.

À l’évidence, ces gens-là n’ont aucun intérêt à publier des informations allant contre leurs intérêts. Quoi de plus logique ?

Mais la collusion à tous les étages des élites françaises pose un vrai problème d’indépendance de l’information. Journalistes, milliardaires et politiciens ont tous fait les mêmes écoles, pensent tous la même chose et se retrouvent tous à dîner au Siècle, quand ils ne se marient pas entre eux. Une telle collusion n’est pas acceptable en démocratie, pas plus que les millions d’aides publiques accordés aux grands médias, y compris à des torchons comme l’Humanité -qui a pleuré la mort de Staline – ou Libé – qui a un rapport plus qu’ambigu à la pédophilie.

À la télévision et à la radio, les journalistes censés être neutres sont en fait juges et parties, et globalement tous de gauche. Leurs invités, constamment interrompus, sont des prétextes pour faire passer leurs propres idées. Souvent, ils n’ont jamais travaillé de leur vie en entreprise, passent leur temps à donner de leçon de morale, à blasphémer et à se foutre du Français moyen, à promouvoir l’inclusion et toutes les autres lubies nées dans les universités américaines par opportunisme pour leur propre carrière, et l’on s’aperçoit que des dizaines d’entre eux ont créé en sous-main « une ligue du lol » sur Facebook pour insulter et harceler leurs collègues femmes.

Cette bien-pensance de gauche s’est imposée par la violence et le chantage au fascisme, et comme la droite a été assez bête pour s’écraser et avoir honte d’elle-même, la gauche a pris le pouvoir de façon très gramscienne dans les médias, les universités et la culture en général. Elle a imposé sa vérité, censuré ou tourné en dérision tous les faits qui pourraient lui donner tort.

Quand les faits donnent tort aux idéologues de gauche -ce qui ne manque pas d’arriver de façon régulière- ceux-ci se réfugient derrière des accusations de complotisme, et hurlent à la fake news, en oubliant qu’eux ont nié le cancer de Mitterrand, Mazarine, le nuage de Tchernobyl arrêté à la frontière, et les réseaux de pédophiles organisés dans leurs rangs.

Comme dans Orwell, tout est retourné : le mensonge est devenu la vérité, et l’ignorance le savoir. Les plateaux télé regorgent d’« experts » : Minc, Attali.. – dont beaucoup ont des intérêts dans le privé. Mention spéciale pour le génie de BFM qui, lors d’une manifestation de gilets jaunes, avait cru voir « un drapeau avec des fleurs de lys, qui illustre la monarchie et la volonté d’un retour du roi » … en parlant du drapeau de la Picardie !

Comme dans Orwell, le moyen utilisé est la destruction du vocabulaire et la constitution d’une langue simplifiée à l’extrême : la novlangue. On pourrait dresser des listes entières de mots qui ne veulent plus rien dire : racisme, controversé, complotisme, valeurs de la république, antifascisme, vivre-ensemble, populisme. Le nationalisme est glorifié pour le Tiers monde mais maudit en France. On dénonce le racisme, mais jamais le racisme anti blanc et les profanations d’églises. Tout le temps l’extrême-droite, pour mieux taire les méfaits de l’extrême-gauche.

Mais il apparaît que les faits (immigration, mondialisation etc) donnent tort à la gauche, que le joker du racisme/ fascisme ne leurre plus personne, que la droite se réveille et qu’elle est en train de reconquérir le terrain perdu, pour le meilleur et pour le pire : Zemmour, Finky, Rioufol, Menard, d’Ornellas etc. Cnews est devenu l’anti BFM et, quand Bolloré aura aussi racheté Europe 1, ce que Macron fait tout pour éviter, elle aura son équivalent à la radio.

Le cocktail des deux : une arme redoutable

Résumons-nous à ce stade :

-la majorité des médias sont détenus par des milliardaires pour qui l’information est un produit commercial comme un autre. A l’occasion, elle peut aussi être un moyen de faire passer leurs propres intérêts et ceux de leurs relations.

-la gauche a vu l’importance idéologique de l’information, qu’elle a façonné à son intérêt, jusqu’à définir qui était fréquentable et quoi était politiquement correct. Mais voilà qu’aujourd’hui ses leçons de morale et ses certitudes lui sont renvoyées en plein dans les dents, tant sa vision idéologique n’a rien à voir avec la réalité.

-un paradigme moderne est la dictature du court-terme (dont les réseaux sociaux sont une cause et une conséquence) qui préfère l’émotion à l’instant t à la réflexion de long terme.

C’est ainsi qu’en additionnant intérêt financier, idéologie, collusions du privé avec le pouvoir politique et dictature de l’émotion, on obtient cette arme redoutable, ce cocktail qui est le grand mal des sociétés modernes : la fabrication du consentement et la manipulation des masses

Citation du père de la propagande moderne, neveu de Sigmund Freud en personne, et accessoirement l’homme qui a fait fumer les femmes :

« La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société́ démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays. Nous sommes pour une large part gouvernés par des hommes dont nous ignorons tout, qui modèlent nos esprits, forgent nos goûts, nous soufflent nos idées. C’est là une conséquence logique de l’organisation de notre société démocratique. Cette forme de coopération du plus grand nombre est une nécessité pour que nous puissions vivre ensemble au sein d’une société au fonctionnement bien huilé » – Edward Bernays, Propaganda, 1928

 En 1990, les médias américains -repris par le monde entier- ont annoncé que les soldats irakiens de Saddam Hussein avaient tiré des bébés de leur couveuse pour les massacrer ; plus tard que Saddam avait des armes de destruction massive prête à l’emploi.

Ces informations ont déclenché une double intervention militaire américaine au Moyen-Orient (1e puis 2e guerre du Golfe) avec les conséquences suivantes : apocalypse dans cette région du monde, création du califat, massacres de civils et des chrétiens d’Orient -jadis protégés par les dictatures mais dictatures laïques.

Et ces informations étaient fausses. Les USA ont menti pour justifier des interventions inutiles et dirigées par des incapables. Était-ce pour le pétrole ? Pour le prestige militaire ? En tout état de cause, les résultats sont là.

C’est un exemple parmi tant d’autres de désinformation. Vladimir Volkoff la définit comme « une manipulation de l’opinion publique à des fins politiques avec une information traitée par des moyens détournés ».

Une photo n’est jamais une preuve, puisqu’elle se retouche. Voir la photo Staline/ Iejov (l’ancien chef du NKVD tombé en disgrâce), si ça a été fait dans les années 50, que peut-on faire avec les moyens d’aujourd’hui ?

Voici 5 critères absolument fondamentaux pour déceler la désinformation

->l’information présentée a-t-elle un enjeu ?

->tous les médias disent la même chose

->les médias sont manichéens (prise de position sans nuances)

->un seul (ou quelques) aspect d’un thème est traité

->mise en avant de faits susceptibles de susciter l’émotion

C’est une grille de lecture qu’il faut appliquer quotidiennement, pour ne plus se faire avoir par plus fort que soi. Il est particulièrement glaçant de constater que la plupart des sujets récurrents dans les médias (réchauffement climatique, violences policières, féminisme, migrants etc) cochent toutes les cases…

Retrouver sur Youtube – et leurs blogs – de vrais experts (liste non exhaustive !)

-politique : B. Antony, M. Bock Coté, L. Obertone, TV libertés, Sud Radio

-économie : Institut des Libertés, G. Giraud

-fiscalité/ dépenses publiques : Contribuables Associés, C. Prats

-géopolitique : A. Del Valle, JB. Noé (idl), A. de Lacoste -sur l’Afrique : B. Lugan

-le climat et l’énergie : JM. Jancovici

-dérives des réseaux sociaux et de la pub : Le Roi des rats, Un Créatif

« Bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés, ils deviennent des sujets » A Sauvy

Crédit photo : https://maroc.mom-rsf.org/fr/

 

 

 

Article écrit par AlexeïR

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