Tribune – Portrait discordant d’une imposture : le féminisme contemporain4 min de lecture

Suite au récent remaniement ministériel faisant entrer Gérald Darmanin à l’Intérieur et Éric Dupond-Moretti à la Justice, certains journaux nous ont offert un bien triste spectacle : celui de relayer la parole d’une minorité qui se constitue une nouvelle fois en tribunal populaire (ou plutôt stalinien) et de juger un accusé déjà coupable avant son procès. Les tribunaux populaires ou arbitraires oublient souvent que tous les justiciables ont le droit d’être défendus et qu’un justiciable est innocent jusqu’à ce qu’il soit déclaré coupable. Que ce soit Gérald Darmanin, Patrick Balkany ou Abdelkader Merah. Cette vaste entreprise de destruction de nos institutions ne tombe pas du ciel : elle s’inscrit au sein d’un véritable combat idéologique et s’exteriorise de manière disruptive à travers une logorrhée malsaine adoptée par les nouveaux mouvements féministes, devenue habituelle et relayée d’une manière assez complaisante par les médias grand public. Ce mouvement s’inscrit contre les valeurs de la République et contre ce qui fonde nos démocraties occidentales : les libertés individuelles. Parmi les droits individuels que les citoyens possèdent et qui sont indépendants de toute autorité sociale ou politique, on trouve la garantie contre tout arbitraire. Benjamin Constant, intellectuel français libéral, ajoutait même qu’ « aucune autorité ne peut porter atteinte à ces droits, sans déchirer son propre titre » (De la souveraineté du peuple, 1815). La liturgie néo-féministe s’établit alors contre le droit et les libertés individuelles. Oui, dans une démocratie digne de ce nom, Darmanin, Fillon, Balkany, l’ex-secrétaire d’Etat George Tron ou encore Norbert Marot, mari de Jacqueline Sauvage abattu de trois coups de fusil dans le dos par son épouse, ont le droit d’être défendus. L’idéologie néo-féministe (ou féminisme contemporain) est ainsi une forme de « pensée » (le mot requiert ici des guillemets) simpliste dont le credo binaire tient dans une seule affirmation, à savoir « L’homme est coupable de tout et la femme est son éternelle victime », et qui se transforme peu à peu en une misandrie stupide relevant du trouble psychique.

Neo-feminists are trash

Entre refoulement, névrose, exhibition, course à la provocation, vulgarité, adresses bêtasses à son vagin ou son utérus, l’essentiel du discours néo-féministe se concentre désormais sur les questions sexuelles : culture du viol, conduites sexuelles, prostitution, idéologie du genre, pénétration hétérosexuelle assimilée à du viol, hétéro-phobie, genre grammatical, fixation sur les parties génitales masculines (le prétendu « manspreading »), #Metoo, #BalanceTonPorc, etc., la liste est sans fin. Cette fixation sur des questions systématiquement triviales et ces oppressions inventées de toutes pièces mettent en évidence le marécage psychique, sur fond de narcissisme et de régression infantile, dans lequel le nouveau féminisme patauge désormais sans relâche. Elles démontrent aussi à quel point le féminisme occidental est devenu une cause morte.

Le combat féministe n’a plus lieu d’exister en France

Ce féminisme zombie n’est rien d’autre que l’exacte mise en œuvre du féminisme radical prôné par Catharine McKinnon, universitaire et militante féministe, quand celle-ci déclarait il y a quarante ans : « La sexualité est au féminisme ce que le travail est au marxisme. Comme le travail, la sexualité et son expression moulent, dirigent et organisent la société en deux classes : les femmes et les hommes. Cette division représente le fondement même de toutes les relations sociales » (Toward a Feminist Theory of the State, 1989). Tous ces délires à base d’obsessions sexuelles névrotiques et de néo-marxisme appliqué à la guerre des sexes (qui s’est substituée à la « lutte des classes » qui n’a jamais vu le jour) sont donc résumés dans cette formule. Ou comment une véritable régression philosophique et anthropologique s’est grimée en pseudo « courant de pensée » et pseudo révolution : le néo-féminisme n’est en définitive qu’une imposture intellectuelle – imposture qui ose en plus embrigader toutes les femmes dans ses discours essentialisants et rabaissants. Ainsi, s’il fallait une seule preuve montrant que les luttes féministes n’ont plus lieu d’exister en France, en voici une.

Quand le néo-féminisme se conjugue avec le racisme

Si certaines militantes s’arrêtent à la désignation du « mâle », d’autres vont plus loin et n’hésitent pas à désigner le « mâle blanc » comme coupable de tous les maux de la société. Dans les milieux journalistiques et politiques marqués à l’extrême-gauche, la misandrie pathologique du néo-féminisme se conjugue avec un racisme anti-blanc totalement décomplexé, qui est d’autant plus présent sachant qu’il n’existe pas officiellement et qu’il est volontairement ou involontairement invisibilisé par les pouvoirs publics. Par son invisibilisation par les pouvoirs publics et sa banalisation dans certaines déclarations faites au public (utilisation à outrance de la fameuse formule du « mâle blanc de plus de 50 ans »), le racisme anti-blanc s’institutionnalise dangereusement. Maispuisque le racisme anti-blanc n’existe pas, il ne peut y avoir d’actes ou de propos racistes tournés contre les blancs, ni de racistes anti-blanc. CQFD. Il est fort regrettable que des organisations âpres et virulentes comme Génération identitaire soient les seules à militer activement contre un phénomène que tout le spectre politique devrait unanimement combattre.

Puisque l’islam radical n’est jamais loin quand on a besoin de lui pour porter des coups contre les démocraties occidentales, un média d’Etat turc pro-Erdogan avait accordé en avril 2019 une tribune à la militante afroféministe Rokhaya Diallo, qui avait qualifié de « virus » ce qu’elle nomme « le privilège blanc ». Il n’y a plus qu’à remplacer le mot « blanc » par « noir » ou encore « juif » pour constater la violence de ses propos. Nos chers « castors » si vigoureusement attachés aux principes républicains lors de chaque élection ont sûrement dû prendre congé lorsque cette figure si influente et médiatisée qu’est Rokhaya Diallo a écrit cette tribune haineuse, sans aucune gêne, pour un journal contrôlé par un tyran. Mais une véritable prise de conscience du danger se fait sentir depuis les manifestations illégales menées par Assa Traoré, nouvelle figure de proue des forces obscures et agitatrices qui sont à l’œuvre pour semer la division dans la société et le trouble dans les esprits.

Cette entreprise de destruction a ainsi en son cœur une haine dirigée contre le blanc, mais aussi contre le mâle, puisque le néo-féminisme et le décolonialisme indigéniste – en tant qu’entreprise de destruction méthodique et sournoise de nos libertés fondamentales – se conjuguent pour constituer ce puissant et dangereux vecteur de substitution de cette lutte des races et des sexes sur une lutte des classes qui n’a jamais eu de traduction concrète dans la réalité.

Article écrit par Germain Kuen

Étudiant à l'Université Paris Dauphine. Auditeur à l'Institut de Formation Politique.
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