Tribune : Marseille, Tarascon, Carpentras : la droite provençale est-elle la plus bête de France ?3 min de lecture

Marseille, Tarascon, Carpentras : la droite provençale est-elle la plus bête de France ?

Jeudi 9 juillet dernier, Joël Guin, maire Divers Droite de Vedène – une commune vauclusienne d’un peu plus de 11 000 âmesétait élu à la présidence du Grand Avignon. L’originalité de ce scrutin tenait au fait que le LR comme RN avaient soutenu la candidature de l’édile vedènais, lui permettant d’obtenir 39 voix contre 29 pour Cécile Helle, maire PS de la cité des papes. Preuve était faite que lorsque la droite savait dépasser des considérations partisanes stériles, elle pouvait s’imposer face à la gauche et diriger un exécutif local.

Seulement, si cette victoire n’a été possible que par le succès d’une union des droites, chez les états-majors du RN comme des LR, on assurait que cette alliance n’était que le fruit d’une entente locale de circonstance qui ne devait en aucun cas se répéter sur le reste du territoire.

Leurs affirmations se sont confirmées, comme en ont témoignés les résultats des élections municipales dans de nombreuses villes de Provence, qui ont été le théâtre de situations ubuesques. La droite a laissé échapper plusieurs communes, qui ne demandaient pourtant qu’à être cueillies.

À Marseille d’abord, la droite était divisée entre les listes Vassal, Ravier et Gilles. Majoritaires dans les urnes, elles se sont retrouvées mises en minorité par la gauche au troisième tour. Pour rappel, la candidate de l’union de la gauche, Michèle Rubirola, disposait de 42 voix au conseil municipal de la ville. Martine Vassal (LR) pouvait compter sur 39 voix, Stéphane Ravier (RN) 9 et Bruno Gilles (LR dissident) 3, sachant que la majorité absolue était de 51 voix. Samia Ghali, sénatrice ex-PS des Bouches-du-Rhône et implantée dans les quartiers du nord de la ville disposait de 8 voix, ayant remporté la mairie du huitième secteur.

Le bon sens et les proximités idéologiques auraient voulu que Michèle Rubirola s’allie à Samia Ghali et que Martine Vassal cherche à rallier Bruno Gilles, tout comme Stéphane Ravier. Pourtant, peur et fausse pudeur ont conduit le groupe LR à la mairie à essayer de rallier les voix de Samia Ghali, plutôt que de saisir la main tendue du sénateur Ravier. La droite a ainsi abandonné la ville à une coalition de la gauche « pastèque » et sectaire. Pour Martine Vassal, il semble qu’il valait mieux perdre que de s’allier à Stéphane Ravier, qui a par ailleurs recueilli les suffrages de 20% des Marseillais !

Toujours dans les Bouches-du-Rhône, Tarascon a également été l’objet d’une lutte délirante et vaine entre les différents partis de droite. Aux élections municipales de 2014, la candidate du FN, Valérie Laupies, manquait de peu de s’installer à l’Hôtel de ville. De même, aux élections législatives de 2017, elle était à deux doigts d’accéder au second tour face à la candidate LaREM de sa circonscription.

À Tarascon, Valérie Laupies était largement majoritaire. Directrice d’école et solidement implantée dans la cité de Tartarin, elle pouvait raisonnablement espérer l’emporter en 2020. C’était sans compter son choix, à l’issue de son échec aux élections législatives, de rejoindre Nicolas Dupont-Aignan et de participer à la construction des Amoureux de la France. Bien que Valérie Laupies ait quitté le FN, ses convictions et l’amour qu’elle porte à son pays et à sa ville étaient eux restés intacts. Mais pour diverses raisons personnelles, le RN a décidé de présenter un candidat à Tarascon, Jean-Guillaume Remise. Valérie Laupies et le camp national ont été ainsi privés d’une victoire potentielle, laissant la ville à un maire centriste.

Plus au nord, à Carpentras, la configuration politique était une combinaison des cas marseillais et tarasconnais. Comme Valérie Laupies, le représentant du RN local, Hervé de Lépinau, a régulièrement manqué de peu la victoire au second tour. Ses échecs ne peuvent pas être systématiquement imputés au maintien d’un candidat LR. Il n’en demeure pas moins que les élections municipales de 2020 ont encore privé la droite d’une victoire à Carpentras. Le candidat de l’union des droites, Bertrand de la Chesnais, n’a manqué que de quelques voix pour remporter la mairie. Le maire socialiste sortant obtenait 46% des voix au second tour. Claude Melchior, candidat LR récoltait 15%, un score faible, mais suffisant pour priver Bertrand de la Chesnais d’une victoire, puisqu’il obtenait plus de 39% des suffrages. Moins de 400 voix le séparaient du candidat socialiste Serge Andrieux. Claude Melchior (LR), soutenu par Julien Aubert, a réuni près de 1100 voix.

Ces erreurs, que l’on peut davantage imputer à de la frilosité qu’à de réelles divergences idéologiques, ont privé la droite et les Provençaux de nombreuses communes, à l’instar deMarseille, Tarascon et Carpentras. Alors, la droite provençale est-elle la plus bête de France ? Les situations décrites précédemment pourraient nous le faire croire : la droite préfère se diviser, être esclave de calculs politiciens, ou se soumettre aux injonctions morales de la gauche plutôt que de remporter des mairies. Malgré tout, notre région dispose d’édiles affirmés et de qualité. Les électeurs provençaux ont par exemple reconduit David Lisnard à Cannes, Maryse Joissains à Aix, Jacques Bompard à Orange ou Nicolas Isnard à Salon-de-Provence.

Espérons qu’à l’avenir, la droite, comme elle le fit pour le Grand Avignon saura s’unir plutôt que de chercher à plaire à la gauche. Qu’elle réponde enfin aux attentes des électeurs !

Léopold de Plas

Article écrit par Auteur Ponctuel

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