Requiem pour la droite de papa2 min de lecture

La dépêche AFP est tombée hier, à 20h42 : Christian Jacob est le nouveau président des Républicains, élu par 63% des adhérents. Face à lui, Julien Aubert et Guillaume Larrivé (respectivement 21 et 16%) n’avaient aucune chance : on ne propose pas du neuf à un parti de dinosaures.

Le cycle des incertitudes, entamé avec la défaite de François Fillon en 2017, se termine enfin, et de la pire des façons. Mille fois, ce qu’on appelait autrefois la droite aurait pu faire le choix du courage et du renouvellement. Mille fois, elle a choisi la lâcheté, le confort, et l’opportunisme. Car l’élection de Christian Jacob n’est rien d’autre qu’un énième refus d’obstacle, devant les immenses défis de notre temps. C’est le choix de l’immobilisme, consacré par les applaudissements des pontes du parti qui, de Bruno Retailleau à Xavier Bertrand, se réjouissent de l’élection d’un bon copain. Lui, au moins, ne devrait pas les brusquer dans leurs petites habitudes avec des velléités de changement.

Surtout, cette élection est l’expression d’un double échec, d’une double incapacité.

Incapacité, d’abord, de clarifier une ligne politique noyée dans les petits arrangements. Aubert, c’était le souverainisme assumé, cohérent. Larrivé défendait plutôt un conservatisme libéral critiquable, mais clairement identifiable. Christian Jacob, par contre, c’est le flou artistique total, c’est un peu de droite et beaucoup de centre, ce sont les vieilles recettes de Papa Chirac : beaucoup de mots, peu de convictions, encore moins d’actes.

Incapacité enfin, de renouveler un personnel politique désespéramment vieux, figé dans des schémas politiques dépassés. Jacob est un ancien, trois fois ministre, député depuis vingt ans et chef de file du groupe à l’Assemblée Nationale. C’est un vieux de la vieille, élu par des vieux, pour des vieux. Il est de ceux qui, obstinément, refusent de faire avec la nouvelle donne politique, et continuent de fonctionner avec des réflexes idéologiques archaïques. Vu sous cette angle, son élection n’est d’ailleurs absolument pas une surprise : c’est le choix logique de ceux qui croient encore à l’union de la droite et du centre, à la stratégie du «ni-ni» et au politiquement correct.

Christian Jacob n’est peut-être pas un mauvais bougre. Il n’en reste pas moins l’héritier et le porte-parole de toute une génération politique mourante, frileuse, gestionnaire et conformiste. Il est l’incarnation de «cette droite qui nous dégoûte»1, munichoise au dernier degré. Son élection a malgré tout un mérite. Elle vient rappeler à tous ceux qui y croyaient encore que la véritable droite – enracinée et conquérante – n’a définitivement plus rien à faire aux Républicains.

La droite de papa, qui n’aimait pas faire de vagues, qui faisait attention à ce qu’elle dit, est morte hier soir, quelques semaines après Jacques Chirac, sa plus fidèle incarnation. Qu’elle repose en paix, on s’occupe du reste.

Article écrit par Étienne de Solages

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