Relations internationales: êtes-vous transnationaliste ?4 min de lecture

Après avoir étudié le réalisme la semaine dernière, le temps est venu de s’intéresser au transnationalisme. Ce courant, qui apparu dans les années quatre vingt dix, fait un affront à la première école de pensée évoquée. Admettant la crise des Etats et l’importance des normes, il pose surtout  le constat suivant: le recul de la souveraineté des Etats depuis 1945 au profit des individus en réseaux. 

L’intérêt national mobilisé par les groupes sociaux 

   La doctrine des transnationalistes repose essentiellement sur la prise en compte des acteurs non-étatiques. L’intérêt national ne découlerait plus de l’Etat mais de ces nouveaux acteurs. Ils sont pluriels et parmi eux se trouvent les Organisations Non Gouvernementales. Il y en a entre 3000 et 4000 dans le monde. Elles sont diverses et variées: certaines se penchent sur la solidarité internationale ( Croix Rouge), d’autres sur les situations d’urgence ( Médecin Sans Frontière) ou encore sur les expertises. Celles qui se spécialisent sur ce domaine veulent sensibiliser les autorités publiques ( Amnesty Internationale). 

L’exemple de l’ONU

   L’une des organisations les plus connues est L’ONU. Sa création découle du traité de San-Francisco du 26 juin 1945 qui admet le principe suivant  « L’organisation est fondée sur l’égalité souveraineté de tous ses membres ». Au sein de l’ONU, ce sont près de 9 000 fonctionnaires qui travaillent. Des agences spécialisées, des assemblées générales et le groupe des 77 participent également à cette immense machine.

  Le glaive de l’ONU, c’est bien connu, est le conseil de sécurité dont le droit de véto peut faire basculer les décisions internationales. L’organisation prend en compte la montée des BRICS qui bouscule de plus en plus l’équilibre des pouvoirs en matière de relations internationales. 

 Les autres acteurs non-étatiques

    Les mafias et les organisations criminelles sont des pans des acteurs non-étatiques selon les transnationalsites. Les mafias, en plus d’être extrêmement codifiées, se basent sur un rite d’entrée et une implantation locale et territoriale. Celles italiennes, notamment siciliennes, sont les plus connues. Les mafias chinoises  et japonaises ( les yakuzas) s’affirment au fil des ans. Quant aux  organisations criminelles, elles  échappent à la surveillance des Etats et émergent en Europe de l’Est et en Amérique du sud. Dans cet espace, ces organisations gangrènent la société comme on peut le voir au Salvador, en Colombie ou encore au Venezuela. Le trafic qu’elles engendrent est propice à l’émergence de « narco-états ». 

   Les Firmes Multi-Nationales, selon les transnationalistes, sont le miroir de la mondialisation effrénée.Implantées dans  plusieurs Etats, l’économie politique internationale a conscience de leur poids. En effet, les recettes de certaines sont supérieures à des PIB comme c’est le cas  de l’entreprise Walmart qui dépasse la richesse du Luxembourg ! 

   Les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication occupent une place prépondérante dans notre monde. Les flux et la dérégulation de l économie liée à une société de plus en plus néolibérale contribuent à leur essor. Les institutions financières comme le FMI, le BIRD, la BCE les financent. 

   Enfin, les experts sont pour les transnationalistes les derniers groupes d’individus participant au déclin de la souveraineté étatique. Comme on peut le voir à travers la question climatique, il existe aujourd’hui une réelle communauté épistémique. Les groupes intergouvernementaux font appel à elle pour mieux comprendre et mieux appréhender les questions contemporaines. Par ailleurs, l’Etat se tourne de plus en plus vers des experts au dépend des fonctionnaires. Les « commis de l’Etat » ne seraient pas assez spécialisés et les experts seraient, de fait, plus fiables. Les lanceurs d’alerte sont considérés comme des experts si bien qu’ils impactent les relations internationales à l’image de snowden.

  Les transnationalistes constatent  l’émergence de ces groupes d’acteurs à partir de l’inégale répartition des pouvoirs étatiques. Le pouvoir des Etats s’estompe à mesure que leur structure se fragilise. La sécurité, la production, la finance et la connaissance d’un Etat doivent redevenir des pans du pouvoir étatique. 

Les principaux points de rupture avec les réalistes 

   Le principal point de rupture est que les transnationalistes sont convaincus que le système accorde une importance aux petits. Chaque unité du système international serait dépendante de sa voisine. Jon Nye dans Bound to lead suppose que le soft power a joué un rôle considérable dans la perte de souveraineté de l’Etat simplement parce qu’il a un pouvoir d’influence, d’attraction et de séduction qui pousse l’Etat à façonner les autres États. La finalité étant que ces derniers prennent les décisions souhaitées.  

Les individus dans les relations internationales 

  Roseneau part du postulat que les individus en réseaux sont omnipotents: les relations entre Etats sont supplantées par les relations entre les groupes d’individus et les organisations. Dès lors, le monde devient multicentré.

Il y a à la fois une montée des acteurs hors souveraineté et une crise des allégeances souveraine et de l’information. L’Etat, de fait, perd peu à peu ses fonctions régaliennes. Cependant, Nye biaise ce constat en admettant que la coopération entre les individus  garantit la stabilité. 

  Contrairement aux réalistes, les transnationalistes ont une vision individualiste du monde: c’est l’Etat qui produit le système international. Là où ils ont sans doute raison, c’est bien dans le constat de l’inefficacité des voies démocratiques en Afrique. Autrement dit, la volonté des hommes politiques occidentaux de mettre en place des démocraties en Afrique serait vaine ( compte tenu des différences civilisationnelles, culturelles, historiques …) . On se souvient du retournement géopolitique majeur à la suite de la politique libyenne menée par Nicolas Sarkosy. 

   En résumé, les transnationalistes affirment que la coopération entre Etats garantit la paix au dépend de la configuration anarchique des relations internationales. Néanmoins, ils peuvent être assez caricaturaux envers la pensée des réalistes qui, selon eux, serait belliciste. La montée du terrorisme en France et la nécessité pour l’Etat de retrouver ses pouvoirs régaliens notamment dans les domaines sécuritaires,  peuvent facilement remettre en question l’école transnationaliste. 

Article écrit par Adélaïde Barba

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