Quel avenir pour la France ? Du déconfinement à la présidentielle – Entretien avec Nicolas Dupont-Aignan

Alors que le confinement touche à sa fin, les débats sur le « monde d’après » se multiplient. L’Étudiant Libre a interrogé Nicolas Dupont-Aignan sur son avis et ses souhaits quant à l’avenir de notre pays, du déconfinement à la présidentielle.

 

Que pensez-vous de la gestion de la crise par le gouvernement ?

Le gouvernement a démontré sa plus parfaite incompétence, puis son amateurisme criminel consistant à cacher ses mauvaises décisions et les pénuries de matériels dont il était responsable avec les précédents gouvernements. Le témoignage surréaliste d’Agnès Buzyn a confirmé mes craintes point par point : le gouvernement et Emmanuel Macron savaient la gravité de la situation et a été incapable d’agir.

 

L’aveuglement et le mépris des « élites » sont la cause principale de la pandémie en Europe, car d’autres pays bien plus exposés, comme Taiwan ou le Vietnam, ont empêché le virus de se propager dès le départ.

 

Dès le 27 janvier, j’ai demandé des mesures de contrôle strict des frontières et de confinement sanitaire des voyageurs. Les informations venues d’Asie indiquaient la gravité que constituerait cette pandémie pour la France et les autres pays développés, tous dépendants des échanges économiques et touristiques chinois.

Debout la France dispose d’un réseau d’experts et de soignants de terrain qui m’ont alerté sur le manque de matériel de protection, de test, l’abandon de la médecine de ville et des EHPADS…. Il n’est pas anodin que le petit système politico-médiatique ait moqué mes interventions pour exiger le contrôle des frontières ainsi qu’une production massive de masques et de tests. Cet aveuglement et ce mépris des « élites » sont la cause principale de la pandémie en Europe, car d’autres pays bien plus exposés, comme Taiwan ou le Vietnam, ont empêché le virus de se propager dès le départ.

Même après le début de la pandémie, le gouvernement français n’a pas réagi comme il le fallait, contrairement à la Corée du Sud ou, dans une moindre mesure, l’Allemagne. Ces deux pays ont corrigé leur erreur initiale sur les frontières puis mené une politique exemplaire de dépistage, de production de matériel de protection et de soins aux malades, y compris les plus âgés.

En France, les dirigeants ont persisté dans leur incompétence, devenue un amateurisme criminel. Près de deux mois après la crise, la France produit 5 fois moins de masques par jour que le Maroc et assure 3 fois moins de tests que l’Allemagne. Notre gouvernement est l’un des seuls à s’obstiner à ne pas contrôler nos frontières et des centaines de personnes rentrent en France sans suivi médical. La médecine de ville et les aides à domicile ne disposent toujours pas de matériels adéquats et pour cause, les hôpitaux eux-mêmes n’ont pas assez de masques, de blouses ou de gants !

Les polémiques stériles autour du traitement proposé par le Professeur  Raoult symbolisent l’incurie du gouvernement et son incapacité à prendre ses responsabilités tout comme leur refus de prendre de vraies mesures de production nationale. Cela fait trois mois que je demande que la Pharmacie Centrale des Armées soit mobilisée, pour produire les médicaments dont la France manque cruellement : je n’ai jamais eu la moindre réponse !

Le dévouement exemplaire des soignants français a fait des miracles mais n’a pu compenser le manque de moyens hospitaliers. Le Canard Enchaîné a révélé la chute ahurissante de la proportion de personnes âgées dans les unités de réanimation en Ile-de-France et en Alsace. En vérité, les services de l’Etat ont privé de facto les personnes les plus fragiles, en particulier les résidents des Ehpads, de bénéficier d’une réanimation bien au-delà des critères médicaux habituels. C’est d’ailleurs ce qu’a confirmé la presse allemande dans des enquêtes affligeantes pour le gouvernement français.

L’incapacité du gouvernement à protéger les Français ne va pas seulement avoir un bilan humain terrible mais un bilan économique et financier désastreux. La récession est déjà bien moins forte en Allemagne… Avec les mesures prises à Taïwan ou en Corée du Sud que je préconisais dès le 27 janvier, jamais l’économie française n’aurait été paralysée ainsi.

Enfin, le plan de déconfinement irresponsable du gouvernement, qui rouvre les écoles dès le 11 mai alors qu’une telle mesure devrait arriver en toute fin du déconfinement, fait prendre le risque d’une 2ème vague de contaminations. Il est pourtant évident qu’il faut d’abord être capable d’assurer des dépistages systématiques des travailleurs, une distribution infaillible de masques pour un déconfinement durable sans effet boomerang !

 

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, les vraies oppositions sont muselées. Le gouvernement parle sans cesse d’unité nationale mais ne fait que s’enfermer davantage dans son sectarisme.

 

En tant que chef d’un parti d’opposition, de quels moyens disposez-vous pour aider la France ?

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, les vraies oppositions sont muselées. Le gouvernement parle sans cesse d’unité nationale mais ne fait que s’enfermer davantage dans son sectarisme. On est loin d’un nouveau Conseil National de la Résistance qui serait le début d’une nouvelle ère pour la France, car en réalité, le système macroniste veut repartir comme avant le plus vite possible, avec un cynisme confondant.

Depuis le 27 janvier, je n’ai pas fait une seule critique qui n’était pas accompagnée de propositions précises. Le Premier Ministre réunit régulièrement les chefs de parti mais il n’écoute rien et ne répond même pas aux questions !

 

Mon rôle consiste à informer les Français et à montrer une autre voie possible. Ce contact direct me permet de constater le gouffre qui sépare le gouvernement de la population qui se comporte admirablement malgré les manquements de l’État.

 

J’ai été très surpris que le gouvernement retienne, lors de l’examen du Projet de loi de finance rectificatif, l’une des propositions de Debout la France, à savoir la distribution d’une aide financière pour les étudiants privés de restaurant universitaire, afin qu’ils puissent échapper à la précarité. Dans certaines régions, comme la Bourgogne Franche Comté et les Hauts de France, nos conseillers régionaux ont fait adopter des mesures pour les élèves infirmiers, ambulanciers et kiné pour qu’ils soient gratifiés d’un vrai salaire digne de leur dévouement.

Aussi, mon rôle consiste à informer les Français et à montrer une autre voie possible. Ce contact direct me permet de constater le gouffre qui sépare le gouvernement de la population qui se comporte admirablement malgré les manquements de l’Etat. Du personnel hospitalier aux caissiers, des forces de l’ordre aux artisans textiles, toute la population redouble d’ingéniosité et d’énergie.

La crise que traverse actuellement la France semble donner raison à ceux qui, comme vous, défendaient la vision d’une France souveraine. Même Macron a fait des déclarations en faveur du protectionisme. Comment voyez-vous « l’après crise » ?

C’est le propre de toute crise que de mettre en lumière l’essentiel et celle-ci ne manque pas à la règle.

Emmanuel Macron n’est que la caricature d’un système fou, qui a mis notre alimentation, notre santé et notre industrie sous la dépendance de puissances étrangères, en particulier la dictature chinoise, tout en déléguant notre pouvoir politique et monétaire à la bureaucratie impotente de l’Union Européenne.

 

Les responsables du fiasco actuel ne sont pas seulement à l’origine des problèmes que nous rencontrons, ils sont le problème

 

Devant un tel fiasco, tout le monde est aujourd’hui obligé de faire le constat de l’échec.

Cette catastrophe sanitaire n’est que la dernière des crises qui ont montré que nous devions changer de modèle : crise migratoire, crise économique, crise écologique, elles ont toute été aggravées par la mondialisation sauvage et la bureaucratie européenne.

Je mets en garde les Français, en particulier les jeunes, sur le risque énorme qui consisterait à faire confiance aux responsables du fiasco actuel. Comme disait Charles de Gaulle, il s’agit des « hommes d’autrefois » qu’il faut impérativement changer car eux, ne changeront jamais : ils ne sont pas seulement à l’origine des problèmes que nous rencontrons, ils sont le problème.

Au Ministère de l’Economie, Emmanuel Macron bradait les trésors industriels français comme Alstom et aujourd’hui refuse de les sauver par la nationalisation ! Rétablir la souveraineté alimentaire ? C’est lui qui signe des deux mains des traités de libre-échange avec le Canada et le Mercosur ! Les frontières ? Il consent à les laisser béantes en pleine crise et parle pour l’avenir de souveraineté européenne ! Ni lui, ni aucun des gouvernants des 30 dernières années ne peut prétendre remettre en question le système mortifère qu’ils ont entretenu.

La Nation est replacée au centre du jeu parce que, même attaquée depuis 30 ans, elle est la seule à avoir la consistance populaire, historique et politique nécessaire à la gestion des crises. C’est un mérite de la crise que de montrer qu’il n’y a pas d’ « Union » européenne », mais une somme d’intérêts nationaux. Et l’on voit bien que ces intérêts qui convergent difficilement par les institutions se rejoignent en revanche volontiers pour des projets, notamment de recherche, qui pourraient avoir lieu sans même que n’existe l’UE. La crise ne fait donc pas que nous donner raison, elle décline aussi notre programme : souveraineté nationale et Europe des projets !

 

J’ai plus d’ambition pour mes idées et pour la France que pour moi. Le choix du meilleur candidat ne peut pas être celui des appareils partisans, mais il doit revenir aux électeurs patriotes que nous devons unir pour battre Macron.

 

Dans deux ans auront lieu les nouvelles élections présidentielles, auxquelles vous avez déjà participé deux fois. Allez-vous vous présenter ? Quelle est votre objectif ?

En janvier dernier j’ai appelé de mes voeux l’organisation d’une primaire des républicains et patriotes, en annonçant d’emblée que je m’y porterais candidat si elle rassemblait suffisamment de personnalités représentants une alternative crédible à Emmanuel Macron. Ma position n’a pas changé. Le seul objectif que je poursuis est la victoire des amoureux de la France. Bien sûr que je serais honoré de les représenter à la présidentielle, mais j’ai plus d’ambition pour mes idées et pour la France que pour moi. Le choix du meilleur candidat ne peut pas être celui des appareils partisans, mais il doit revenir aux électeurs patriotes que nous devons unir pour battre Macron.

– Croyez-vous par exemple à la candidature de quelqu’un comme Charles Gave ?

Charles Gave peut participer s’il le souhaite, comme d’autres, à la primaire que je propose.

Article écrit par Paul Guerry

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