Portrait discordant d’un ennemi du peuple : la bureaucratie4 min de lecture

Dans la mythologie grecque, Cerbère est le chien gardant la porte des Enfers. Il empêchait les morts de s’enfuir et les vivants d’y entrer. Il terrifiait tellement les morts que ces derniers devaient l’apaiser en lui donnant le gâteau de miel qui était placé à l’intérieur de leur tombe. Ainsi, l’expression « Être un Cerbère » signifie être un gardien hargneux et inflexible. 

En France, le chien Cerbère n’est pas un mythe. C’est un chien qui garde d’une manière inflexible les réflexes putrides qui rongent le pays de l’intérieur. Outre les juges et les corps intermédiaires, la bureaucratie fait bien sûr office de « tête » pivot.

C’est l’administration qui règne sur la France.

« Macron démission ! », crient-ils. Que le peuple est stupide quand il est envahi par la colère… Ces cris entendus ad nauseam pendant deux ans ne pointent qu’un épouvantail. Les dirigeants ne sont que les têtes empaillées, déconnectées et brandies pour détourner l’attention des véritables points faibles de notre système. Ils sont les multiples masques d’une hydre visqueuse et translucide, des faces que l’on paie fort cher pour faire pur acte de représentation – un spectacle comico-tragique. D’ailleurs, ceux qui crient « Macron démission ! » ne valent pas plus que ceux qui ont mis le bulletin de vote « Emmanuel Macron » dans l’urne au premier et au second tour des présidentielles (et sans surprise, ce sont aussi parfois les mêmes). Ceux qui sont allés manifester devant Bercy et devant la Commission Européenne ont davantage compris les véritables enjeux.

L’ennemi, le vrai, le froid et maléfique adversaire de toute justice, de tout bonheur et de tout espoir, c’est la bureaucratie. Au mépris de toute empathie, de toute réflexion et de toute considération pour quiconque, il serait nécessaire de tout réglementer et de tout réguler, et la moindre déviation ou le moindre pas hors des clous décrétés ne peut qu’être réprimé et automatiquement puni de l’amende de la catégorie adéquate. Cette machine infernale nous a échappé et elle est en train de nous achever, après nous avoir bien essorés, rincés, étrillés et lacérés pendant des décennies à coup de taxes et de réglementations en tout genre.

La pression sociale interne, le conformisme administratif et les procédures rigides se sont substitués à un lien social autrefois plus authentique. Les élections sont forcément gages de démocratie, le parlement forcément représentatif, l’information forcément de masse, le consentement à l’impôt forcément implicite, les critères de moralité forcément légitimes, la monnaie forcément issue de l’État, la retraite forcément par répartition, l’assurance santé forcément collective et l’enseignement forcément public. Pure superstition ? 

Les Français ont-ils peur d’être plus libres ? Tant que le monstre hideux de la soumission aveugle et administrative à l’autorité n’aura pas été euthanasié, arrêtons de leur faire croire qu’ils le sont.

La bureaucratie établie aujourd’hui, apparemment invincible, s’établit contre la France des travailleurs et légitime un système à bout de souffle de haut en bas. La bigoterie parlementariste est un exemple frappant de la bureaucratisation du pouvoir politique : des lois sont votées par-dessus d’autres qui n’ont toujours pas été appliquées, pendant que d’autres sont aveuglement appliquées alors qu’elles ne correspondent plus à aucune réalité de terrain. Le président de la République, en tant qu’autorité administrative et sensé détenir un pouvoir politique fort, ne dirige plus rien. Il est désormais réduit à un rôle de représentation (comme accompagner un rappeur pour aller dilapider l’argent du contribuable en Afrique). Le reste n’est que théorie, fantasme ou chimère. Il s’occupe du sort du reste du monde mais reste passif face au sort de son propre pays, si bien qu’il a oublié d’allumer Twitter le 25 décembre dernier pour souhaiter un joyeux Noël à son peuple, et même pas « joyeuses fêtes » (dans la novlangue progressiste républicaine).

Mais alors qui tient les rênes du pays pendant ce temps-là ? L’administration évidemment. Ceux qui sont à la tête de cette administration décident vraiment de notre sort, et c’est bien pour cette raison qu’elle a tout intérêt à s’alimenter et à perdurer en maintenant une politique fiscale faussement redistributive, qui subventionne des assistés d’une part et qui couvre le coût de fonctionnement exorbitant de l’administration centrale et locale d’autre part. Les fonctionnaires dirigent de haut en bas : de Bercy à Bruxelles. Diriger est un abus de langage : ils administrent, réglementent, taxent, étranglent et volent. 

Malgré ses effectifs pléthoriques, l’administration française ne brille pas vraiment par son efficacité. Le grand Auguste Comte disait : « Les morts gouvernent les vivants ». En France, les morts sont encore vivants. Certains touchent même encore des aides sociales et ont trois cartes vitales alors qu’ils sont effectivement décédés et ne résidaient plus en France depuis des décennies.

Emmanuel Macron : super-hyper-méga-ultra libéral ?

Le mandat d’Emmanuel Macron rappelle étrangement l’esprit de la perestroïka au siècle dernier. Sous Gorbatchev, l’économie russe était étouffée par l’omniprésence d’une bureaucratie tentaculaire qui par ses interventions multiformes, paralysait tout espèce d’initiative privée. Avec ses presque 6 millions d’agents publics, la France suit une pente identique. Pour remédier à la situation, Gorbatchev avait mis en œuvre des mesures qui n’ont évidemment pas fonctionné : des mesures qui visaient à plus de « transparence ». La France s’est engagée résolument dans la même voie avec notamment le parquet financier, la HATVP (Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique) et la volonté de contrôler les fake news pour assurer la « transparence de l’information ».

Emmanuel Macron est plutôt un banquier qui aime jouer au casino. Pendant qu’il brade notre industrie, l’administration dirige le pays. Bientôt 3 ans après son élection, il n’a pris absolument aucune mesure concernant l’allègement des normes administratives et n’a pas entamé de bras de fer avec l’administration. Toujours aussi lente, toujours aussi lourde, toujours aussi inflexible, toujours aussi incapable de traiter les cas particuliers et toujours aussi peu conforme au bon sens, c’est quand même elle qui gagne toujours à la fin. La démocratie et les libertés, elles, y perdent beaucoup.

 

Image : https://www.contrepoints.org/2014/01/03/152112-au-coeur-du-cancer-francais-la-bureaucratie

Article écrit par Germain Kuen

Étudiant à l'Université Paris Dauphine. Auditeur à l'Institut de Formation Politique.
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