Point de vue : Cap au large, un pari sur l’avenir !3 min de lecture

Alors que l’actuelle crise sanitaire du coronavirus montre les limites de la mondialisation telle qu’elle se réalise en France depuis les années 1980 et que la destruction de l’appareil productif français est devenu une triste réalité du fait d’une démission des politiques et d’accords de libre-échange mal négociés, le remède à cette faible croissance et à la non création d’emplois pourrait se trouver sur les mers. La France possède le deuxième domaine maritime mondial, avec 11 millions de km² hérité de nos conquêtes coloniales, aujourd’hui délaissé. L’Histoire de France a prouvé que lorsque les mers sont abandonnées la puissance française stagne puis décroît. Ce qui nous arrive en ce début de XXIème siècle. C’est une situation qui doit interpeller le politique comme le citoyen. Notre pays jouit d’une situation géostratégique exceptionnelle avec des ZEE sous exploitées. Avec des bases maritimes aux quatre coins de la planète et deux façades maritimes en métropole, c’est désormais sur les océans que doit se jouer l’avenir industriel et économique français.

L’urgence de réorienter et de redéployer notre politique maritime

En plus d’être un réservoir de biodiversité conséquent, le secteur maritime présente tous les atouts pour relancer la création d’emplois. Les experts s’accordent à dire que ce sont près de 300 000 emplois directs qui pourraient être créés dans d’ici 2025 avec une réelle volonté publique, un million avec les emplois indirects. Il est ici un exemple de domaine dans lequel l’action de l’État stratège serait pertinente. Tourisme, transports, pêches : les secteurs d’activités sont multiples et il est désormais temps de réconcilier les français avec cet or bleu, largement inexploité.

Nous possédons de considérables ressources halieutiques, des hydrocarbures pour développer des énergies du futur et des métaux indispensables pour les industries d’avenir. La croissance bleue est notre avenir.

La recherche, l’implantation de chantiers navals d’envergure, la création du canal Seine Nord et la réfection de nos infrastructures portuaires et fluviales devrait être une priorité stratégique du Gouvernement, largement conciliable avec des impératifs concrets pour répondre à l’urgence écologique en répondant à des cahiers des charges témoignant de la nécessité de la préservation de l’environnement, de la création d’emplois directs dans une logique de localisme et d’écologie pragmatique.

Il est aussi un enjeu d’indépendance alimentaire en diversifiant nos productions aquacoles à partir des derniers travaux. Il s’agit là de garantir la souveraineté alimentaire de la France. Cet enjeu doit s’accompagner d’une maîtrise de notre production énergétique en utilisant les énergies bio-marines bien plus propres que l’implantation de parcs éoliens par exemple, seul remède aujourd’hui mis en œuvre malgré une destruction de la faune marine et la pollution visuelle nuisant au tourisme sur les côtes.

C’est un grand chambardement des mentalités qui doit s’opérer en réorientant notre stratégie pour avoir une véritable politique maritime profitant à tous, dans une optique de croissance soutenable et de développement technologique. La France présente les atouts pour prendre le leadership dans ces domaines.

Quelques propositions concrètes

Accords internationaux, coopération avec l’UE, décisions nationales en premier lieu : la France est en mesure de retrouver sa souveraineté en ce domaine. Nos dirigeants doivent en recouvrer la volonté. La vocation maritime de la France devrait être au cœur des propositions des mouvements se définissant comme souverainistes et ayant à cœur de restaurer la grandeur de la France, or cet aspect de la valorisation de notre patrimoine au combien stratégique est souvent oublier.

La création d’une stratégie maritime et de plan à court, moyen et long-terme en font partie en s’appuyant sur l’expérience des élus locaux et des parlementaires littoraux. Aller casser de la vaisselle à Bruxelles comme dirait Arnaud Montebourg serait ici plus que pertinent. Il est du ressort de la France de se battre pour obtenir les financements nécessaires, rénover ses chantiers navals et développer ses ports en affectant à chacun d’entre eux un rôle exact. La création d’un grand ministère des affaires maritimes et des Outre-mer, doté de fonds spécifiques propres, serait une reconnaissance de cette nécessité. Si cette réponse est avant tout nationale, elle doit se faire en lien avec les autres ports européens, pour une vraie renaissance de nos complexes industrialo-portuaires. A ce titre, la France doit se doter d’un véritable port mondial. Nous ne pouvons plus être à la ramasse sur les mers.

L’enjeu environnemental marin passe avant tout par la culture, l’éducation et la formation. La politique de formation des apprentis doit considérablement se transformer avec la création de CFA ou de structure pour valoriser les compétences : marins, ingénieurs, chercheurs.

Nous devons changer de braquet. Les algues peuvent à titre d’exemple être le moyen de développement des nouveaux carburants.

Enfin, les mers sont aussi un atout diplomatique majeur, là aussi encore mésestimé. Parce qu’il convient de protéger nos positions nous nous devons de mieux surveiller et contrôler ces espaces, parties intégrantes du territoire national. La France doit y affirmer avec fermeté sa souveraineté. Le renforcement et la perfection de nos forces navales devient pressant, tant les mers risquent de devenir demain un haut lieu de conflictualité.

L’immense Richelieu considérait que « les larmes de nos souverains ont le goût salé de la mer qu’ils ont ignorée ». Ne soyons plus aveugles face à l’urgente nécessité de réinvestir nos océans. Enrayons cette spirale du déclassement de la puissance française par le déploiement de ces voiles stratégiques sur les mers. L’avenir de la France s’y joue, s’écrit en bleu. Souhaitons à la France d’avoir demain une politique stratège comme celle de Richelieu en son temps.

 

Paul LEBLANC BOURGEAIS

Article écrit par Auteur Ponctuel

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