Municipales 2020 : un virus et deux confirmations2 min de lecture

Bien que le second tour du scrutin municipal soit reporté et que le premier fut marqué par une abstention record (entre 53,5% et 56%), il convient tout de même de se pencher sur ces résultats. En effet, dans un contexte de crise sanitaire extraordinaire, la vie politique et les rapports de force ne sont pas restés entre parenthèses ce dimanche 15 mars. De la claque des marcheurs, au coup de force du Rassemblement National en passant par la poussée significative des Verts, le scrutin de dimanche mérite bien d’être décortiqué pour prendre le pouls de la vie politique française à deux ans des élections présidentielles.

Le pays réel ne réussit pas à nos marcheurs. Incohérence politique et dissidence dans leurs rangs ont miné une campagne entamée tambour battant par un gouvernement appelé à la rescousse. De Édouard Philippe à Marlène Schiappa en passant par Gérald Darmanin, ils ont été envoyés en mission commando : il fallait sauver la boutique En Marche. Certes, le premier ministre arrive en tête au Havre (44%) et son compère Darmanin fût réélu dès le premier tour à Tourcoing (60%), mais les autres n’ont pas suivi. Ils sont les deux arbres qui cachent la forêt de revers. Les déconvenues sont nombreuses, les échecs dans des villes stratégiques finissent d’assommer un mouvement en perdition. En effet, Paris fut, malheureusement pour eux, au cœur de la campagne. Un dissident, Villani (8%) et une parachutée Buzyn (17,26%) permirent d’écarter toute chance de victoire dans ce qui aurait put être un haut lieu de la macronie. Gérard Collomb, marcheur de la première heure, a également goûté au même plat amer de la défaite. Celui-ci a vu son héritier s’écrouler (14,8%) au profit des écologistes en pleine bourre dans un fief réputé imperdable. Enfin, Bordeaux fût l’apothéose : une troisième place à 12,69%, à peine mieux que le NPA de monsieur Poutou (11,77%). Bref, il était temps que tout cela s’arrête.

En clair, La République En Marche, ne s’implante pas, pire elle semble être chassée de ce fameux pays réel.

Pour le Rassemblement National, il fallait prouver que la gestion maison plait et réussit afin de pouvoir se projeter sereinement vers 2022. Particulièrement touché par l’abstention de leurs militants (55% sondage IFOP) le jeu en valait donc la chandelle. Force est de constater que malgré certaines déceptions notamment dans le Nord-Pas-De-Calais, le parti de Marine Le Pen convainc au niveau local. De fait, sept des neufs maires fraichement élus en 2014, l’ont de nouveau été dès le premier tour dimanche dernier (Beaucaire, Hénin-Beaumont, Fréjus, Hayange, Villers-Cotterêts, Pontet, Camaret-sur-Aigues). De plus, Robert Ménard, soutenu mais non encarté, vient également d’enchainer pour un deuxième mandat consécutif suite à son score de plus de 68% au premier tour. Priorité de la campagne, Perpignan devait être la première ville de 100 000 habitants à basculer. Rien n’est perdu puisque Louis Aliot pointe à la première place suite aux résultats de dimanche soir (35,65%).

En d’autres termes, le parti de Marine Le Pen est en passe de réussir son pari : la plupart de ses fiefs acquis le sont de nouveaux et ce dès le premier tour, seule une grande ville manque encore à l’appel.

Ils ont été les invités surprise, les troubles fêtes, ceux que personne n’attendait si haut aux élections européennes. Ils ont remis le couvert pour s’inviter dans la course aux municipales avec la même réussite malgré une abstention de 60% chez leurs partisans habituels (sondage IFOP). En tête à Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Grenoble et en quatrième position à Paris derrière un trio tant infernal qu’intouchable, nos chers écolos viennent de prouver une nouvelle fois qu’ils sont désormais une des matrices importantes de la vie politique française.

L’absence de victoire significative du parti présidentiel couplé aux deux bonnes prestations des Verts et du Rassemblement National confirme le schéma du scrutin européen : l’échiquier politique français semble de plus en plus s’organiser autour de deux grandes thématiques, le grand réchauffement et le grand remplacement.

 

Arthur Perrier

 

 

 

Article écrit par Arthur Perrier

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