Michel le rouge, Michel le peuple3 min de lecture

Est-il communiste ? Non. Est-il progressiste ? Non. Alors qui est-il ? Il est de gauche, anti-libéral, pro-gilet jaune, anti-Europe maastrichtienne et défenseur de la liberté d’expression. Se définissant lui-même comme appartenant à une gauche libertaire, populaire et populiste, il est l’homme des jacqueries paysannes contre des élites devenues folles, il est l’homme de la « décence commune» d’Orwell. En clair, Michel Onfray a choisi son camp et force est de constater que nous sommes bel et bien du même côté de la barricade.

Michel Onfray, en disciple de Proudhon, se fait l’un des plus ardents défenseur et conseiller des gilets jaunes dans son dernier ouvrage Grandeur du petit peuple.Il les défend coûte que coûte, décortiquant habilement méthodes et procédés mis en place pour tuer le mouvement dans l’œuf, attaquant frontalement les thuriféraires macroniens pour mieux redonner au peuple qui fume-des-clopes-et-roule-en-diesel une dignité bien trop souvent balayée par l’arrogance élyséenne. Antijacobin pro-girondin, homme du réel et non du légal, son positionnement en faveur des hommes en jaune donne ainsi bon nombre d’indications sur sa ligne politique. De fait, il rejette le système libéral dont les gilets jaunes sont les premières victimes, ainsi que la démocratie représentative des seuls intérêts d’une caste dominante s’étant assise sur la volonté populaire lors du référendum de 2005. Pour couronner le tout, la plume du camarade Onfray appelle au renversement d’une Europe maastrichtienne qui méprise peuples, identités et nations. Pour mieux servir ce peuple qui demande « du pain pour leurs familles et du lait pour leurs enfants» il prône le local et non le global. C’est beau et ça existe un homme de gauche populaire, anti-libéral et souverainiste !

Pourquoi sommes-nous dans la même tranchée, prêts à monter à l’assaut contre le même système, pourquoi nous rejoignons-nous avec un homme qui se dit de gauche ? Le vent a tourné, les rapports de force se sont modifiés, le clivage gauche-droite est mort. 2017, fut le paroxysme. Après le tournant libéral des socialistes en 1983 et le traité de Maastricht en 1992, le libéralisme est désormais le nouveau clivage. Dès lors, la question à laquelle répond Michel Onfray et à laquelle nous devons également répondre est simple : pour ou contre ?

 

– Contre, car sous prétexte de « laisser-faire/laisser-passer », le système libéral, en place depuis de trop nombreuses années, précarise les classes moyennes, délocalise nos entreprises nationales et préfère le tertiaire à l’industrie, nous désarmant ainsi face à la crise sanitaire.

– Contre, car au nom du « sans-frontiérisme», la logique libérale nous apporte des vagues d’immigration massives inassimilables à la culture française.

– Contre, car en faisant triompher « l’Etat de Droit » qui implique la primauté du droit sur le pouvoir politique, il transforme le second en valet du premier. En somme, le libéralisme pervertit la démocratie pour ainsi assurer la protection des « Droits de l’Homme » au détriment de la souveraineté populaire.

– Contre, car cette philosophie, mère de la mentalité bourgeoise à la fois matérialiste et individualiste, a installé de nouvelles élites hors-sols pour mieux assouvir les rêves d’une gouvernance mondiale. Elle est donc responsable de la fracture existante entre ceux qui ont réussi et ceux qui ne sont rien, entre la France d’en haut et la France d’en bas, entre la France des Uber et la France des C15.

– Contre enfin, car en faisant de notre société une somme d’individus ne voyant à travers la notion de liberté qu’un moyen d’accroître et de protéger leurs avantages personnels en dépit de toute notion de bien commun, le libéralisme détruit la nature humaine pour mieux l’asservir au marché. La PMA et la GPA n’en sont que les pires symptômes. Comme quoi le libéralisme fait également battre le pavé à toutes les catégories sociales.

 

Alors oui Michel est Proudhonien, oui Michel se dit de gauche, mais Michel est du bon côté de la barricade. Face aux ravages économiques, sociaux et culturels du libéralisme, il convient de déterminer son ennemi avant de choisir ses amis. En situation de guerre, on ne choisit pas ses alliés. Pour apporter une réponse au système libéral, il faudra converger au-delà des rapports sociaux, sans pudeur de classe ni mollesse intellectuelle. La rue ayant placé la barricade, la convergence politique se fera entre les perdants contre les gagnants de la mondialisation libérale. C’est donc avec les Michels en rouge-peuple qu’il faudra converger pour mieux gagner.

 

Arthur Perrier

 

Source photo: Causeur

Article écrit par Arthur Perrier

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