[Tribune]Marseille : la victoire de la gauche unie et assumée face à une droite usée et éclatée3 min de lecture

Arrachée aux socialistes en 1995 après plus de 40 ans passés sous les règnes Defferre et Vigouroux, la deuxième ville de France est  retombée samedi 4 juillet dans l’escarcelle de la gauche. La déroute de la droite est certes en partie due à son bilan de la gestion de la cité phocéenne : aux yeux de nombreux Marseillais, l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne illustre cet abandon d’une partie de la ville au profit des arrondissements cossus du Sud et de la recherche des intérêts privés à celui des habitants. Mais la défaite vient surtout des divisions de la droite. Celle-ci s’est perdue dans des querelles d’égos, reléguant au second plan le vrai combat politique, c’est-à-dire celui des idées et de la recherche du bien commun.

Pourtant, malgré les dissidences, les scandales habituels et un score global bien inférieur à celui d’une coalition de gauche « pastèque », radicale, progressiste et antinationale, la liste conduite par Martine Vassal a obtenu presque autant de conseillers municipaux que sa rivale Michèle Rubirola (39 contre 42). La majorité absolue n’étant atteinte dans aucun des deux camps, c’est le jeu des alliances du troisième tour qui a décidé de la victoire.

Pour gagner et faire élire son candidat, la droite devait constituer une alliance de 51 conseillers municipaux. Afin de garantir une unanimité et réconcilier les « officiels » avec les dissidents, c’est le député Guy Teissier qui a été choisi pour représenter les deux listes de droite sous une même bannière en rassemblant les conseillers de Martine Vassal et ceux de Bruno Gilles.

Mais cette réconciliation forcée, bien que mettant les deux camps à égalité, ne permettait toujours pas à la droite d’atteindre la majorité requise. Il a donc fallu trouver une réserve de voix suffisante pour empêcher la municipalité d’être conquise par une gauche idéologue et sectaire. Seules deux solutions étaient possibles : soit s’allier avec les conseillers Rassemblement National de Stéphane Ravier, soit courtiser Samia Ghali, sénatrice socialiste se revendiquant du FLN algérien.

La logique aurait voulu que la droite s’allie au troisième tour avec l’équipe partageant avec elle le plus d’idées, tant sur le plan local que sur le plan national. Évidemment, cette proximité idéologique était plus évidente avec les troupes de Stéphane Ravier qu’avec celles de Samia Ghali, sénatrice PS se réclamant « toujours » d’une organisation ayant combattu la France et perpétré de terribles massacres, et dénonçant « une forme de peur de punir les policiers ».

Mais par peur, par lâcheté, par trahison et par abandon de l’intérêt général, l’idée d’une alliance des droites (LR+RN) a immédiatement été écartée par Martine Vassal, malgré la main tendue du sénateur Ravier pour faire barrage à la folie destructrice d’une gauche idéologue. Devant cette mascarade partisane et le mépris affiché à son encontre, Stéphane Ravier annonça que lui et ses colistiers élus ne participeraient pas au vote. Cela a non seulement abaissé la majorité, mais surtout donné plus de poids aux voix de Samia Ghali qui est ainsi devenue celle qui « ferait » le nouveau maire de Marseille.

Toute à ses calculs et querelles, la droite n’a pas pris en compte le fait que la gauche, elle, sait s’unir quand il le faut : sans surprise, Ghali et Rubirola ont trouvé un accord, lui coupant l’herbe sous le pied et anéantissant ses espoirs de victoire. Cette alliance était plus que probable, bien que les relations de la sénatrice des Bouches-du-Rhône et ses anciens camarades socialistes étaient compliquées. Michèle Rubirola est à l’origine issue du parti EELV, connu pour ses penchants multiculturalistes et communautaristes. Samia Ghali est une élue revendiquée des quartiers les plus enclavés, abandonnéset ghettoïsés de Marseille. Leur convergence n’était qu’une question de temps. 

Finalement, non seulement la droite a passé ses convictions par pertes et profits, mais elle s’est en plus montrée incapable de faire preuve d’esprit tactique, seul domaine dans lequel elle croyait encore pouvoir faire la différence. Rappelons qu’à l’échelle de la ville, Samia Ghali représente 2% des électeurs marseillais. Stéphane Ravier près de 20%. Le résultat est sans appel : la droite a laissé Marseille aux mains d’une gauche extrême pour les six prochaines années.

Face à cet abandon,

Nous regrettons que la droite ait délaissé la recherche de l’intérêt général et se complaise dans des luttes de pouvoir hypocrites et stériles.

Nous accusons cette droite de trahison en préférant s’allier avec la gauche plutôt qu’avec ceux qui partagent une partie de leurs idées.

Nous accusons la droite de lâcheté en se pliant toujours au diktat de la bien-pensance imposée par ses adversaires qui eux ne se sentent obligés de rien.

Nous accusons la droite d’abandonner la deuxième ville de France à ses fossoyeurs !

L’alliance des droites est une nécessité pour redonner de la grandeur à la France et à ses territoires.

Léopold de Plas

Article écrit par Auteur Ponctuel

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