Marlène Schiappa et le fardeau de l’homme3 min de lecture

Marlène Schiappa et le fardeau de l’homme

Il est toujours temps de faire de l’idéologie. Démonstration éclatante en a été faite la semaine dernière, avec les derniers propos de la coqueluche du gouvernement ; l’inimitable Marlène Schiappa. Comme toujours lorsqu’il est question de l’actuelle secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, on oscille entre bassesse intellectuelle et agressivité sélective. Mais Marlène Schiappa a beau naviguer dans les eaux troubles de la médiocrité, il n’en reste pas moins que sa parole a (malheureusement) du poids.

Dans un entretien accordé au Point, en date du 16 avril dernier, celle-ci n’hésite pas à blâmer l’enfer vécue par les femmes pendant ce confinement. Avec chiffre à l’appui -car il faut bien donner un semblant d’aspect scientifique à un sujet qui défie tout logique- Marlène Schiappa déplore que « 54 % des femmes consacrent plus de deux heures par jour aux tâches domestiques ou éducatives, contre seulement 35 % des hommes ». Il est vrai qu’on touche ici au cœur des préoccupations des Français… que répondre à la secrétaire d’Etat ?

Il est vrai qu’on touche ici au cœur des préoccupations des Français… que répondre à la secrétaire d’Etat ?

Il faudrait répondre, d’abord, qu’en ces temps difficiles la famille redevient la cellule-souche de la société. Elle est le récipiendaire du besoin de proximité et de confiance réciproque, ancré dans le cœur de l’homme. Le confinement remet au gout du jour une forme de conservatisme anthropologique ; la famille redevient le lieu du don et de la solidarité par excellence. Cette logique échappe à tout calcul marchand, et réhabilite une hiérarchie communautaire qui nous précède de milliers d’années et survivra à notre basse époque. Tout le monde le comprend, excepté ce phare de la pensée politique qu’est Marlène Schiappa, sûrement guidée par une mission trop noble pour s’embarrasser de la remise en question. Il est vrai que pour le voir, il faut avoir une famille et vivre avec, ce qui échappe sûrement au rythme ministériel. Pourtant, partout les témoignages abondent pour exprimer la « redécouverte » de la vie familiale, du temps passé ensemble, et de la joie de la discussion en ces temps de confinement.
Il faudrait répondre, ensuite, qu’instrumentaliser les chiffres d’une étude réalisée sur le base d’un échantillon de 1025 personnes s’apparente, au mieux, à de la mauvaise foi politique, au pire à une tentative de manipulation grossière. Très sincèrement, qui peut croire de bonne foi qu’une étude aussi réduite peut apprendre quelque chose sur les familles françaises à une poignée d’idéologues imperméables au pays réel ? Qui peut croire qu’un gouvernement qui a légalisé la PMA, ouvert la porte à la GPA, qui se revendique d’un courant de pensée qui a autorisé le mariage homosexuel, le PACS, l’avortement, peut comprendre quelque chose à l’institution familiale qu’il a contribué à détruire depuis des années ? Vous pensez qu’on se moque de vous ? Croire qu’un couple peut vivre sur un pied d’égalité parfait relève de l’idéologie pure. De plus, les conclusions tirées de cette étude par Marlène Schiappa sont sophistiques : 58% des femmes interrogées pour l’enquête ont l’impression de faire plus de tâches ménagère. Conclusion : en France, « les femmes s’épuisent » et les hommes ne font rien. La grille de lecture de Schiappa pose un vrai problème : cette manière de tout analyser sous le prisme de l’égalité homme/femme est insupportable et reflète un individualisme devenu fou. Comme si dans la majorité des couples la répartition des tâches ne faisait pas l’objet d’un accord tacite. Comme si personne ne se parlait au sein du couple. Comme si les Françaises et les Français avaient besoin qu’une idéologue vienne se mêler de la sphère privée pour résoudre leurs problèmes.

Comme si dans la majorité des couples la répartition des tâches ne faisait pas l’objet d’un accord tacite

Il faudrait répondre, enfin, que l’on serait satisfait de voir Marlène Schiappa prendre enfin en charge les vrais problèmes. Notamment lorsqu’il s’agit de la récente population immigrée française, dont une partie est issue de pays patriarcaux qui ignorent les droits des femmes. Les violences et agressions sexuelles commises par des populations issues de l’immigration constituent un enjeu autrement plus important qu’une analyse genrée du confinement. Un petit tour rapide sur les sites de mouvements féministes de bon sens, comme le Collectif Némésis, permet de se rendre compte du travail abyssal nécessaire en la matière.

Article écrit par Elouan Picault

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