L’ouragan Salvini frappe encore une fois (ou deux…)2 min de lecture

Son départ en trombe du gouvernement Comte en août 2019 avait provoqué la risée des adversaires politiques de la Ligue. « C’est un mauvais coup politique », « Matteo Salvini a joué et perdu son pari », « C’était un calcul dangereux, il n’a pas saisi la complexité d’une république parlementaire comme l’Italie », « il perd en crédibilité », s’enjouaient ses opposants. La réalité, c’est que depuis les élections générales de 2018 qui l’avaient porté au pouvoir, le leader de la Lega a remporté absolument toutes les élections régionales, les unes après les autres. Et son départ du gouvernement n’a entaché d’aucune manière son titre d’homme politique le plus populaire d’Italie. Après avoir remporté les Abruzzes par 48 %, la Basilicate avec 42 %, l’Ombrie à 57 %, le Piémont à 49,9 %, Le Molise à 42 % et bien d’autres encore, Matteo Salvini a remporté ce soir une éclatante victoire auprès de ses compatriotes, arrachant une nouvelle région aux socialistes du Parti Démocrate, En effet, la Calabre, du sud de l’Italie, a été remportée par la coalition de centre-droit par 50 à 52 % selon les premières estimations. Quant à l’Emilie-Romagne, bastion historique du PD, à sa tête depuis les années 1970, et vers qui tous les regards italiens et européens étaient tournés, si la coalition menée par Salvini n’a pas parvenu à prendre la région, n’atteignant que 45 % des voix environ, contre près de 49% pour les socialistes, elle a en revanche écrasé définitivement et broyé sans pitié le mouvement cinq étoiles, perdu à 4 misérables pourcents, score assez lamentable pour un parti de gouvernement…

On avait jugé Donald Trump fou, Boris Johnson idiot, Salvini mauvais joueur. Personne ne voulait croire à ce que ce dernier préparait. Désormais, chaque jour en révèle un peu plus sur l’intelligence politique du Milanais. Car en mettant fin à l’alliance gouvernementale nouée avec le 5 étoiles, Salvini ne s’est pas contenté de garder sa popularité auprès des foules. Non, il a fait bien plus que cela ! Il a forcé son ancien allié, Luigi Di Maio, patron du mouvement 5 étoiles, à s’allier au seul parti capable de donner une majorité gouvernementale : les démocrates du PD, ceux-là mêmes que di Maio présentait comme le parti du système, le principal adversaire de l’Italie, les responsables des désastres politiques de ces dernières années.

Les élections générales de 2018 n’avaient donné à la Ligue de Salvini qu’un seul concurrent : sortie première du scrutin avec 37 % des voix, l’alliance de centre-droit n’était talonnée que par Luigi par Di Maio, à 32,7 %. Loin derrière, le PD sauvait les meubles en pointant un peu au dessus des 20 %. La Ligue n’avait donc qu’un adversaire : en la forçant à cette alliance gouvernementale contre-nature, elle l’a forcé à se trahir lui-même. Quel coup splendide ! Désormais seul parti digne et incarné par un leader charismatique, plus rien ne semble arrêter la Ligue, désormais à la tête de 13 régions italiennes sur 20, et en perpétuelle ascension.

Alors oui, on pouvait espérer une victoire éclatante de Salvini aussi dans le nord de l’Italie, et considérer cette deuxième place comme une défaite. Mais comment pourrait-il en être ainsi ? Les élections de 2014 avaient donné 49 % au PD, 29 % à la coalition menée par la Ligue et 13 % au M5S. Ce que prouve ces résultats, c’est que la quasi-totalité des électeurs du 5 étoiles se sont désormais ralliés à Salvini. C’est ce que l’on constate petit à petit dans toutes les régions. Et après tout, tant mieux si l’Emilie-Romagne n’a pas été remportée : elle oblige Matteo Salvini à temporiser et à construire à plus long terme, au lieu de prendre le risque de n’en faire qu’un phénomène ponctuel disparaissant aussi vite qu’il n’est apparu. Et les démocrates ne sont pas un danger pour Salvini: leur succès aujourd’hui est un cas unique dans l’Italie : ce n’est pas pour rien que le « mouvement des sardines » est né dans cette eau-là.

Alors oui, tout semble inéluctablement indiquer, après un départ en trombe, un retour en fanfare de celui qui, désormais, semble devenir doucement le ciment d’une nouvelle unité italienne.

*Image : Sputnik . Alessandro Rota

Article écrit par Matthieu Quadrelli

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