Loi de 1905 : une « vache sacrée » devenue un « cheval de Troie »5 min de lecture

Loi de compromis, née dans la douleur et la brutalité, la loi de 1905, si sacrée aujourd’hui, avait pour objectif de permettre à celui qui croit et à celui qui ne croit pas de cohabiter sereinement. Depuis, cette loi a traversé le temps non sans difficulté – notamment sur la question scolaire – et aujourd’hui, la présence d’une population musulmane de plus en plus importante sur notre territoire pose la question de son aménagement. La tentation de comparer notre situation avec celle de 1905 – les musulmans d’aujourd’hui dans le rôle des catholiques d’hier – est grande, mais elle est pourtant inopérante car quels que fussent les oppositions entre les “républicains” et les “cléricaux”, l’instituteur et le curé enseignaient largement la même morale. L’islam, lui, possède ses propres références, n’a ni clergé ni Vatican, et ses hiérarchies sont souvent rattachées à des pays phares du monde musulman. Les tentatives de « rationalisation » ont toutes échoué, le Conseil français du culte musulman (CFCM) est sous influence turque et la fondation pour l’islam est à l’arrêt. Les polémiques se suivent les unes après les autres, l’indécision et l’inaction de l’Etat-libéral parlementaire sont de plus en plus saillantes, et ceux qui cèdent à la tentation séparatiste et ceux qui travaillent à l’extension d’une contre-société fondée sur la loi coranique en profitent. Le résultat est là, sous nos yeux : des fragments entiers de territoires ont été abandonnés aux islamistes et il faut désormais des mois quand ce n’est pas des années pour fermer une mosquée salafiste ou expulser un imam délirant.

Faut-il en finir avec cette « vache sacrée » de 1905 devenue le « cheval de Troie » de ceux qui menacent nos libertés et nos institutions ?

 

« L’islam de France » n’existe pas, n’a jamais existé et n’existera probablement jamais

Pour l’instant, on ne peut pas véritablement parler d’Islam « de France » mais d’Islam « en France ». Si nos représentants et les citoyens de confession musulmane présents sur le territoire français veulent un « islam de France », les musulmans vont devoir emprunter le même chemin que celui des juifs et des protestants sous Napoléon. Au début du XIXème siècle, les citoyens français se plaignaient de la non-intégration des juifs à la communauté nationale. En 1808, Napoléon a donc structuré les institutions des cultes minoritaires telles que nous les connaissons et ainsi, a permis aux juifs et aux protestants d’être assimilés et d’être pleinement reconnus par l’Empire. Aujourd’hui, l’islam en France pose encore plus problème que le protestantisme ou le judaïsme au début du XIXème siècle car l’islam n’est pas une religion à proprement parler mais un système politico-juridique et originellement enclin au prosélytisme. Pour devenir des citoyens à part entière, les juifs ont accepté les règles posées par l’Empire puis par la République. Et mieux encore : en 1807, quand Napoléon convie une assemblée d’une centaine de notables juifs afin de recevoir des réponses claires et sans ambiguïté concernant le rapport des juifs à la Nation française, à la question de l’attachement des juifs à la France, la réponse fut unanime : « Les juifs sont prêts à défendre la France jusqu’à la mort. » En retour, la France a toujours protégé les juifs français.

Cependant, il serait naïf de croire qu’en 2019 – à l’heure du triomphe de la génération des « Nique la France » d’un côté et celle de la repentance à outrance de l’autre – la même chose pourrait se produire avec des individus qui depuis plus de 40 ans ont fait le choix de la sécession plutôt que de l’agrégation. On l’aura compris, c’est comme vouloir faire boire de l’eau à un âne qui n’a pas soif…

Le problème du culte musulman est qu’il est dépendant d’un texte sacré qui dicte sa conduite et qui est considéré par ses fidèles comme au-dessus des lois nationales. Une solution pourrait être envisagée pour commencer le grand chantier de la modification de cette loi : rejeter les règles édictées par le Coran ainsi que ses annexes en rappelant qu’elles sont incompatibles avec les lois de la République. Hélas, en France, il est déjà très compliqué de vouloir débattre sur le port du voile ou sur le communautarisme en général sans être considéré comme un fasciste de la pire espèce.

En quoi la loi de 1905 est devenue un « cheval de Troie » dans nos sociétés occidentales ?

La loi de 1905 a été écrite à une époque où l’islam était quasiment absent du paysage religieux français. Un siècle plus tard, elle est devenue la deuxième religion de France. Pour donner un ordre idée, en 1920, on estimait à 120 000 le nombre de musulmans sur le territoire français. Azouz Begag, écrivain et chercheur français, chargé de recherche du Centre national de la recherche scientifique à l’université Paris-Sorbonne, estime dans son ouvrage La Faute Aux Autres qu’en 2017, on peut arriver à « 10 millions de personnes qui, de près ou de loin, sont « culturellement » musulmanes. Soit 15 % de la population française ».

Même si la plupart des français sont attachés à la « vache sacrée » de 1905, cette loi est devenue un « cheval de Troie » pour notre pays car elle fut écrite dans un contexte particulier. Les artisans de cette loi étaient très loin de se douter qu’un siècle plus tard, la France allait subir tout un tas de polémiques sur le burkini, le hijab ou les prières de rue. Désormais, en parallèle de la déchristianisation du pays, cette loi permet aux militants de l’islam tel que Yassine Bellatar d’inciter les musulmans – et plus particulièrement les femmes musulmanes – à coloniser l’espace public en profitant de la liberté de culte permise par la loi de 1905, menaçant directement notre identité, notre liberté et pire : nos institutions. Si l’islam avait eu une place aussi prépondérante en 1905 qu’aujourd’hui, cette loi aurait sûrement été beaucoup plus répressive et son contenu aurait été tout autre. On le sait, les musulmans se réfugient aujourd’hui derrière les lois de notre pays en créant des associations de type loi de 1901. C’est d’ailleurs en partie pour cette raison que la construction de beaucoup de mosquées est financée en partie par de l’argent public en vertu de la protection des associations (terrains offerts par les municipalités et aides publiques aux associations, qui se transforment donc en financement indirect des lieux de cultes).

Suite aux déclarations contradictoires traduisant une indécision totale au sein du gouvernement français actuel sur la possible révision de cette loi, les citoyens français attachés à leur culture, à leur liberté et à leur identité ont raison d’avoir peur, de s’inquiéter et de s’indigner face à la progression de ce que le système politico-médiatique français appelle « l’islam politique », expression qui n’est en réalité qu’un pléonasme ridicule afin de semer la confusion dans les esprits tout en minimisant le problème. L’islam est en effet politique par nature et il suffit d’avoir lu le Coran pour s’en rendre compte. L’islam n’a rien de commun avec la France, ce sont deux forces antagonistes et incompatibles, deux civilisations qui ne peuvent se mélanger car que l’on donne à l’un, il faut tout de suite l’enlever à l’autre. L’islam ne reconnaît pas l’Egalité (ni entre hommes et femmes, ni entre musulmans et non-musulmans), il n’admet pas la Liberté et il limite la Fraternité aux seuls membres de la religion islamique. C’est pour cette raison que la loi de 1905 ne correspond aucunement au paysage religieux français du XXIème siècle.

En finir avec la sacralisation de la loi de 1905

Ce qu’il faut rappeler, c’est que la loi de 1905 est une loi comme une autre, c’est-à-dire au même niveau dans la hiérarchie juridique que les lois qui sont votées régulièrement au Parlement. Cette loi n’a donc aucune valeur constitutionnelle, elle peut donc aisément être modifiée ou tout simplement être abrogée et remplacée par une autre loi.

En fait, cette loi de 1905 a surtout consisté à mettre les religions à égalité dans le but à l’époque de lutter contre l’influence de l’Église catholique. Cette loi refuse donc toute distinction entre les religions. Si dans le monde il y a 4 religions monothéistes majeures (le christianisme, l’islam, le bouddhisme et l’hindouisme), les deux dernières sont quasiment inexistantes en France (tout comme l’était l’islam il y a un siècle). Dans ce cas, il serait certainement plus pertinent d’élaborer des règles spécifiques à chaque religion en prenant en compte leurs singularités et la place qu’elles occupent dans la société. Cela permettrait enfin de prendre les décisions que la France est incapable de prendre depuis des décennies mais souhaitées par une majorité de français, comme l’interdiction du port du voile dans l’espace public.

Germain K.

*Image : https://ripostelaique.com

Article écrit par Auteur Ponctuel

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