Le guet-apens européen3 min de lecture

Dans les colonnes infernales de Twitter, il arrive – rarement – de tomber sur des choses particulièrement intéressantes. Par exemple l’extrait d’une conférence donnée par Jacques Attali. Imaginez la chose suivante : un escroc notoire, très content de son coup, décide un jour de se pavaner en public, et raconte à qui veut bien l’entendre à quel point il a bien réussi son affaire. Le public, conquis par l’insolence de son maître, s’esclaffe et se congratule. Tout ceci bien évidemment au grand jour, sans que ne s’élève une seule voix. Brave New World.

La scène se déroule le 11 janvier 2011, au théâtre Déjazet (Paris, 3ème), dans le cadre d’une Université Populaire et Participative organisée par « Désirs d’avenir », un laboratoire d’idées fondé et présidé par Ségolène Royal en 2005. Le thème de la soirée : « Crise de l’Europe, crise de l’euro : quelles solutions ? ». De quoi parle-t-on précisément ? Au cours de son intervention, le trop célèbre Jacques Attali évoque sa vision du projet européen, qu’il connaît fort bien puisqu’il a fait parti des rédacteurs du traité de Maastricht. Voici, mot pour mot et en quelques points, ce qu’il en dit :

« Nous savions très bien, quand on a fait la monnaie unique, que ça ne marcherait pas »

Premier point : on apprend d’abord – avec ravissement – qu’Attali et ses coreligionnaires avaient prévu l’échec de l’euro, et anticipé ses crises successives. Disons les choses plus clairement, l’échec programmé de l’euro fait partie du plan amorcé par les maastritchois. L’échec de la monnaie commune qui, comme le dit lui même Attali, ne peut pas exister sans Etat, n’est rien d’autre qu’une étape vers l’état fédéral européen. Et tant pis pour les millions de chômeurs et les Etats au bord de la banqueroute.

« On [les premiers rédacteurs du traité de Maastricht] s’est bien engagés, on a fait en sorte que sortir ne soit pas possible. On a soigneusement oublié d’écrire l’article qui permet de sortir »

Deuxième point : tout cela n’est pas sans risque. Le problème, quand on joue à organiser les crises, c’est que les peuples concernés ne suivent pas, et que vient un moment où ils exigent des réponses. Or, dès l’instant où les peuples européens se réveillent, le projet maastrichtois est en péril. Il a donc bien fallu s’assurer que ces peuples ne soient pas capables de menacer le rêve fédéral. C’est très simplement ce que dit Attali ici : sortir de l’Union Européenne est déjà un cauchemar (via l’article 50 du traité de Lisbonne), sortir de la zone euro est littéralement impossible. Il n’existe aucun équivalent à l’article 50 dans le traité de Maastricht. Et c’est parfaitement volontaire.

Ce que dit ici Jacques Attali, tous les responsables politiques européens le savent. L’Union Européenne est une prison à ciel ouvert, et aucune remise de peine n’est possible. Et n’allez pas croire que ça les dérange. L’extrait de cette conférence, dont on trouvera la version complète dans les sources de cet article, se conclut sur un éclat de rire général. L’assistance, dont on peut facilement deviner l’appartenance à la caste dominante, catégorie « bobo bon teint labellisé social-démocrate » est hilare. En somme, elle se trouve bien heureuse du tour joliment joué aux idiots d’en-bas. Elle a d’ailleurs bien raison de l’être, ce plan a été entièrement conçu par et pour ses semblables.

Neuf ans après, tout confirme le projet dessiné par Jacques Attali en 2011. L’Union Européenne n’a pas d’autres objectifs que d’aboutir à la dissolution des nations dans un grand état fédéral. Ceux qui, par malhonnêteté intellectuelle ou par lâcheté, font miroiter une Union Européenne réformable et un projet compatible avec l’indépendance des nations mentent ou sont aveugles.

Faut-il encore argumenter l’évidence ? Aucune des fables habituellement racontées pour endormir le chaland ne tient la route. La « paix européenne » ne faisait pas la fière depuis la Yougoslavie, elle n’a pas survécu à l’Ukraine. La « solidarité européenne » s’est effondrée avec le Covid-19. Quant à la mondialisation heureuse que devait nous permettre une Europe « unie face aux empires », elle n’a jamais existé, et chaque jour démontre que les peuples européens sont les grands perdants de l’affaire.

Confrontés à la plus importante crise de leur histoire, que répondent les dirigeants européens ? Toujours plus d’Europe, et la fuite en avant vers une union plus large – cette fois ci vers l’Albanie et la Macédoine. Le projet européen est un guet-apens dont il va bien falloir trouver la porte de sortie. Comme disait un de nos anciens en d’autres circonstances, « quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, croyez-le bien Messieurs, il faudra se soumettre ou se démettre« .

 


Sources :

 

 

 

Article écrit par Étienne de Solages

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