L’affaire Tegnér : une affaire qui n’en est pas une3 min de lecture

« Devant la tâche qui s’impose à la France, tous, nous sommes prêts à oublier ce qui est secondaire pour ne voir que le principal. À laisser de côté les causes mesquines de division et de dissidence, pour considérer exclusivement les raisons profondes de nous unir et de travailler ensemble dans l’intérêt et pour le bien de la France. »

Ces quelques mots d’Alexandre Millerand, résonnent encore dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale. Au lendemain d’une élection qui voit l’émergence d’une chambre « bleu horizon », la douzième législature de la IIIème République se voit constituer un gouvernement allant du centre droit à la droite radicale en passant par la droite conservatrice. Cette entente républicaine, forgée pour contrer un nouveau cartel des gauches, démontre judicieusement la détermination des parlementaires de l’époque à reconstruire la France. Car c’est au sortir d’une Première Guerre mondiale dramatique, que les combattants survivants veulent s’unir et proposer un projet national à la France. C’est donc, à cause d’un événement planétaire et qui plus est dévastateur, que la classe politique de droite a décidé de se réunir pour travailler ensemble.

100 ans plus tard, voici l’affaire Tegnér. La classe politique de droite est diffuse, représentée par différents courants et incarnée par des structures partisanes : Les Républicains, Debout la France, Rassemblement National. Trois têtes : Christian Jacob, Nicolas Dupond-Aignan et Marine le Pen. Trois mouvements figurant au registre du gaullisme, qui se font la guerre et se départagent une opposition politique à la majorité présidentielle. Trois formations qui auraient pourtant tout à gagner en s’alliant. Se créerait alors une véritable force d’opposition. Le rendez-vous des idées aurait donc lieu, laissant s’enraciner la garantie essentielle de la liberté : la différence des idées. Mais à en voir l’état aujourd’hui, cela ne semble guère être d’actualité. Lorsqu’un mouvement politique de droite, héritier d’une pensée gaulliste de plus de 70 ans, souhaite écarter un militant par le prétexte que celui-ci ne respecte pas les valeurs et principes du mouvement, la certaine idée de la France semble perdre de sa valeur et se transformer en ce qu’il y a de plus inquiétant : l’idéologie. Car quoi qu’on en dise, le débat des idées a davantage d’intérêt que l’usage nauséabond de l’idéologie. Et pourtant, la direction des Républicains semble s’être positionnée sur ce chemin autoritaire, assaisonnée d’une incohérence de ses valeurs. Si toute entente avec d’autres formations politiques de droite partageant une majorité de ses idées paraît impossible, il reste acceptable que des candidats à la confiance du peuple s’allient avec la majorité présidentielle. Cette dernière qui d’ailleurs n’a en rien des points communs avec Les Républicains. Quid de l’honnêté politique ?

Erik Tegnér, jeune militant Les Républicains, 26 ans. Ardent défenseur de sa famille politique en 2012, 2017, 2019 et bientôt 2020, s’attire toutes les foudres du cartel des macron-compatibles. Soutien indéfectible au soir de nos défaites, jusqu’à soutenir la candidate LR à Paris pour les municipales, il apprend qu’une procédure d’exclusion le vise parce qu’il entretien « l’utopie » de l’union des droites. Beaucoup y croient, mais peu la souhaitent par peur de disparaître. Les racines de l’avenir s’attachent à militer pour ces idées, et nombre de ces jeunes venant de tous les partis de droite souhaitent un dialogue entre eux. Car la jeunesse a déjà engagé la démarche grâce à l’intuition d’Erik par la fondation de Racines d’Avenir. Un collectif qui autorise le dialogue des droites.

Au vu de la tournure que prend cette affaire, je n’ai qu’à m’inquiéter de la valeur du militantisme que j’ai engagé en 2017. Je suis adhérent LR et membre du bureau politique de Racines d’Avenir. Quel reconnaissance est accordée à tous ces jeunes militants qui ont tout donné pour leur parti même aux instants les plus sombres ? Si demain Erik Tegnér venait à être écarté, ce serait une cruelle offense faite à l’égard des adhérents et sympathisants LR dont 57 % d’entre eux souhaitent ce que nous défendons. Aurélien Pradié est un homme intelligent, compétent, qui a su arracher le département du Lot au socialisme. Mais sa détermination d’exclure un militant de droite tout en acceptant le dialogue malhonnête avec la gauche illustre ce que Monsieur le député risque de vivre : chassez le naturel, il revient au galop.

En qualité de simple militant et Jeune LR, j’appelle Christian Jacob et Aurélien Pradié à abandonner la procédure à l’encontre d’Erik Tegnér. Notre adversaire ne se trouve pas chez nous, mais en face. Redéfinissons nos priorités.

« Hier la France devait vaincre ou périr. Aujourd’hui, il lui faut produire ou disparaître. »

 

Pierre-Louis Delauney.

Article écrit par Pierre-Louis Delauney

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