La rue nous appartient !2 min de lecture

Ils ont remis le couvert, les familles ont refait leurs interminables balades du dimanche, drapeaux et marmots dans les mains pour défendre l’irréparable. En grand prince, le trône élyséen n’a pas vacillé toisant de haut ces bourgeois déterminés, maladroits et mal à l’aise.

Le nouveau projet de loi bioéthique, porté par le gouvernement, fût intéressant de par l’opposition qu’il a suscitée. En 2013 la France entière a découvert une frange sociale trop longtemps oubliée et délaissée. En 2020, celle-ci a voulu rejouer le match mais force est de constater qu’elle n’a pas su apprendre de ses erreurs. Socialement bourgeoise, cette opposition n’a pas su s’approprier la rue pour renverser les intentions d’un gouvernement hostile. Sur le plan de l’efficacité des mobilisations de rue, la comparaison avec l’action des gilets jaunes demeure sans appel.

Assez nombreux pour interpeller mais trop sages pour faire peur, présents mais inefficaces, mobilisés mais ridicules, que doivent-ils changer ?

La rue appartient aux plus vindicatifs, elle reste un bastion à s’approprier dans la course à la reconquête. En effet, les manifs du dimanche sont, dans une logique militante, le prolongement de la guerre des idées, des débats télévisés et du travail de lobbying permanent. Elle n’est pas l’aboutissement d’un combat mais la partie visible de l’iceberg. Elle renvoie l’image d’un mouvement et permet ainsi de prendre la température d’une partie de la population. Français-Gaulois l’histoire parle pour nous ! Tous les changements de régimes, tous les basculements politiques et sociaux se sont faits, en partie, par la rue avec la force et la rage de l’opprimé. De 1789 à 1968, en passant par la Révolution de Juillet et les manifs pour l’école libre, la rue fût toujours l’élément de bascule d’un renversement de quelque sorte qu’il soit. S’il est battu par une armée, le pavé peut détrôner son prince.

Ils ont fait l’erreur de vouloir descendre dans la rue pour se compter et non pour renverser le pouvoir. Ils ont fait l’erreur de confondre bataille politique et sortie de messe. Ils ont fait l’erreur de voir dans ces mobilisations un bottin-mondain géant plutôt que leur dernière chance de survie. Ils ont voulu recréer une atmosphère de salon derrière des banderoles pour se sentir comme chez eux dans un environnement leur étant hostile par nature. Au-delà de cette légère caricature, il est important de souligner que leurs mobilisations furent, numériquement, une réussite mais l’efficacité de celles-ci fût entachée par une non maitrise des codes de la rue. Ils ont le cœur qui bat mais les mains qui flanchent.

Le combat étant noble, la cause juste et les Hommes présents il leur faut se transformer, se métamorphoser, devenir ce qu’ils ont oublié d’être. Ils doivent abandonner leurs habits du dimanche pour revêtir leur tenue de combat. De fait, leur ennemi principal n’étant autre qu’eux-mêmes, il leur faut donc éviter de montrer publiquement la pire caricature que l’on puisse faire d’eux. Celle-ci décrédibilise une cause et tue ainsi la révolte dans l’œuf. En somme, ils doivent apprendre des gilets jaunes en comprenant que seule la grogne populaire faire trembler Jupiter sur le toit de l’Olympe. Le changement d’état d’esprit sera leur seule chance de salut.

En clair, s’ils veulent être, dans la rue, les chouans des temps modernes, ces fiers bourgeois feraient mieux de ranger leurs musiques niaises et leurs sourires enfantins pour faire tomber Goliath.

 

Arthur Perrier

Source photo: Causeur

 

Article écrit par Arthur Perrier

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