La lutte des classes comme seul horizon politique ?4 min de lecture

Il n’est pas raisonnable de réduire la situation de notre pays à cette seule approche, mais la réalité est incontestable : la lutte des classes a fait son grand retour.

Les années 80 et 90 ont sonné la fin des « trente glorieuses » et avec elles, des classes moyennes. Chômage et immigration de masse, désindustrialisation et fracture sociale ont eu raison de la plus grande période de prospérité économique qu’a connue la France dans son histoire.

Sociologiquement et électoralement, cette mutation a eu de terribles conséquences. Le pays s’est divisé en deux : d’une part les métropoles, intégrées à la mondialisation, profitant de ses bienfaits, où se sont essentiellement concentrées les politiques publiques, et d’autre part le reste du territoire, abandonné des politiques, manquant d’infrastructures, d’emplois et de respect. Lors des élections, les métropoles ont voté majoritairement pour Emmanuel Macron et LREM, tandis que la « France périphérique » a fourni le gros des troupes de Marine Le Pen et du RN. D’un côté les cadres et de l’autre les classes populaires. 

Les intérêts des métropoles et des territoires abandonnés sont contradictoires et apparemment irréconciliables. La lutte des classes apparaît donc comme le seul horizon politique possible, incarné par les deux grandes forces politiques actuelles. 

Pourtant, un tel clivage ne peut être à terme que délétère. Un pays ne peut se développer si classes populaires et classes aisées se voient comme des ennemis irréductibles. La question est donc : y a-t-il une alternative ? 

Métropoles et France périphérique peuvent se rassembler plutôt que s’entretuer. Elles partagent des intérêts communs, puisqu’elles appartiennent à une même entité : la nation. La division sociale et électorale que nous connaissons se retrouve dans la plupart des pays occidentaux (Angleterre, États-Unis, Italie, etc.). Mais les intérêts nationaux ne disparaissent pas pour autant. Les forces politiques de divers pays tentent de se rapprocher et de passer des accords. Leur préoccupation majeure demeure malgré tout la défense de leur propre peuple et de leurs intérêts.

Ce que l’on appelle avec mépris le populisme n’est rien d’autre que « le cri des peuples qui ne veulent pas mourir ». Là réside le premier défi, qui consiste à réunir classes populaires et « les élites métropolitaines ». Les premières refusent de se dissoudre dans un monde globalisé et uniformisé, alors que les secondes ne rêvent que d’échanges et de flux (économiques et migratoires). Les intérêts des classes supérieures apparaissent comme étant exclusivement liés à la mondialisation, à « la fin des barrières », c’est-à-dire à tout ce qui menace aujourd’hui la souveraineté de la France.

Nulle unité nationale, nulle ambition commune ne sera possible sans qu’au préalable, une partie de « la France d’en-haut » revienne au cadre national. Il représente l’essence de l’intérêt commun, ou plus exactement d’une vision réaliste, concrète et transcendante de l’intérêt commun. Le mondialisme a concentré tous les espoirs : le progrès économique, social, humain. La réalité a été tout autre, et il devient aujourd’hui incontestable qu’elle détruit plus qu’elle ne crée, qu’elle affaiblit plus qu’elle ne renforce. Bien que des progrès significatifs aient été réalisés au niveau mondial dans plusieurs domaines (revenus, soins), il serait vain de ne regarder ces changements qu’au niveau global, sans prendre en compte les grands perdants de la mondialisation.

Les premiers d’entre eux sont les classes populaires et anciennes classes moyennes. Le libre-échange absolu, érigé en doctrine incontestable, le recul perpétuel de l’intervention de l’état dans des domaines fondamentaux (politique industrielle, aménagement des territoires) et son intrusion excessive dans d’autres domaines (surimposition, administration oppressante), ont ruiné des millions d’ouvriers, d’employés, de salariés, et même de cadres et de chefs d’entreprise. En somme, si des bénéfices sont retirés au niveau mondial, au niveau national, la mondialisation agit tel un rouleau compresseur.

Pourtant, au niveau national, une politique commune serait possible et bénéfique à tous. Un état stratège, qui créerait les conditions pour l’émergence d’une nouvelle industrie (protectionnisme, imposition adéquate, investissements), permettrait à terme de répondre à la crise de l’emploi que connaît la France depuis trente ans. Bien des entrepreneurs auraient alors les armes qui leur manquent cruellement afin de maintenir leur activité, de créer de l’emploi, de gagner de nouveaux marchés. Notre pays produirait et ne serait plus ultra-dépendant de la production mondiale. Il gagnerait en autonomie, et pourrait favoriser le localisme, réduisant ainsi les pollutions engendrées par les importations massives des pays lointains. 

Un état qui aménagerait l’ensemble du pays vivifierait les territoires abandonnés. La présence d’infrastructures modernes encouragerait les entreprises à s’installer ailleurs qu’en région parisienne, ce qui aurait également pour effet, à terme, de désengorger les métropoles. La surpopulation y rend la vie de plus en plus difficile, si ce n’est malsaine.

Un état qui investirait dans la production et dans la création d’emplois et qui rationnaliserait ses dépenses permettrait de juguler les dettes et déficits chroniques qui gangrènent depuis des décennies la France. Ces dettes compromettent la viabilité de notre modèle pour les générations futures. La mondialisation favorise les détournements massifs d’argent public, que ce soit par la fraude fiscale ou sociale. Les aides généreuses fournies par la France aux étrangers ont un coût colossal, en plus de jouer le rôle d’appel d’air. De nombreux rapports pointent les erreurs de gestion et les dépenses incontrôlées de nombreux services, sans pour autant résoudre leurs carences dramatiques.

Enfin, l’état se doit d’assumer son identité nationale ; une identité qui découle de notre histoire et de nos mœurs, non d’un multiculturalisme qui ne fait que participer à l’insécurité culturelle des français.

Tout cela dépend de choix politiques, qui dépendent eux-mêmes d’une prise de conscience collective. Il est évident que les français ont le désir d’un projet national qui les rassembleraient, quelle que soit leur classe sociale. Mais il manque un élément fondamental : l’existence d’une offre politique qui incarnerait un tel projet. 

 Rafaël Porretta

Article écrit par Auteur Ponctuel

L'article vous a plu ? Partagez-le ! L'Étudiant Libre vit de vos partages.

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur telegram
Telegram
Partager sur reddit
Reddit

Dans la même catégorie:

Du même auteur:

Rejoignez-nous!

Restez informés de notre actualité.

Lassé des newsletter? Optez pour nos notifications!

Partager sur twitter
Je partage
Bonjour Lecteur!

Vous alliez partir? Pourquoi ne pas partager votre lecture sur Twitter?

Partager sur facebook
Je partage
Bonjour Lecteur!

Vous alliez partir? Pourquoi ne pas partager votre lecture sur Facebook?

Entrez votre mail

et recevez le dernier numéro de l’Etudiant Libre par email !

L'Étudiant Libre

Bienvenue sur L'Étudiant libre cher lecteur, c'est votre première visite ici? Lisez notre présentation!

Pourquoi?

Pour partager aux jeunes Français un message incitant à l’engagement et au Bien Commun.

Par qui?

Par des étudiants. Tout le monde peut travailler avec l’Étudiant Libre, il suffit de nous contacter. Vous voulez distribuer ? Vous voulez rédiger des articles ? Écrivez-nous.

Pour qui?

Pour la jeunesse qui ne demande qu’une étincelle pour s’embraser, s’exprimer et s’assumer.

Abonnez-vous

Retrouvez au creux de votre main l’information indépendante! Abonnez-vous pour seulement 3 euros par mois et accédez à toutes nos publications.