Génération décomplexée3 min de lecture

 

En cette période de rentrée scolaire où mouvements de jeunesse et syndicats étudiants surfent sur leurs succès, il semble bon de décortiquer les dessous de l’engagement de cette fameuse « jeunesse de France ».

Pour la comprendre il faut remonter le temps. Deux éléments fondamentaux ont marqué au fer rouge cette nouvelle génération politisée et engagée.

Le premier fait écho à l’histoire. Après 40 ans de philosophie libérale comme matrice d’action, les plaies de ces politiques sont saignantes et puantes. Le réel saute aux yeux. Là où les parents de la jeune garde pouvaient, de bonne foi, croire à l’Union Européenne de Maastricht en 1992, elle ne peut et ne veut plus y croire. Les frontières européennes sont des passoires, nous payons plus que nous donnons et le couple franco-allemand, longtemps loué, vire à la régence d’une sur tous. Tout comme ils ont eu foi dans le référendum de 2005, les parents de la génération montante ont cru à la gauche de Mitterrand et à la droite de Sarkozy. Face aux promesses et aux serments violés, elle cesse de se battre sous les bannières des pasteurs de l’ancien monde. En clair, l’aspect décomplexé de cette jeunesse tient au fait que nous arrivons à la fin d’un cycle politique et civilisationnel.

Le second élément ayant façonné cette génération est d’ordre symbolique. Bien que l’engagement militant, au sein d’organisations syndicales ou de branches jeunes des partis politiques, ait toujours existé, un évènement a fait sortir de l’ombre une armée d’inhabitués à l’arène politique. Ils ont été baptisés sur le pavé, adoubés par leur contestation et légitimés par leur nombre. Quoi que l’on puisse penser du mouvement originel de La Manif Pour Tous, de son efficacité politique ou de ses récentes évolutions, force est de constater qu’elle a sorti de l’inconnu une partie de la jeunesse française. Sous les allées parisiennes ces néophytes n’ont pas trouvé la plage mais bien une conscience politique. Une première étincelle, rien de plus.

Par l’histoire ou le devoir, cette génération existe. La dire décomplexée se justifie de jour en jour. C’est elle qui tord et met à mal nos adversaires, c’est elle qui est en passe de faire le coup de poing idéologique. De la ligne rouge entre les boutiques droitières, aux tabous sur l’immigration massive, en passant par les dérives sectaires du monde universitaire, cette génération ne cesse de contredire les piliers de ce que certains appellent, le politiquement correct. Avec insolence et courage, elle remet la question identitaire au centre des débats et pousse en ephad les patriarches d’une droite chevrotante. Elle milite dur, tracte fort et se forme pour suivre à la lettre les préceptes de Steve Banon « la droite doit rendre coup pour coup ». Les résultats sont là. Quand le comité Adama veut faire parler de racisme systémique, elle réplique par une action flash imposant ainsi débats et éditos sur le racisme anti-blancs. Quand elle s’attaque aux fiefs historiquement rouges c’est toute la folie idéologique des facultés (AG non genrées etc) qui est exposée publiquement. Quand on lui dit solidarité avec les étrangers, elle répond les nôtres avant les autres.

Au-delà, de ses slogans, de ses tracts et banderoles en tout genre, cette jeunesse a une flèche en plus dans son carquois. Elle participe à cadrer et à orienter le débat public. Ses actes purement militants parlent pour elle. Dorlotée à l’iPhone et biberonnée par Twitter, elle élargit son champ de tir sur les réseaux sociaux. Elle continue d’y traquer l’ennemi du vieux monde, sans jamais courber l’échine devant les commandements de bonne conduite idéologique. En clair, cette génération a arrêté de s’excuser pour ce qu’elle est, arrêté de demander pardon pour ce qu’elle pense et arrête de perdre pour mieux apprendre à gagner.

Son travail et sa réussite ne sont possibles que parce que certains ont défriché le sentier. Ces précurseurs-là ont investi les médias pour porter le premier coup à la bête immonde. Après des débuts timides et timorés, voilà ces grands frères sur les plateaux d’émissions à grandes audiences et en tête de gondole, tutoyant ainsi les énarques de la presse écrite. Les jeunes nouveaux acteurs politiques du moment ne se sont pas construits tout seul. Ils savent ce qu’ils doivent à leurs ainés mais surtout ce qu’ils ont en commun: agir et penser sans complexe.

Ce serait folie de crier victoire, ce serait vieux con de saluer la relève, il est juste temps de regarder le vent tourner, poussé par le souffle d’une jeunesse particulière pour une époque charnière.

Article écrit par Arthur Perrier

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