François de Rugy et la transparence2 min de lecture

François de Rugy justifiant ses dépenses avant son éviction

Désormais ex-ministre de la transition écologique et de l’énergie depuis sa démission le 16 juillet dernier pour dépenses excessives, François de Rugy doit répondre aux nombreuses accusations dont il fait l’objet dans un article de Mediapart publié il y a une semaine. Usage de fonds publics à des fins privés ou encore abus de biens sociaux, François de Rugy semble avoir quelques difficultés à s’en tenir au principe de transparence de la vie publique. 

 

Entre octobre 2017 et juin 2018, François de Rugy aurait organisé de nombreuses réceptions à l’Hôtel de Lassay aux frais de l’Etat, avec de nombreux invités parmi lesquels figuraient journalistes, philosophes, animateurs ou encore artistes, tous n’ayant à l’évidence aucun lien direct avec la politique, confirmant donc cette proximité de taille entre les élites démocratiques. 

Malgré les preuves évidentes dont il fait l’objet, l’ancien président de l’assemblée persiste et signe en contestant fermement son implication dans l’organisation de ces « petits dîners entre amis », façon Bottin Mondain. S’il nie avoir organisé ces soirées arrosées au Mouton Rothschild 2004, celui-ci assume pleinement sa participation à ces réunions, se justifiant par la nécessité de l’ouverture et du dialogue en politique. Inutile, bien sûr, d’y voir un quelconque opportunisme. 

 

Si l’addition de ces dîners rendent une facture salée, il n’en est rien à côté des 63 000 euros dont s’est servi l’ex-ministre pour financer de nombreux travaux dans son luxueux logement de fonction, à l’Hôtel de Roquelaure. Si les dîners et les travaux ne suffisaient pas à monter un chef d’accusation assez important, un abus de biens sociaux servirait à couronner l’affaire. En effet, François de Rugy se voit être accusé de louer un logement social à proximité de Nantes depuis 2016. Problème : le principal concerné dépassait alors largement les plafonds de salaire autorisés pour bénéficier des droits de location. 

Après Cahuzac, Fillon et Benalla, c’est finalement à François de Rugy que revient le porte-étendard de l’honnêteté en politique.

Malgré son émotivité manifeste au micro de Jérôme Bourdin il y a quatre jours, François de Rugy, combatif, face au mur de la honte, n’a pas cédé à la pression et continuait alors à nier en bloc son implication dans les faits reprochés. Mais la stratégie défensive dont il fait usage ne contribuera qu’à signer sous peu sa propre fin, à défaut d’un prompt mea-culpa. Après Cahuzac, Fillon et Benalla, c’est finalement à François de Rugy que revient le porte-étendard de l’honnêteté en politique, concourant de plus belle au bonheur de l’ensemble des contribuables français. 

 

 

Brieuc Becker

Article écrit par Auteur Ponctuel

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