Edito : pourquoi l’Etudiant Libre a-t-il rencontré Jean-Marie Le Pen ?2 min de lecture

La ligne politique de L’Étudiant Libre, depuis ses premiers balbutiements en mars dernier, peut être résumée en quatre mots : pas d’ennemis à droite. Cette posture, résolument tournée vers le dialogue et l’amitié entre les droites, ne signifie bien évidemment pas l’impossibilité d’émettre une critique ponctuelle et réfléchie sur telle ou telle évolution politique de notre camp. Elle nous engage cependant à une chose : refuser les tabous, et passer outre les pudeurs de gazelle qui bâillonnent la droite depuis trop longtemps.

Il peut sembler paradoxal, pour un journal créé par et pour des jeunes déterminés à construire un avenir politique libéré des vieux totems, d’aller à la rencontre de Jean-Marie Le Pen, véritable dinosaure de la politique. Né en 1928 (91 ans), il a commencé sa carrière politique en 1956 avec Poujade, sous la IVè République, à une époque où la plupart de nos parents n’étaient même pas encore nés.

Il peut également sembler risqué, pour un journal qui ambitionne de rassembler toutes les sensibilités de la droite, de s’afficher avec un personnage si sulfureux, si profondément ancré à l’extrême-droite. Les trop nombreux «dérapages» de Jean-Marie Le Pen ont suffit à faire de lui le «Diable de la République», et a décrédibiliser tous ceux qui se sont risqués à le côtoyer d’un peu trop près.

Jean-Marie Le Pen est un tabou, à droite. Il est encore très délicat de lui donner, même occasionnellement, raison, de considérer que certains aspects de son action aient pu être bénéfiques. Il fait peur, il incarne à lui seul le repoussoir, la nécessité du «front républicain», la frontière entre respectabilité et mise au ban. Pour autant, la rédaction de L’Étudiant Libre a fait le choix d’aller le rencontrer, de lui consacrer le cœur de son septième numéro et sa couverture. C’est un choix pleinement réfléchi et assumé. Que nous importent les tabous, le sacro-saint Rubicon infranchissable des petits barons de la droite, et le sectarisme de ceux qui se font les garants de la respectabilité politique ?

Nous ne sommes ni aveugles, ni sectaires. Il y a, chez Jean-Marie Le Pen, du détestable et de l’admirable, de belles intuitions et de consternantes références. Mais qu’on apprécie ou qu’on déteste le personnage, qu’on admire ou qu’on craigne son œuvre politique, on doit lui reconnaître une chose : jeune gamin encore en 39-45, soldat en Indochine – aux côtés d’Hélie Denoix de Saint-Marc – puis en Algérie, jeune député aux côtés de Poujade, fondateur et président du Front National, Jean-Marie Le Pen a voué son entière existence au service de la France. Maladroit, parfois contre-productif, souvent victime de ses vieux démons, il a eu le mérite de ne jamais rien céder, de ne jamais courber l’échine devant l’adversité colossale qui se dressait face à lui.

Notre jeunesse a beaucoup à apprendre du parcours, de la force de caractère, des erreurs et des échecs de Jean-Marie Le Pen. Encore faut-il avoir le courage et la franchise de l’assumer, et de ne plus se soucier des leçons de morale de ceux d’en face. C’est ce que nous avons voulu faire dans ce numéro. Tant pis pour ceux qui, en voyant cette couverture, détourneront le regard par peur de se salir les mains.

Etienne de Solages

Article écrit par Étienne de Solages

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