[EDITO] L’instinct de droite2 min de lecture

Trois ans déjà, ou presque. Trois ans depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée, trois ans depuis l’explosion du bipartisme. Les sociaux démocrates du PS ? Balayés. Les libéraux-plus-ou-moins-conservateurs des LR ? Balayés. Place à la France du centre, celle que voulait déjà incarner Valéry Giscard d’Estaing en 1974. Le «vieux monde», férocement matraqué par les thuriféraires du progrès sans entrave, n’a cependant pas dit son dernier mot. La bipolarisation de la politique n’est pas morte : elle est trop profondément ancrée dans nos institutions pour succomber au seul avènement de Macron. Bien plus encore, elle ne demande qu’à revenir. Il ne lui faut qu’une droite et une gauche courageuses, capables de se réinventer et de faire leur révolution. Enfantin.

Laissons la gauche aux gens de gauche, et réfléchissons un instant à la droite. Qu’est-ce que la droite ? Est-ce, comme on l’entend trop souvent dire, une réaction épidermique aux initiatives de la gauche, qui mène la danse depuis plus de deux cents ans ? Certainement pas. La droite peut se définir par elle-même.

La droite n’est pas une idée, encore moins une politique court-termiste : c’est un instinct. D’abord un instinct d’identité : c’est la connaissance innée et profonde de ses racines, de la terre et des hommes à qui elle doit tout. C’est un attachement viscéral à l’Histoire, pas par romantisme mais parce qu’elle sait comment naissent et meurent les civilisations. Instinct de conservation ensuite, parce qu’elle sait poser les mots sur les périls de son temps, et parce qu’elle sait, quand elle le veut, les affronter avec courage et lucidité. C’est enfin l’instinct d’avenir, la conscience du temps long : celle du père de famille qui travaille pour ses enfants. C’est la certitude que pour rêver à un monde meilleur, il faut commencer par bâtir sur le roc. C’est une droite qui, par exemple, peut penser l’écologie et le progrès social, notions trop longtemps confisquées par la gauche, alors qu’elles furent l’ADN de la droite ultraroyaliste au XIXème siècle.

Identité, conservation, temps long. Trois blocs de granit sur lesquels nous pourront bâtir la nouvelle droite. Entendons nous bien : ces trois axes ne sont pas des objectifs à atteindre, encore moins des éléments de langage. Ils sont la droite, ils sont ce sur quoi tous ceux qui se revendiquent de droite doivent partager un absolu accord. Aucun de ses éléments n’est négociable. Reste à se mettre d’accord sur la structure de la maison qui reposera sur ces fondations.

La droite de demain ne peut pas être celle d’hier. Elle ne peut pas non plus se satisfaire de l’ère du «en même temps», qui mélange tout pour ne rien avoir à dire. À ce titre, la question du libéralisme est fondamentale. Est-il raisonnable, comme beaucoup le pensent, de l’intégrer à cette nouvelle droite ? Non. Le libéralisme n’est pas seulement incompatible avec les blocs de granit que nous avons jetés ici. Il est en fait la négation totale de chacun de ces principes, et la matrice idéologique de nos adversaires. Il n’a pas d’instinct de conservation : il est une fuite en avant, le règne de l’économie au nom de laquelle on fait tomber toutes les digues. Il n’a pas d’identité, puisqu’il pense le monde sans frontières, sans limites. L’individualisme, qu’il a fait couronner roi pour museler les résistances, est l’ennemi mortel de l’identité, en ce qu’elle préserve le sentiment d’appartenance à une communauté. Enfin, l’avenir du libéralisme est pervers, puisque face à ses limites, il ne propose pas autre chose que d’aller encore plus loin, encore plus vite. Le libéralisme est la cause profonde des politiques migratoires insensées, du progressisme fou, de la fonte des civilisations en un grand tout globalisé, de la destruction de la famille et de la nation. Il est tout ce que nous avons toujours combattu.

Abandonner la vieille lune du libéral-conservatisme n’est pas chose aisée. Elle existe depuis trop longtemps. Une fois n’est pas coutume, peut-être devrions nous regarder du côté de nos voisins, et s’inspirer des mesures sociales annoncées par Boris Johnson, ou de l’alliance entre conservateurs et écologistes en Autriche. Ce n’est peut être pas la panacée, mais c’est sans aucun doute l’avenir.

Article écrit par Étienne de Solages

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