Tisane froide pour la gauche2 min de lecture

Benoit Hamon secrétaire général du Parti Socialiste

Les élections présidentielles de 2017 marquent la chute mirobolante d’une gauche éloignée des réalités de terrain, et divisée dans ses rangs. Pour la foule en liesse lors des élections de François Hollande, c’est la nouvelle honte, c’est un peu comme avoir vendu du jambon dans sa cave en 1940. Si aux élections présidentielles plusieurs listes dites de gauche étaient présentes, seuls le PS et la France Insoumise, respectivement incarnés par Benoît Hamon et Jean-Luc Mélénchon ont su faire preuve de crédibilité. Philippe Poutou, mâle blanc de plus de 50 ans mais candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste avait aussi fait parler de lui, sans pour autant dépasser les 5% des voix.

 

Cet échec de la gauche en 2017 laissait penser qu’ils apprendraient de leurs erreurs respectives pour potentiellement présenter une liste commune à gauche le 26 mai prochain ; il n’en est rien. Chaque candidat se dit « unioniste » mais personne n’est prêt à intégrer les rangs de l’autre, pire encore, les idées pour remporter la lutte finale divergent. Les listes en lice pour les européennes sont très éloignées politiquement, au-delà des simples querelles d’ego de leurs représentants.

 

Une illustration grossière mais pourtant bien réelle de l’obstination orgueilleuse des figures d’autorités de gauche : Benoît Hamon qui démissionne du parti socialiste pour son nouveau parti Génération.s. Il souhaite rassembler derrière lui les socialistes et les écologistes, et faire concurrence à la France Insoumise de Mélenchon. Si Benoît Hamon est habitué à travailler dans la durée -puisque ce n’est que six ans après le bac qu’il réussit à décrocher sa licence d’Histoire – il va devoir se lever très tôt pour concurrencer le parti de Jean-Luc, « tout commence aujourd’hui ».

 

L’étude des programmes des six listes permet de comprendre que les partis ne se chevauchent pas sur le spectre politique. Bien que globalement les six partis sont d’accord pour favoriser le gender et l’immigré, Place Publique-Parti socialiste (PS-PP), Génération.s, Lutte Ouvrière, Europe écologie les verts (EELV) sont pour l’UE tandis que le Parti Communiste Français (PCF), et La France Insoumise y sont opposés. Majoritairement contre le TAFTA, les manœuvres sont différentes pour s’y opposer, Lutte Ouvrière s’y oppose radicalement, tandis que La France Insoumise souhaite y répondre par référendum, et que le Parti Socialiste hésite, peut-être encore sous le choc de la mise en vente de son siège rue Solferino. LO et le NPA souhaite abattre les nationalités tandis que EELV espère un jour voir le budget français servir totalement la planète et son écosystème. (Si vous ne connaissez pas tous les partis politiques énumérés ci-dessus, sachez que seuls les partis susceptibles de faire plus de 2% sont ici représentés… plus de 516 partis politiques existent en France.)

 

Puisque « personne ne veut être les supplétifs de personne », aucun n’aura la chance de faire valoir ses idées à l’échelle européenne. Si l’éparpillement de la gauche n’est pas un mal en soi, cela permet d’observer les premiers symptômes du chacun pour soi en politique. Nul besoin de Paul le poulpe pour connaître le résultat du tirage du 26 mai: c’est une tisane froide pour la gauche.

Article écrit par Giovanni Spano

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