Cuba: la diplomatie médicale2 min de lecture

Depuis longtemps, Cuba a mis en place une “diplomatie médicale” en envoyant son aide lors de différentes crises sanitaires partout dans le monde. Une stratégie à la fois diplomatique et économique qui opère un retour en force suite à la crise du Coronavirus.

Récemment chassée d’Amérique du Sud (Bolivie, Equateur et Brésil) par des régimes hostiles au gouvernement communiste, l’aide médicale cubaine, principal outil de son soft power, avait également pâti des mesures d’économies imposé par Raul Castro. Souhaitant. Depuis 2018 près de 9 000 médecins cubains sont ainsi rentrés de missions partout dans le monde.

Mais en Mars 2020, la situation a radicalement changé. La crise sanitaire sans précédent déclenchée par le Coronavirus a été pour le régime castriste l’occasion rêvée de renforcer son image à l’étranger. 800 médecins ont ainsi été envoyés dans 16 pays différents pour répondre à l’appel à l’aide des autorités locales. Le 22 Mars, un contingent de médecins et d’infirmiers cubains avait ainsi été envoyé en Italie, pour participer à la lutte contre le coronavirus. C’est à ce jour l’un des seuls pays au monde qui envoit des personnels soignants à l’étranger combattre le Covid-19.

Une diplomatie déjà ancienne

Depuis 1963, où 58 médecins avaient été envoyés dans la nouvelle république algérienne, Cuba a développé une véritable expertise sanitaire, humanitaire, et dans la gestion de catastrophes naturelles. En Mars 2005, 25 000 professionnels cubains se trouvaient ainsi répartis dans 68 pays différents.

En août 2005, l’ouragan Katrina ravageait le sud des Etats-Unis et obligeait le gouverneur de Louisiane à réclamer l’aide internationale. Ironie du sort, l’Etat communiste avait proposé d’envoyer, dans un délai de 48 heures, un contingent de 1 600 médecins et 36 tonnes de matériel médical en Louisiane, Alabama et Mississippi. La première puissance mondiale avait cependant décliné l’aide humanitaire du régime de Castro.

Un enjeu à la fois diplomatique et économique

L’Etat cubain, conçoit son système de santé comme une vitrine du modèle socialiste, aussi bien en interne qu’à l’international. Mais cette expertise médicale est également très lucrative puisqu’elle rapporte annuellement 3 milliards de dollars au pays, soit sa deuxième source de revenu après le tourisme (6 milliards de dollars) qui risque de souffrir très durement des mesures de confinement et de la récession économique naissante. Pour Cuba, l’exportation de services médicaux est donc aussi une question de survie économique.

Un système de soin qui fait ses preuves

Lorsque les pays paient pour les services médicaux cubains, le gouvernement de La Havane verse un quart de l’argent au médecin ou à l’infirmière, le reste étant destiné à soutenir le système de santé national de l’île, totalement gratuit. Celui-ci montre d’ailleurs des résultats particulièrement conséquents  le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans y est de 5 pour 1 000, soit inférieur à celui des États-Unis. Cuba possède également la plus forte densité de médecins au monde. Son ratio professionnels de la santé / patients est environ trois fois meilleur qu’aux États-Unis. Rien qu’à La Havane, il y a plus de 2 000 petits cabinets de médecins, appelés consultorios, ainsi que 68 000 personnels de santé et trois hôpitaux spécialement dédiés aux malades du COVID-19.

Au total, Cuba compte 95 000 médecins et 85 000 infirmières. Environ 1% de son personnel médical à l’étranger participe à la campagne contre le COVID-19, ce qui n’impacte donc pas le système national de l’île. A ce jour, on y compte 515 cas confirmés pour 15 morts.

La diplomatie médicale internationale

Bien sûr, Cuba n’est pas le seul pays à voir dans la crise du Coronavirus une formidable occasion pour son soft power. C’est également pour la Chine le moment d’opérer un véritable retournement diplomatique via sa fameuse “diplomatie du masque”. Enfin, la russie a également envoyé ses avions-cargos livrer du matériel médical aux Etats-Unis.

Pour ces trois pays, c’est aussi une façon de renverser symboliquement le leadership américain.

 

Article écrit par Rémi d’Antoigné

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